Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
NTS-FR-527195v1
Types de recherche
Recherche fondamentale et Système nerveux
Mots-clés
activité neuronale, IRM de diffusion, IRM fonctionnelle, Nitroprussiate de Sodium, et TGN20
Rats : 48
Souffrances
▲ Sans réveil48
▲ Légères0
▲ Modérées0
▲ Sévères0
Devenir
Mise à l'adoption0
Reproduction (ou relâché si sauvage)0
Réutilisation0
Devenir non indiqué48

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est une technique essentielle pour explorer le cerveau. Elle permet non seulement d’obtenir des images anatomiques détaillées, mais aussi de visualiser les zones cérébrales en activité grâce à l’IRM fonctionnelle (IRMf). En recherche, elle permet d’étudier le fonctionnement cérébral dans diverses conditions, notamment les maladies neurologiques. La méthode la plus courante pour l’IRMf repose sur le signal BOLD (Blood Oxygen Level Dependent), qui mesure les variations du flux sanguin et du niveau d’oxygénation du sang comme un indicateur indirect de l’activité neuronale. Cependant, cette approche présente des limites : elle ne capte pas directement l’activité des neurones et sa résolution temporelle est relativement faible. D’autres techniques émergent, notamment l’IRMf de diffusion. Cette approche, encore peu comprise, pourrait refléter directement des processus cellulaires, comme les interactions entre neurones et astrocytes. L’objectif principal de notre projet est de mieux comprendre l’origine du signal IRMf de diffusion. Nous émettons l’hypothèse que ce signal pourrait refléter non seulement l’activité neuronale, mais aussi celle des astrocytes, des cellules jouant un rôle clé dans le fonctionnement cérébral. Pour tester cette hypothèse, nous mènerons des études sur des modèles animaux, en combinant IRMf de diffusion et interventions pharmacologiques permettant de distinguer les différentes contributions (neurones, astrocytes, vaisseaux sanguins) à ce signal. Pour atteindre cet objectif, nous devons également améliorer les techniques d’IRMf à haut champ magnétique, qui posent des défis techniques, en particulier sur les petits animaux, (artefacts liés aux variations de susceptibilité magnétique). Nous développons donc de nouvelles stratégies d’acquisition permettant d’optimiser la qualité des images en IRMf-BOLD et IRMf de diffusion. Ce travail permettra d’affiner l’interprétation des images fonctionnelles du cerveau et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la recherche et la clinique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Notre projet ouvrira de nouvelles voies en neuro-imagerie. Pouvoir réaliser des études d’IRMf avec une haute résolution temporelle permettra une compréhension plus précise et plus profonde de l’organisation fonctionnelle du cerveau. Notamment, démontrer que les réponses astrocytaires peuvent être détectées à l’aide de l’IRM fonctionnelle de diffusion est en soi une avancée technique et peut avoir des implications importantes en en neurobiologie et en neuroscience. Dans le cerveau, les astrocytes ont des rôles très importants : ils fournissent aux neurones de l’énergie et un support fonctionnel. Cependant, les astrocytes ont une activité électrique modeste par rapport aux neurones, ce qui les rend très difficiles à surveiller, en particulier à l’aide de méthodes non invasives et in vivo. Si les réponses astrocytaires peuvent être détectées à l’aide de l’IRMf-D, cette technique peut être utilisée dans des études précliniques et cliniques pour étudier des altérations astrocytaires dans des conditions neurologiques spécifiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les rats recevront un antidouleur ainsi qu’une anesthésie générale avant toute intervention. À très haut champ magnétique, les propriétés magnétiques de l’air créent des artefacts qui rendent certaines zones du cerveau impossibles à imager. Bien que ce phénomène existe également chez l’humain, il est beaucoup moins marqué en raison des champs magnétiques plus faibles utilisés en clinique. Pour éviter cet artefact et obtenir des images exploitables des régions cérébrales d’intérêt chez le rat, il est nécessaire d’injecter une substance dans le conduit auditif. Cette procédure dure environ 5 minutes et est effectuée une seule fois par animal. Un cathéter sera mis en place pour administrer en continu l’anesthésie générale ainsi que l’une des molécules dont nous étudions les effets sur les différentes méthodes d’acquisition IRMf. Cette procédure est effectuée par des personnes qualifiées qui effectuent ce geste en 2 minutes. Les animaux seront ensuite placés dans l’IRM pour une acquisition d’une durée de 2 à 3 heures. Une stimulation neuronale sera induite par une lumière. Le paradigme de stimulation visuelle consiste en 6 blocs alternant lumière allumée (6s), lumière éteinte (12s) pour une durée totale de 108 s. Pour chaque animal, le paradigme est répété 6 fois, soit un total de 10 minutes de stimulation. À l’issue de l’expérience, les rats seront euthanasiés afin d’éviter les effets secondaires persistants de la substance administrée dans l’oreille, qui ne peut être retirée.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’insertion de la substance dans l’oreille et les poses de cathéter peuvent être douloureux si l’animal se réveille au cours de l’intervention (événement très rare). Une anesthésie prolongée présente un risque d’hypothermie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les rats seront euthanasiés après l’examen IRM pour pallier toute douleur et répercussion liée à l’insertion d’une substance dans l’oreille, acte qui altère tout le système auditif

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif global de ce projet est de développer des techniques d’IRM fonctionnelle de diffusion à très haut champ magnétique chez le rat afin de comprendre les différentes contributions (neuronale, astrocytaire, vasculaire) aux signaux mesurés. Par ailleurs, l’utilisation des séquences optimisées est envisagée pour des études cliniques menées à très haut champ magnétique. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire, car nous avons besoin d’un modèle exprimant des fonctions similaires à celles du cerveau humain. De telles expériences ne sont pas réalisables directement chez l’Homme, notamment parce qu’elles impliquent des manipulations pharmacologiques ciblées, permettant d’isoler les différentes contributions cellulaires au signal IRMf.

2. Réduction

3R / Réduction :

Sur la base de l’analyse de la littérature et des considérations statistiques, nous avons déterminé le nombre d’animaux nécessaire et suffisant en fonction des nécessités expérimentales pour réaliser des statistiques significative. Cependant, si l’optimisation est réalisée avec moins d’animaux que prévu, leur nombre sera réduit.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Hébergement des animaux: Pour respecter la vie en groupes sociaux stables, les rats seront logés à deux par cage. Les cages seront enrichies avec du papier. Anesthésie et analgésie: Les animaux seront anesthésiés avant et pendant les expériences IRM. Afin de minimiser toute source d’inconfort liée aux procédures expérimentales, une analgésie locale sera administrée. Si un animal se réveille durant l’IRM et présente le moindre signe de douleur il sera retiré du protocole et euthanasié (pour les mêmes raisons que l’ensemble des animaux de la procédure). Nous utilisons une grille d’évaluation des points limites qui prend en compte des comportements ou signes visibles susceptibles d’indiquer une douleur.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les fonctions et l’anatomie du cerveau des rongeurs sont bien documentées et largement étudiées dans le domaine scientifique. En particulier, le cerveau du rat présente des similitudes fonctionnelles avec celui de l’Homme, tout en offrant un modèle expérimental bien maîtrisé. Cela en fait un outil précieux pour obtenir des résultats robustes et interprétables dans le cadre des études précliniques. L’ensemble du projet sera réalisé sur des rats adultes . Nous utilisons des rats adultes afin de travailler sur un cerveau pleinement développé, dont les propriétés anatomiques et fonctionnelles sont stabilisées. Cela permet d’obtenir des résultats plus représentatifs et transposables aux études précliniques visant à mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain.