Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique caractérisée par des crises convulsives déclenchées par une hyperexcitation des neurones. Elle touche plus de 50 millions de personnes dans le monde. Bien que des traitements existent, environ 30 % des patients présentent une épilepsie résistante aux traitements, soulignant l’importance du développement de nouvelles molécules thérapeutiques pour améliorer la prise en charge des patients. Parallèlement, dans le cadre du développement préclinique d’un médicament, il est indispensable d’identifier d’éventuels effets pro convulsivants indésirables. Selon les données disponibles, les autorités sanitaires peuvent ainsi exiger l’étude du profil convulsivant d’une molécule d’intérêt, afin de s’assurer de l’absence d’effets délétères susceptibles de compromettre ou d’interrompre son développement. Le projet consiste à évaluer l’effet d’un candidat médicament sur l’excitabilité neuronale à l’aide du test de convulsions induites par une molécule de référence pro-convulsivante. L’administration de cette molécule provoque chez le rat des convulsions de manière dose-dépendante, reproduisant certains mécanismes des crises épileptiques humaines. En coadministrant la molécule d’intérêt, il est alors possible de mesurer une augmentation (effet anticonvulsivant) ou une diminution (effet proconvulsivant) de la latence d’apparition visuelle des crises induites par la molécule de référence. Ce modèle largement décrit dans la littérature scientifique, est reconnu par les autorités de santé comme un outil pertinent pour la détection d’effets potentiels pro- ou anticonvulsivants des candidats-médicaments.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A long terme, les bénéfices attendus sont la découverte de nouveaux médicaments pour traiter l’épilepsie, une pathologie humaine touchant plus de 50 millions de personnes dans le monde. A court terme, les bénéfices attendus sont d’évaluer les éventuels effets secondaires du composé testé avant son passage en phases cliniques. Pour l’animal, les bénéfices attendus sont une acquisition de connaissances sur l’espèce utilisée (rats) par le développement d’outils de raffinement de plus en plus adaptés et le choix de l’espèce la plus prédictive en fonction de l’objectif scientifique attendus.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les rats de ce projet subiront au moins une administration de molécule de référence pro-convulsivante (durée 5 min max). Ils pourront subir des administrations (max 2 administrations /24h, durée max 2 min, sur une période de 28 jours max) des prélèvements sanguins (maximum 5 prélèvements /24h, durée: moins de 30 sec/prélèvement), une anesthésie gazeuse (1 à 5 fois max, environ 10 min/prélevement). Ils subiront au moins 1 mise à jeun, pouvant être répétée, jusqu’ à 3 mises à jeun maximum (durée maximum de la mise à jeun de 20h, avec un minimum de 72h d’intervalle entre 2 mises à jeun). Ils pourront être hébergés idividuellement (maximum une fois, avec une durée maximale de 2 semaines).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’administration des composés à l’essai ou de référence pourra entrainer un stress mineur de courte durée et une douleur équivalente à la piqure d’une aiguille. Lors des prélèvements, les animaux pourront aussi subir une douleur légère et brève liée à la piqûre avec une aiguille. Dans le cas d’une anesthésie pour un prélèvement, celle-ci peut induire un stress à l’endormissement. De plus, les animaux de ce projet pourront subir un stress lié à la privation de nourriture la veille de l’administration du composé d’intéret ou de la molécule pro convulsivante de référence, et un stress mineur en cas d’hébergement individuel. De par le modèle, ils subiront lors de l’administration de la molécule pro convulsivante de référence une douleur et stress modérés et brefs entrainés par l’apparition de crises convulsives.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Euthanasie des animaux dès l’apparition de la première crise convulsive ou dès la fin de la perfusion de la molécule pro convulsivante de référence si aucune convulsion n’est détectée, afin d’éviter une douleur ou une détresse prolongée, non maitrisables, liées aux convulsions.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans le cadre du développement de nouveaux médicaments, ce projet est réalisé chez le rat car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les effets d’une nouvelle molécule sur les convulsions. Ou si elles existent, elles ne sont pas suffisantes pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament ou d’un dispositif. A ce jour, le rat est l’espèce qui est la plus adaptée à ce type de modèle d’étude.

2. Réduction

3R / Réduction :

Un nombre minimal et suffisant d’animaux par groupe est utilisé afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d’effectuer des analyses statistiques. Nombre d’animaux minimal et suffisant par groupe pour réaliser une analyse statistique : 8 / par groupe.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le raffinement de la procédure expérimentale sera obtenu par : – Avant expérimentation, habituation des rats à la chambre expérimentale afin de réduire le stress lié à un nouvel environnement. – La mise à jeun sera limitée à la durée minimale nécessaire, sans cumul des périodes de jeûne, et respectera un intervalle minimal entre deux mises à jeun afin d’éviter tout effet indésirable et stress supplémentaire pour l’animal. – En cas de mise à jeun nécessaire pour l’administration des composés d’intérêt, et si celle-ci n’est pas simultanément requise avant l’administration de la molécule pro convulsive de référence, une supplémentation en glucose sera ajoutée dans l’eau du biberon. – En cas d’hébergement individuel, l’animal restera en contact olfactif et visuel avec ses congénères (cages transparentes et ouvertes). En plus de l’enrichissement classique, un sur-enrichissement sera spécifiquement mis en place (lanières de papier Kraft pour accentuer son besoin de cachette). – L’état des animaux sera évalué quotidiennement lors du suivi sanitaire. – Les boîtes expérimentales sont dimensionnées pour permettre à l’animal de se mouvoir librement et de se retourner, réduisant ainsi le stress lié à la contention. – Les animaux seront observés dans des boîtes transparentes, permettant une intervention rapide dès l’apparition de signes cliniques. – Limitation des effets indésirables induits par la molécule pro convulsive de référence : la perfusion sera interrompue immédiatement après la première crise, et l’euthanasie sera pratiquée sans délai afin de limiter la sévérité et la durée des convulsions et d’éviter le retour à la conscience après celles-ci. – Les prélèvements sanguins et tissulaires seront réalisés selon la méthode la moins invasive compatible avec les exigences scientifiques, et optimisés afin de réduire le nombre d’animaux nécessaires.- Mise en place de points limites adaptés et spécifiques au modèle expérimental.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La structure et l’organisation des régions cérébrales chez le rat présentent de fortes similitudes avec celles de l’homme, notamment celle des circuits impliqués dans l’excitabilité neuronale. Cette homologie permet de transposer les résultats expérimentaux obtenus chez le rat à des pathologies humaines, notamment les crises d’épilepsie. L’administration d’une molécule pro convulsive de référence chez le rat est un modèle robuste et largement validé et reproduit dans la littérature scientifique pour induire des convulsions comparables aux crises d’épilepsie humaines et refléter la réponse pharmacologique aux traitements anticonvulsivants chez l’homme. De plus, son utilisation historique dans la recherche sur l’épilepsie et les effets des médicaments sur les convulsions a généré une base de données importante sur cette espèce, facilitant l’interprétation des effets observés et la comparaison avec d’autres études. Animaux adultes : ce projet n’a pas pour objectif d’étudier les effets du produit sur l’animal à d’autres stades de développement. Le choix d’animaux adultes est justifié par la nécessité d’un cerveau pleinement développé afin d’obtenir des résultats pertinents concernant l’effet des substances testées sur les fonctions neuronales.