
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-525468)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Pour contrôler les maladies animales, il faut pouvoir les détecter et avoir des vaccins qui protègent les animaux à risque. Pour détecter les maladies ou prouver l’efficacité d’un vaccin, il faut réaliser des tests de diagnostic en laboratoire, notamment des tests sérologiques pour la détection d’anticorps dans le sang. Les laboratoires ont besoin de sérum contenant des anticorps contre les maladies ciblées pour contrôler que les outils de diagnostic qu’ils utilisent sont performants et donnent des résultats fiables. Pour cela, nous vaccinons des chèvres avec des vaccins inoffensifs protégeant contre certaines maladies de ces animaux pour qu’elles produisent des anticorps que nous pourrons alors fournir aux laboratoires pour contrôler leurs tests de diagnostic sérologique. De plus, nous souhaitons tester au maximum deux nouveaux vaccins pour confirmer qu’ils sont inoffensifs et qu’ils permettent bien aux animaux de produire des anticorps protecteurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Avec ce projet, nous serons en mesure d’accompagner les laboratoires dans la production de résultats de diagnostic sérologique fiables contre des maladies de ruminants. Nous pourrons également évaluer et confirmer l’efficacité de nouveaux vaccins destinés à renforcer la protection de ces animaux. Ces avancées contribueront ainsi à un meilleur contrôle des maladies graves touchant les élevages de ruminants, tout en soutenant la santé animale et la performance des exploitations.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous prévoyons de vacciner des chèvres trois fois maximum pour certaines procédures. 3 animaux seront utilisés par vaccin. Si, au cours du projet, certains animaux ne peuvent plus être suivis pour des raisons indépendantes des procédures réalisées, ils seront remplacés afin de maintenir un effectif de trois animaux par procédure. Le nombre maximal prévu est de six animaux par procédure, soit un total de 18 animaux sur l’ensemble du projet. Après vaccination les animaux seront observés attentivement (prise de température, état général de l’animal, inspection du site d’injection) et, dans le cas des vaccins vivants, des écouvillons nasaux, oculaires et rectaux seront prélevés tous les deux jours pendant 14 jours. Des prélèvements sanguins seront réalisés au niveau de la jugulaire à partir de six jours après la vaccination afin de vérifier la production d’anticorps. Une fois cette réponse immunitaire confirmée, des prélèvements complémentaires pourront être effectués en fonction des besoins. Ces collectes pourront avoir lieu plusieurs fois par an durant le projet afin de constituer des stocks de sérum de référence destinés au contrôle des tests diagnostiques. Pour les vaccins induisant une réponse immunitaire de courte durée, le protocole de vaccination pourra être renouvelé six mois après la dernière injection. Pour le test des nouveaux vaccins, la quantité d’anticorps sera mesurée un mois et deux mois après vaccination. Si la quantité d’anticorps détectée est faible, une deuxième injection de vaccin sera réalisée suivie du même programme d’échantillonnage.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les vaccins utilisés dans ce projet présentent peu, voire pas d’effets indésirables connus. Néanmoins, et de manière exceptionnelle, certains symptômes peuvent apparaître comme une réaction au niveau du site d’injection, perte d’appétit, prostration, poil hirsute, vocalisation et une fièvre légère et passagère, voire des déjections nasales ou oculaires. Les manipulations (prélèvements sanguins, écouvillonnages, injections) peuvent entraîner du stress et de l’inconfort chez l’animal. Les prélèvements sanguins à la jugulaire peuvent entraîner une douleur légère liée à l’insertion de l’aiguille et parfois un petit hématome.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin d’essai, c’est-à-dire après le dernier prélèvement sanguin, après concertation entre le vétérinaire, le responsable de projet et le responsable de l’animalerie, les animaux seront gardés en vie au sein de notre établissement. Les animaux pourront être repositionnés sur un autre projet soit de classe légère ou modérée, dans la mesure où ce projet n’interfère pas avec le premier.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les maladies ciblées dans ce projet affectent exclusivement les ruminants au sein des élevages. Le recours à des ruminants dans l’étude est donc scientifiquement justifié et ne peut être remplacé par une autre espèce. En effet, l’évaluation de l’efficacité du vaccin nécessite l’induction d’une réponse immunitaire dans l’espèce cible, car la nature, l’intensité et la spécificité de cette réponse varient selon les espèces. Seule l’espèce concernée permet d’obtenir des données fiables et directement transposables aux conditions d’élevage. De plus, la production d’anticorps spécifiques dirigés contre l’antigène étudié, destinés au développement et à la validation d’outils diagnostiques sérologiques, doit être réalisée chez des ruminants afin de garantir la pertinence biologique et la validité des résultats. Ainsi, l’utilisation de ruminants est indispensable pour répondre aux objectifs scientifiques et sanitaires du projet, et aucune méthode alternative in vitro ou sur une autre espèce ne permettrait d’obtenir des résultats équivalents et applicables sur le terrain.
