
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-532523)
2 400 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger. Elles sont soumises à des tests d’interaction sociale et isolées jusqu’à quinze jours pour stimuler ces interactions, avant des prélèvements sur animal vigile ou anesthésié. 600 souris sont réutilisées dans d’autres projets, les autres tuées pour prélever organes et fluides. Le porteur affirme qu’il n’existe pas de méthode de substitution pour évaluer l’effet d’une molécule sur l’ocytocine du cerveau.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chez l’homme, l’ocytocine est une hormone synthétisée au niveau du cerveau et qui intervient dans de nombreux comportements sociaux: la confiance, l’empathie, la générosité, la sexualité, le lien social, la réactivité au stress. Des études montrent une diminution du taux de cette hormones chez les autistes. Administrée à l’homme, elle permet de diminuer certains symptômes de maladies mentales. Par exemple dans le syndrome d’Asperger, après la prise d’ocytocine, les comportements répétitifs sont diminués et on observe une amélioration de la compréhension des émotions. Chez les patients schizophrènes, la capacité à reconnaitre les émotions est également améliorée avec l’hormone. Le but de ce projet est d’évaluer les effets de divers composés sur l’interaction des souris dans un modèle de reconnaissance sociale ainsi que sur la quantité d’ocytocine dans le cerveau. L’implication de l’ocytocine dans ce test a été démontrée par l’utilisation de souris génétiquement modifiées déficitaires dans la production de cette hormone
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus sont l’identification de composés ayant un effet sur le niveau d’interaction des souris avec leurs congénères ainsi qu’une action sur le taux d’ocytocine dans le cerveau. Ces composés sont développés pour être utilisés dans les traitements de l’autisme (en 2017 120 000 personnes présentaient ce trouble, avec 74 cas pour 10 000 enfants, source santé publique France), ou de la schizophrénie (environ 600 000 personnes touchées en France et 0.7 à 1% de la population mondiale, source Inserm) par exemple. Pour l’animal, les bénéfices attendus sont une acquisition de connaissances sur l’espèce utilisée (souris) par le développement d’outils de raffinement de plus en plus adaptés et le choix de l’espèce la plus prédictive en fonction de l’objectif scientifique attendus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux tests d’interacations sociales, à des prélèvements sur animal vigile et/ou anesthésié à la fin des test.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets potentiellement indésirables du/des produits ne sont pas prévisibles à l’initiation du projet. Ils font donc l’objet d’échanges avec les responsables Bien-Etre Animal pour adapter les outils d’observations des animaux afin de mettre en place des traitements de potentiels signes cliniques. Les souris mâles et femelles seront isolées pendant l’expérience jusqu’à 15 jours afin de stimuler leurs interactions. Elles seront en contat visuel/olfactif/auditif avec leurs congénères et un sur-enrichissement sera présent afin d’améliorer leur bien-être et la qualité des données recueillies.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Sacrifice des animaux pour réaliser des prélèvements d’organes/ fluides corporels à un volume ne permettant pas la survie de l’animal Et/ou Sacrifice des animaux suite aux effets indésirables provoqués par le(s) produit(s)/ modèle chez les animaux Et/ou Réutilisation des animaux dans un autre projet ayant un degré de sévérité léger, modéré ou sans réveil après accord du vétérinaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du développement de nouveaux médicaments, ce projet est réalisé chez la souris car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les effets d’une nouvelle molécule sur le taux d’ocytocine dans le cerveau, ou si elles existent, elles ne sont pas suffisantes pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament. A ce jour, la souris est l’espèce qui est la plus adaptée à ce type de modèle d’étude.
2. Réduction
Un nombre minimal et suffisant d’animaux par groupe est utilisé afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d’effectuer des analyses statistiques. Nombre d’animaux minimal et suffisant par groupe pour réaliser une analyse statistique : 10 / par groupe. L’analyse statistique sera adaptée au modèle.
3. Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : • la mise au point de procédures rigoureuses, • la formation du personnel, • un suivi quotidien de l’état de santé des animaux,• la présence d’un sur-enrichissement • le recours à des procédures les moins invasives possibles, • le suivi d’éventuel signes cliniques, • la détermination des points limites, • le recours aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire, • la réduction du volume sanguin prélevé grâce à l’amélioration de la sensibilité des méthodes d’analyse, • la familiarisation des animaux aux procédures expérimentales.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’une des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées pour évaluer les effets d’un produit sur la quantité d’ocytocine présente dans le cerveau. Animaux adultes. Ce projet n’a pas pour objectif d’étudier les effets du produit sur l’animal à d’autres stades de développement.