
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-547739)
72 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Le porteur décrit une lésion chirurgicale de la moelle épinière suivie d’injections sous-cutanées répétées sur huit semaines, avec des animaux dont la vessie doit être vidée plusieurs fois par jour. La moelle épinière est prélevée après la mort pour les analyses histologiques. Il affirme que le tissu ex vivo ne reproduit pas les interactions physiologiques d’une lésion médullaire et que le recours à l’animal vivant est « l’unique façon » de tester l’hypothèse.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les lésions spinales (SCI) sont parmi les affections les plus invalidantes et répandues dans le monde, avec une incidence de 15 à 52,5 cas par million (soit 12000 nouveaux cas par an aux Etats-Unis d’Amérique et 40000 patients en France), affectant des individus jeunes et en bonne santé (80% sont des hommes âgés entre 15 et 35 ans), avec un impact dramatique sur tous les aspects de la vie quotidienne. En plus des effets sur le système sensori-moteur bien connus et identifiés (paralysie, insensibilité), les sujets SCI présentent une détérioration importante de l’activité de leur système nerveux autonome. D’un point de vue clinique on observe de nombreux symptômes cardiovasculaires (hypotension chronique due à un manque d’activité du système sympathique), thermorégulation dysfonctionnelle (capacité réduite à frissonner quand il fait froid et à transpirer en cas de forte chaleur), dysréflexie autonome (épisodes soudains et brutaux d’hypertension, et de la bradycardie, déclenchés par des stimulinociceptifs). Parmi ces symptômes, les dysfonctions cardiovasculaires contribuent à 40% des décès. Comparé aux nombreuses investigations réalisées sur les problèmes moteurs et sensoriels, peu d’études ont été menées sur les conséquences cardiovasculaires des lésions médullaires. Le but de notre projet de recherche est d’élucider les mécanismes de dysfonction de ces pathologies cardiovasculaires chez l’animal lésé médullaire. Lors d’une lésion spinale, les commandes supraspinales sont déconnectées de leurs cibles et en conséquence ne peuvent plus remplir leur rôle de modulateur de l’activité sympathique altérant ainsi fortement l’expression des ondes de Mayer.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet devrait permettre d’espérer le rétablissement des ondes de Mayer
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à des procédures chirurgicales et des injections sous-cutanée répétées (n=72 pendant 8 semaines)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux tout comme les humains présentant des lésions de la moelles épinières présentent des difficultés locomotrices du train arrière pouvant être largement compensées par les pattes avant et une cage d’hébergement adaptée en hauteur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Il est primordial de compléter les données physiologiques enregistrées par des données histologiques obtenu en prélevant la meolle épinière des animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de remplacer des animaux des études préliminaires ont été faites sur du tissus ex-vivo de nouveaux nés. Toutefois, si il est possible de screener certaines molécules sur des molles épinières ex-vivo, nous ne pouvons pas reproduire l’ensemble des interférences entre les systèmes physiologiques qui sont impliqués dans une lésion médullaire. Le recours au modèle vivant est donc l’unique façon de tester notre hypothèse.
2. Réduction
Le raffinement des techniques et soins-opératoires devrait permettre la réduction d’animaux nécessaires en réduisant les risques de mortalité lié à la chirurgie. Nous avons aussi choisi une métode de suivi des animaux sur le long de l’étude (télémétrie) afin d’avoir à éviter l’euthanasie de lots d’animaux à des temps régulier. Sur la base de nos précédentes études, nous savons qu’en post-SCI, la variation de la pression artérielle est faible avec un écartype d’environ 9,5 mmHg (n=14) . Nous pouvons donc estimer qu’avec une différence de 35mmHg (environ 4 écartypes représentant 95% de la population), nous avons une différence significative entre les lots. C’est à partir de ces données que nous avons calculer le n de nos lots dans un but d’obtenir des données exploitables et fiables.
3. Raffinement
Afin de prevenir tous les problèmes liés à l’absence de rétro-contrôle sympatique, plusieurs points sont raffinées (alimentation semi-liquide pour pallier au ralentissement de la vidange gastrique), ajout de paraffine dans celle-ci (pour pallier au ralentissement de la motricité intestinale), cage sur tapis chauffant (pour pallier aux problèmes de thermorégulation), vidange de la vessie plusieurs fois par jour par des expérimentateurs expérimentés, alimentation et eau au fond de la cage (cage avec un biberon bas et des coupelles d’aliment posées au sol. Le tunnel est en plastique rouge rainuré pour permetre une meilleur mobilité dedans), tapis aggripant au fond de la cage (pour facilité la mobilité). De même, le protocole analgésique a été validé par 2 vétérinaires. Seul un nombre minimum de personne seront amenés à rentrer dans la pièce où se trouveront les animaux afin de s’assurer que les animaux soient manipulés par peu de personne (personnes habituées à leur conditions particulières, pouvant s’adapter aux problématiques éventuelles).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le rongeur est un modèle facile à héberger, dont la reproduction est rapide et dont la physiologique reste malgré ses différences proches de celle l’humain.Le rat est particulièrement compatible avec notre projet car sa taille supérieure à celle de la souris permet de faciliter les chirurgies (pose de capteur télémétrique et SCI). De plus il existe de nombreux points commun entre le rat etl’humain quant à la réparation cellulaire de la moelle épinière.