Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Issus de deux colonies d’élevage que les établissements font grandir pour atteindre l’effectif visé, 150 ouistitis vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, aucun n’étant tué et tous réintroduits dans leur groupe. Chaque animal est mis à jeun, capturé à la main, au filet ou par conditionnement à entrer dans une boîte, puis anesthésié pour une heure environ de prélèvements et de mesures. Les expérimentateurs lui prélèvent un millilitre de sang, une biopsie cutanée refermée par un point de suture et une quarantaine de poils, avant des examens ophtalmologiques avec collyre, blépharostat maintenant chaque œil ouvert et pose de lentilles. Le porteur écrit que « le principe de réduction est donc difficilement applicable dans ce contexte », l’objectif étant de caractériser toute la colonie, et l’expansion de celle-ci sur cinq ans doit fournir les 150 individus.

NTS-FR-565454v1
Types de recherche
· Multisystémique · Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Colonie d'élevage ouistitis, Diversité génétique et phénotypique
Ouistitis et tamarins : 150

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet est un projet transversal réalisé dans deux EU qui hébergent chacun une colonie de ouistiti qui leur est propre. Les résultats seront mis en commun et analysés de façon globale. Ce projet a pour objectif d’étudier la variabilité génétique et phénotypique au sein de ces colonies. Cette variabilité au sein d’une espèce est un élément clé pour sa survie en milieu naturel. En captivité, les possibilités d’accouplement au sein d’une colonie sont limitées et le brassage avec des individus non apparentés (et donc suffisamment éloignés du point de vue génétique) n’est pas toujours possible. Au fils des années, des effets négatifs sur la fertilité et la santé (e.g. susceptibilité accrue aux infections) peuvent apparaitre et différentes études ont mis en évidence l’apparition de déficits chez des animaux hébergés en captivité. De même les conditions d’élevage peuvent influer sur la variabilité phénotypique (taille, poids, acuité visuelle..). Étudier la variabilité génétique et phénotypique au sein de colonies d’élevage est donc important pour mieux caractériser et contrôler génétiquement la diversité dans ces populations, raffiner la gestion et le bien-être des animaux et améliorer les études scientifiques futures. Pour atteindre les objectifs de ce projet, des prélèvements de sang et de poils ainsi que des biopsies cutanées seront effectuées chez tous les individus. En parallèle, des examens ophtalmologiques non-invasifs en imagerie multimodale permettant d’évaluer les caractéristiques anatomo-fonctionnelles de la rétine (mesure de la forme de l’oeil, de l’épaisseur de la choroïde, de la correction optique, du diamètre de la pupille, etc.) seront également réalisés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les données collectées dans le cadre de ce projet contribueront à caractériser la diversité génétique et phénotypique au sein de nos colonies de ouistitis. D’autre part, elles pourraient contribuer à affiner l’arbre décisionnel permettant de sélectionner les animaux qui seront mis en contact à des fins de reproduction. Enfin, la caractérisation phénotypique et fonctionnelle de l’oeil pourrait permettre la mise en place de mesures de raffinement complémentaires pour améliorer l’environnement des animaux.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Conditionnement à la capture et à l’entrée volontaire dans une boite de capture. Mise à jeun des animaux (retrait de la nourriture et de l’eau respectivement 2h et 1h avant la capture et l’anesthésie). Capture des animaux (à la main/filet ou par entrée volontaire dans une boite de capture) et transport des animaux de leur espace d’hébergement vers la pièce d’anesthésie (au sein du même bâtiment). Anesthésie des animaux (protocole d’anesthésie gazeuse ou anesthésie fixe avec un relai en anesthésie gazeuse). Sous anesthésie, réalisation de différents prélèvements : un échantillon de sang total (environ 1 ml par animal), une biopsie cutanée de quelques millimètres de surface avec mise en place d’un point de suture (un échantillon par animal), et un prélèvement de poils (une quarantaine par animal). [Durée total de la phase de prélèvement des échantillons : environ 30 minutes]. Réalisation de mesures ophtalmologiques (dans le cadre de la même anesthésie que celle décrite précédemment lorsque ce sera possible) : application d’un collyre permettant une anesthésie locale de la cornée, mise en place d’un blépharostat pour maintenir chaque œil ouvert, application d’un collyre dans chaque œil pour induire une dilatation de la pupille, mise en place d’une lentille non corrigée sur chaque œil pour prévenir tout dessèchement de l’œil, puis réalisation d’une série de mesures non invasives sans contact direct avec les yeux. [Durée total de la phase de tests ophtalmologiques : environ 30-40 minutes]. Fin de l’anesthésie avec maintien de l’animal sur tapis chauffant et sous surveillance jusqu’au réveil. Retour de l’animal dans la zone de stabulation en boite de capture et ré-introduction de l’animal dans son groupe sous surveillance le jour de la session et le jour suivant.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Stress potentiel durant la phase de conditionnement et lié à la capture des animaux et à leur transport de la zone de stabulation vers la pièce de prélèvements/tests. Inconfort lié à l’anesthésie mise en place pour effectuer les prélèvements et les tests ophtalmologiques, complications potentielles au niveau local des suites de la biopsie cutanée (inflammation, infections), conséquences du prélèvement sanguin (hématome localisé), de la pause et du retrait du blepharostat utilisé pour maintenir les paupières ouvertes lors des examens ophtalmologiques, inconfort associée à l’instillation de collyre et à la pose de lentilles non corrigées sur la cornée au cours de l’anesthésie, stress potentiel lié au retour de l’animal dans le groupe.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Le projet ne prévoit pas de mise à mort et tous les animaux seront maintenus en vie. A l’issue du projet les animaux seront ré-introduits dans leur groupe.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas aujourd’hui de méthodes in vitro permettant d’étudier les comportements sociaux et les effets de médicaments neurologiques/psychiatriques sur ces fonctions.

