
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-555461)
Pour créer chez le lapin un modèle de déchirure de la paroi artérielle qui servira de base à d’autres projets, 24 lapins vont être utilisés, tous tués à l’issue. Huit sont opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil, seize subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal reçoit un antiagrégant par sonde de gavage cinq minutes par jour pendant toute la durée du projet, et jusqu’à deux anesthésies générales, l’une pour la chirurgie de trente à quatre-vingt-dix minutes, l’autre pour l’imagerie de contrôle. Le porteur qualifie de « légères » les douleurs post-opératoires attendues sur la cicatrice et dans le dos, et justifie la mise à mort par le prélèvement de l’artère disséquée, « ce qui n’est pas compatible avec le réveil de l’animal ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les dissections artérielles correspondent à une brèche de l’artère au niveau de la paroi, entrainant un vrai et un faux chenal de circulation du sang. La membrane (composée d’intima et de média) qui sépare les deux chenaux, est appelée « flap ». Cela peut entrainer des complications à type de malperfusion, de thrombose, de douleurs. Ces dissections peuvent être spontanées, post-traumatiques ou iatrogènes suite à un traitement endovasculaire (par l’intérieur des vaisseaux). Ces dissections sont souvent traitées par voie endovasculaire via implantation d’un dispositif médical (stent, endoprothèse) qui resteront en place tout au long de la vie du patient, avec les nombreuses complications potentielles, déjà bien connues, que cela induit. L’objectif du traitement est de rétablir une bonne perfusion sanguine d’organe (en traitant la sténose induite par le flap), reconstruire un seul chenal de circulation sanguine et permettre une cicatrisation artérielle. Cette cicatrisation artérielle intervient dans les 3 mois suivant la pose du stent qui n’est donc plus nécessaire au-delà de cette période aigue. – L’objectif est de créer un modèle de dissection artérielle chez le lapin. Ce modèle servira de base pour d’autres projets. – Les critères de jugement de ce modèle seront la mortalité, la reproductibilité du modèle, la présence d’un vrai chenal et faux chenal, qui pourront être confirmés par artériographies, OCT et par analyses histologiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’effectuer des analyses non réalisables chez l’être humain afin évaluer la faisabilité du modèle de dissection artérielle. Il permettra également d’évaluer la perméabilité des artères viscérales et la vitesse de cicatrisation de l’aorte, de solidification (épaississement) du flap intimal, pour déterminer une période de temps idéale pour le traitement de la dissection.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront tout au long du projet un traitement oral antiagrégant (sonde de gavage, 5 minutes/jour). Ils seront soumis jusqu’à deux anesthésies générales : une pour la procédure chirurgicale (durée : entre 30 min et 1h30) et une pour les imageries de contrôle avant mise à mort (durée 1h).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’anxiété et le stress sont des effets indésirables attendus avant, et après chaque procédure/prélèvement. Un stress supplémentaire peut être observable sur les animaux qui seront amenés à recevoir un traitement oral quotidien. Lors de l’identification d’un problème mettant en jeu le pronostic vital de l’animal et/ou des douleurs non contrôlées, il sera procédé à la mise à mort de l’animal, sous anesthésie. Les nuisances liées à la chirurgie et/ou à l’imagerie pourraient être en post-opératoire des douleurs sur la cicatrice d’abord chirurgical et des douleurs dorsales : nuisances légères.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue des procédures pour le prélèvement de l’artère où est effectuée la dissection, ce qui n’est pas compatible avec le réveil de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vise à étudier la faisabilité et la cicatrisation d’une dissection artérielle dans des conditions in vivo. Aucune méthode alternative in vitro ou ex vivo ne permet de reconstruire un modèle proche de ces conditions en ce qui concerne la coagulation, la pression sanguine et les autres contraintes mécaniques appliquées sur la paroi artérielle ou le suivi après ces laps de temps. L’utilisation d’animaux dans le cadre de ce projet est ainsi indispensable.
2. Réduction
Ce projet est à visée exploratoire et a pour objectif l’obtention de résultats préliminaires au cours d’études de faisabilité et de reproductibilité. Ces données pourront au besoin servir de base pour d’autres projets intégrant des analyses d’efficacité avec calcul statistique, dans un dossier APAFiS dédié (distinct de ce dossier). – Dans le cadre de ce présent projet exploratoire, il a été décidé de réduire le nombre d’animal à 2 par groupe et temps de suivi : Groupe 1 : dissection concernant l’aorte thoracique descendante et Groupe 2 : dissection concernant l’aorte sous –rénale , avec dans chacun des groupes 3 temps de suivi : sans réveil, suivi 2 semaines, suivi 4 semaines. – Ce nombre étant très faible, il a été prévu la possibilité de refaire, au besoin, une/les procédures, portant à 24 le nombre maximum de lapins utilisés.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans le respect du bien-être animal. Les animaux seront gardés pendant une période d’acclimatation de 5 jours minimum entre leur entrée dans l’animalerie expérimentale, et leur première entrée en procédure. Leur environnement comportera un enrichissement (bûchettes à ronger, foin…). Les animaux seront suivis quotidiennement et leur état de santé et de bien-être sera évalué tout au long du protocole expérimental. Les animaux seront anesthésiés et analgésiés pendant les procédures chirurgicales et seront suivis au cours de la procédure. Un suivi renforcé sera effectué durant les premiers jours après chaque procédure opératoire. Si un animal présente un signe de douleur ou de souffrance, des analgésiques pourront lui être administrés. Au besoin, un traitement antibiotique pourra être mis en place. Dans le cas où l’animal présenterait une souffrance, une maladie ou une altération physique sans qu’il soit possible de le soulager efficacement (atteinte d’un point limite), l’animal sera sorti d’expérimentation et mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lapin est un modèle animal reconnu pour l’étude des pathologies artérielles. La biologie vasculaire a été bien étudié chez le lapin et est similaire aux mécanismes humains. Le diamètre de l’aorte du lapin varie de 3 à 7mm, ce qui correspond au calibre de nombreuses artères humaines (coronaires, mésentérique, radiales, rénales, poplités, carotides internes et autres artères périphériques). Les animaux utilisés seront des adultes de plus de 3,5 kg pour la taille des artères et la taille des dispositifs utilisés.