
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-10-02 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-512021)
683 souris vont être utilisées, 400 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 283 un niveau modéré, toutes tuées pour l’analyse de leurs tissus. Une partie porte une mutation qui provoque une scoliose, une cyphose, une atrophie musculaire et une durée de vie raccourcie. Chaque semaine pendant neuf semaines, elles reçoivent une injection dans l’orbite de l’œil sous anesthésie, sont retournées sur le dos une minute pour le test de posture, et passent jusqu’à vingt-deux heures seules en cage pour la mesure de leur activité locomotrice, avant une mesure de force sous anesthésie profonde. Le porteur écrit qu’aucune méthode alternative n’évalue ces peptides sur « l’organisme entier » et que l’évaluation in vivo est un « prérequis indispensable » avant toute application clinique.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’évaluer la toxicité et l’efficacité de peptides thérapeutiques dans le traitement des myopathies centronucléaires et de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). En effet, aucun traitement curatif n’est disponible sur le marché actuellement pour ces deux maladies qui sont fortement invalidantes. Les myopathies centronucléaires sont des maladies génétiques rares qui affectent notamment la fonction des muscles squelettiques qui se caractérise par une faiblesse musculaire généralisée. Selon les formes graves, les symptômes apparaissent dès la naissance, mais peuvent se développer à tout moment de la vie avec une espérance de vie drastiquement réduite. La CMT est une maladie génétique qui affecte les nerfs périphériques et qui se manifeste par une faiblesse musculaire progressive avec des premiers symptômes pouvant apparaitre au cours de l’enfance.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous espérons identifier un ou plusieurs peptides thérapeutiques efficaces et non toxiques dans nos modèles murins qui constituerai(en)t alors une piste thérapeutique pour les patients atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth ou d’une myopathie centronucléaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une injection rétro-orbitale d’une durée maximale de 30 secondes sous anesthésie sera réalisée une fois par semaine pendant 9 semaines. Un anesthésique local sera déposée sur l’oeil, 2 minutes avant l’injection. Des prélèvements sanguins seront réalisés à 3 semaines d’âge, 8 semaines d’âge et avant la mise à mort. Les prélèvements sanguins seront compensés par une injection équivalente de sérum physiologique. Des tests de comportement peu invasifs qui permettront d’évaluer les performances et capacités motrices de l’animal (activité locomotrice, posture) seront réalisés une fois par semaine chez l’animal vivant à partir de 3 semaines jusqu’à l’âge de 17 semaines maximum. Le test de posture sera réalisé une fois par semaine, avec un temps de repos minimal de 10 minutes entre chaque essai, pour une durée maximale d’une minute par essai. L’activité locomotrice spontanée de l’animal sera acquise pendant 22h au maximum, période au cours de laquelle les animaux seront hébergés individuellement, sans toutefois subir un isolement sensoriel (pas d’isolement olfactif, ni auditif). Un à deux prélèvements de sang (sur animal vigile) seront réalisés sur 180 animaux. La production de force sera mesurée sur une durée maximale de 30 minutes et les souris recevront une anesthésie profonde et un anti-douleur dont l’administration ne durera pas plus de 5 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une partie des animaux sont porteurs de la mutation qui entraine une perte de poids, une scoliose et une cyphose, une atrophie musculaire, une faiblesse musculaire et une durée de vie réduite par rapport à des animaux contrôles. Pour ces animaux, seuls les mâles sont affectés. L’injection rétro-orbitale et les prélèvements sanguins seront à l’origine d’une douleur légère au point de piqûre et la contention manuelle de l’animal génèrera un stress léger/inconfort. Le test d’activité locomotrice nécessite un isolement pendant 22 heures ce qui peut provoquer un stress chez l’animal, cependant il ne s’agit pas d’un isolement sensoriel (pas d’isolement olfactif, ni auditif). Le test de posture entraine un stress lors du retournement de l’animal pendant une