
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-512616)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les macroalgues entières sont peu exploitées comme source alimentaire alors qu’elles sont nutritionnellement intéressantes et contiennent des niveaux relativement élevés de microconstituants bioactifs dont les bénéfices potentiels ont été démontrés à partir d’extraits ou de composés purifiés, notamment sur la réduction des troubles métaboliques liés à l’obésité. Ce projet vise à évaluer l’impact de la consommation des macroalgues entières sélectionnées lors d’une précédente étude in vivo, sur les répercussions métaboliques dans un modèle de souris obèses induit par un régime riche en calories représentatif de la population occidentale vs un régime équilibré. La modulation de l’écosystème intestinal sera particulièrement étudiée car elle pourrait être responsable des effets bénéfiques pour la santé observés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet s’inscrit dans le cadre de la valorisation des macroalgues françaises comme nouvelle source alimentaire durable pouvant contibuer à un meilleur état de santé en limitant les problèmes associés au surpoids et à l’obésité, problèmes de santé publique majeurs puisque près de 50% de la population française est maintenant en surpoids ou obèse. L’impact de la consommation d’algues sur la santé métabolique pendant le développement de l’obésité ou une fois les troubles métaboliques présents n’a pas été évaluée à ce jour, ni les effets prébiotiques de l’algue rouge entière brute ou fermentée. Les données obtenues pourraient permettre de contribuer aux recommandations en nutrition/santé en démontrant des effets potentiellement bénéfiques de la consommation d’algue rouge qui est déjà fréquemment consommée sans que les bénéfices santé n’aient été évalués.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Afin d’évaluer les effets de la consommation d’algue sur la réduction de l’intolérance au glucose qui est un signe de prédiabète associé à l’obésité, un test de tolérance au glucose sera réalisé sur les animaux (deux fois sur les 14 semaines) : une solution de glucose sera administrée par gavage et sept prélèvements de sang successifs (10 sec par animal par prélèvement) sur 2 heures seront réalisés au niveau de la queue afin de recueillir une goutte de sang par prélèvement pour mesurer la glycémie. De plus, les animaux seront imagés à différents temps (2 minutes par animal, 4 fois sur les 14 semaines) à l’aide d’un appareil adapté aux rongeurs pour suivre leur composition corporelle (pas d’anesthésie nécessaire, contention de l’animal dans un tube adapté).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables qui pourraient survenir durant cette étude sont : 1. la perte de poids prévue est inévitable car elle fait partie des objectifs de la procédure (diminution du surpoids suite à la consommation d’algues) et 2. Du stress et de la douleur lors des tests de tolérance au glucose nécessitant une étape de gavage et une ponction de la veine caudale à l’aide d’une aiguille pour prélever du sang. Les autres procédures ne devraient pas entrainer d’autres souffrances ni d’angoisse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés pour récupérer les tissus biologiques, indispensables pour mener les expérimentations en lien avec les questions de recherche du projet.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans ce projet, nous cherchons à évaluer les effets de la consommation d’algue rouge sur la santé métabolique de l’individu en surpoids ou obèse et si ces effets passent par une modulation de l’environnement intestinal. Il est impossible à l’heure actuelle, de modéliser cette étude in vitro ou in silico. Le recours à des animaux nous parait donc nécessaire pour intégrer l’ensemble des données biologiques obtenues in vivo (poids corporel, test de tolérance au glucose, indice de masse maigre/masse grasse) ou à partir des tissus prélevés chez l’animal et les données sur la composition et l’activité du microbiote intestinal.
2. Réduction
Le nombre de souris par groupe (n=20, 10 mâles et 10 femelles) a été déterminé afin de pouvoir comparer les paramètres étudiés soit à l’aide de tests paramétriques si la distribution des données le permet, soit de tests non paramétriques le cas échéant. Ce nombre a été calculé en tenant compte de la variabilité des paramètres étudiés à partir de données issues de précédentes études d’intervention nutritionnelle au laboratoire.
3. Raffinement
Les souris seront logées par groupe de 5 suivant leur sexe, dans des cages enrichies offrant des zones où elles pourront se dissimuler (carrés de coton, huttes en plastique). Les souris seront pesées deux fois par semaine et observées chaque jour afin de prévenir la survenue d’un potentiel problème. Les souris seront manipulées régulièrement pour éviter le stress lié à la contention et seront notamment habituées au gavage avant le test de tolérance au glucose, par des personnels formés et expérimentés. Des analgésiques seront utilisés pour prévenir la douleur (crème anesthésiante avant ponction de la veine caudale, analgésique avant le prélèvement intra-cardiaque). De même, une anesthésie à l’isoflurane et une analgésie seront pratiquées avant le prélèvement sanguin intracardiaque suivi de l’euthanasie des souris. Des points limites stricts et spécifiques au projet seront appliqués, comme la perte de poids >20% du poids sur une semaine.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle souris est largement utilisé pour les recherches sur l’obésité en raison de ses réponses reproductibles permettant une reproductibilité des résultats. L’abondance des données dans la littérature sur ce modèle permet le raffinement des méthodes (outils analytiques disponibles, évitant la mise au point de certaines méthodes sur des animaux supplémentaires). De même, les précédentes études menées au laboratoire sur ce modèle souris nous permettent de disposer de nombreuses données et méthodes (notamment en ce qui concerne les méthodes d’analyse à partir des tissus prélevés) qui serviront dans ce projet. Nous avons choisi de travailler sur des animaux en croissance de 6 semaines d’âge afin de travailler sur des animaux adultes ayant un microbiote stabilisé.