2. Réduction

3R / Réduction :

Il s’agit ici de caractériser d’un point de vue phénotypique et génétique l’ensemble de notre colonie de ouistitis. Le principe de réduction est donc difficilement applicable dans ce contexte. La colonie de ouistitis actuellement hébergées compte une centaine d’individus. L’expansion de cette colonie, durant la durée d’autorisation du projet de 5 ans, permettra de produire un nombre d’animaux compatible avec l’objectif d’échantillonnage fixé à 150 individus

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Captures et manipulations représentent des stress importants. Les captures seront effectuées par les personnes régulièrement en contact avec les animaux (personnel de zootechnie ou en charge du suivi de la colonie). Si d’autres personnes devaient effectuer des captures, des visites seront préalablement organisées pour que les animaux s’y habituent. Deux protocoles pourront être utilisés pour la capture selon la tolérance des animaux au contact humain et le type d’hébergement dont ils seront issus : capture à la main/filet ou conditionnement à entrer dans une boite de transport. La seconde option sera privilégiée dès que possible et fera l’objet de séances d’habituation (entraînement à entrer dans la boite avec récompense (gomme arabique)). S’ils sont capturés à la main/filet, de la gomme arabique leur sera proposée immédiatement après capture lors de l’entrainement. Durant les transports un tissu opaque sera placé sur la boite pour limiter le stress. Si possible, les collectes d’échantillons et les mesures ophtalmologiques seront réalisées dans le cadre d’une anesthésie unique. Le protocole d’anesthésie utilisé permet de raccourcir les phases d’endormissement et de réveil et évite le stress associé à la contention et à l’administration. Pour ce faire, nous utiliserons une boite de capture spécifique, de faible volume et ajourée, qui sera placée dans une boite d’induction thermostatée. Une fois l’anesthésie induite, l’animal sera maintenu au masque sous anesthésie gazeuse pendant toute l’intervention. Lors des mesures ophtalmologiques, les animaux seront placés sur un coussin de contention. La réalisation des biopsies s’effectuera sous anesthésie avec analgésie locale préalable. Un petit échantillon de peau sera collecté et un traitement analgésique et anti-inflammatoire sera administré. La plaie, d’éventuelles irritations des yeux seront suivies jusqu’à la cicatrisation. Les interactions sociales seront monitorées attentivement dans les heures et les jours suivants l’intervention pour s’assurer qu’aucun conflit ne survienne ; dans le cas contraire une surveillance accrue sera mise en place.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les modèles rongeurs ont largement montré leurs limites quant à la modélisation des troubles psychiatriques. Le ouistiti, en raison de ses caractéristiques comportementales et sociales et de la présence de variations génétiques identifiées chez l’Homme en lien avec les pathologies psychiatriques, est un modèle de choix. Tous les individus de notre colonie de plus de 1 an seront étudiés. Cette limite d’âge a été fixée car, bien que dès la naissance les yeux aient quasiment atteints leur taille définitive chez tous les primates, au niveau fonctionnel (au niveau des aires visuelles supérieures notamment) il faut dépasser un an pour que les neurones figent la vision binoculaire, après ce laps de temps on peux considérer le système visuel comme entièrement développé.