minute maximum. Une anesthésie profonde d’un anesthésique et d’un anti-douleur sera à l’origine d’une douleur légère au point de piqûre et la contention manuelle de l’animal génèrera un stress léger/inconfort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort afin de collecter les tissus pour réaliser des analyses moléculaires et histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin d’évaluer l’efficacité thérapeutique des peptides pour les myopathies centronucléaires et la maladie de Charcot-Marie-Tooth, le modèle murin est privilégié. L’efficacité ainsi que la toxicité des peptides candidats ont déjà été évaluées sur différents types de cellules. L’utilisation d’un modèle cellulaire permet d’avoir une première idée de l’efficacité mais ne permet pas d’évaluer les effets sur la contractilité du muscle, ni d’évaluer les effets sur l’ensemble de l’organisme. La nécessité de pouvoir réaliser des mesures de force repose sur l’importance d’évaluer la faiblesse musculaire, caractéristique clinique principale des myopathies centronucléaires et de la maladie de Charcot-Marie-Tooth. Ces mesures de force sont également impossibles à réaliser sur fibres musculaires de biopsies humaines compte tenu de la rareté de ces maladies et des limites liées à l’analyse des biopsies musculaires chez l’Homme. L’utilisation d’un modèle animal est donc primordiale. D’autre part, il n’existe pas de méthode alternative qui permette d’évaluer l’efficacité de ces peptides sur l’organisme entier et dans des conditions in vivo. Dans ce contexte, il convient de signaler que l’évaluation in vivo de potentielles thérapies est un prérequis indispensable avant toute application clinique.
2. Réduction
Uniquement les peptides démontrant une faible toxicité et une efficacité sur cellule seront testés sur modèles animaux. La toxicité sera ensuite déterminée sur un faible nombre de souris saines et uniquement les candidats faiblement ou non toxiques seront utilisés sur un plus grand nombre d’animaux pour une preuve d’efficacité. Cela limitera significativement le nombre d’animaux nécessaires à l’ensemble de l’étude. Les travaux antérieurs ont démontré qu’un échantillon de 15 animaux par groupe est requis pour garantir la fiabilité des tests statistiques, qui consisteront à comparer les différents groupes d’animaux et les différents traitements entre eux.
3. Raffinement
Les nouveau-nés seront hébergés avec leurs parents jusqu’au sevrage. L’analyse de la capacité à se retourner et à se mouvoir, la couleur de la peau, la présence d’une poche de lait seront évalués chez le nouveau-né tous les 2 à 3 jours. A partir du sevrage, les animaux seront hébergés en groupe. Le milieu sera enrichi avec des nids et des tunnels. Les animaux seront observés quotidiennement et pesés 2 à 3 fois par semaine. Dès lors qu’une perte de poids sera notée, les animaux seront pesés quotidiennement. Si des difficultés de locomotion apparaissent, de la nourriture gélifiée sera placé dans la cage. La plupart des expérimentations seront réalisées à l’aide de tests permettant une exploration peu invasive de la fonction musculaire dans des conditions physiologiques in vivo ce qui limite le développement de la douleur. Afin de diminuer le stress lié aux différents tests, une session de familiarisation sera effectuée pour chaque test avant le début du suivi. Pour les mesures de force in situ, l’animal sera anesthésié par injection intrapéritonéale d’un mélange de produits anesthésiants induisant une anesthésie profonde et analgésiants permettant d’éliminer le stress et la douleur liés à la procédure. L’animal sera placé sur une plaque chauffante tout au long de la procédure afin de maintenir la température corporelle à sa valeur basale. Un contrôle visuel de la respiration sera effectué.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles murins utilisés reproduisent les différentes formes de la pathologie humaine en termes de mutation, de gène muté et de sévérité clinique. Dans cette étude, deux modèles seront étudiés. Un modèle qui développe des symptômes sévères de myopathie à partir de 4 semaines après la naissance avec une étude de 3 à 9 semaines. Un deuxième modèle vers 8 semaines d’âge, avec des animaux qui présentent des symptômes légers et une étude de 8 à 17 semaines. Si le traitement améliore le phénotype, les animaux générés développeront moins ou pas de symptômes.