2. Réduction
Pour les productions d’anticorps, l’espèce choisie est la chèvre. Son volume sanguin est suffisamment important (environ 2.5L pour un animal de 40kg), permettant d’obtenir une quantité suffisante de sérum en termes de volume et de diversité nécessaires pour valider des kits de diagnostic, répondre aux demandes des laboratoires de diagnostic et avoir une première confirmation de la qualité d’un nouveau vaccin. Si pendant les 5 ans du projet, ces animaux arrivent à la durée maximale de 8 ans de vie au sein de l’animalerie ou meurent pour des raisons indépendantes aux inoculations prévues, ils seront remplacés, avec un maximum de 6 caprins par procédure. Le nombre maximum de caprins utilisés pour ce projet est donc de 18 animaux.
3. Raffinement
Pour les animaux de rente, le raffinement consiste à une habituation à la manipulation pendant quelques semaines avant la réalisation des prélèvements. L’animal est amené régulièrement dans l’espace dédié au prélèvement et à la manipulation sans réalisation de prélèvement, afin de l’habituer. Lorsque l’animal s’est familiarisé avec le processus, la manipulation ne provoque plus de réaction de stress, permettant ainsi de réaliser les prélèvements sanguins ou par écouvillon dans un contexte serein et favorable. Pour réduire le stress et favoriser l’expression de comportements naturels, des mesures d’enrichissement adaptées sont mises en place : accès à des dispositifs permettant l’exploration et le jeu (ex. plateformes ou objets stables sur lesquels les animaux peuvent grimper), ainsi qu’un enrichissement alimentaire sous forme de friandises ou de distributions alimentaires variées, utilisées de manière ludique pour stimuler l’intérêt et l’activité des animaux durant les procédures. Pendant toute la durée des procédures, l’état de santé des animaux sera surveillé quotidiennement. Après chaque injection vaccinale ou prélèvement, une surveillance renforcée sera mise en place : les animaux seront observés trois fois par jour pendant trois jours, ou jusqu’à la disparition d’éventuels symptômes. Un suivi attentif sera ensuite maintenu pendant sept jours, ou jusqu’au retour à un état normal si des signes apparaissent. Au-delà de cette période de vigilance accrue, les animaux continueront à faire l’objet d’une observation quotidienne durant toute la durée de leur hébergement comme l’exige la réglementation. En cas d’anomalie, le vétérinaire référent sera immédiatement contacté et les mesures appropriées seront appliquées selon ses recommandations. Si nécessaire, il pourra intervenir dans un délai inférieur à 24 heures pour réaliser un examen complet de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces atteintes au sein des élevages par les maladies ciblées dans ce projet sont les bovins, les caprins et les ovins. Il est nécessaire de générer une réponse immunitaire chez des ruminants (au moins une de ces espèces) afin d’évaluer l’efficacité du vaccin et d’obtenir des anticorps spécifiques de l’antigène utiles pour le diagnostic de ces maladies. Les chèvres peuvent être utilisées pour produire des sérums de référence pour les maladies caprines et bovines d’intérêt pour nous. Le volume sanguin est suffisamment important pour permettre d’obtenir les quantités nécessaires de sérums de référence pour nos projets. Nous avons donc choisi les caprins pour tous nos projets, ce qui nous permet de satisfaire nos besoins sans avoir des recours à des vaches et d’autres bovins. Les animaux sont âgés de 1 à 2 ans à l’arrivée dans l’animalerie et sont au stade adulte, car le système immunitaire est mature et présente un atout pour une réponse immunitaire efficace.