
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-581355)
288 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Une partie reçoit pendant la gestation une injection intra-abdominale d’un traceur, les descendants subissant ensuite des prélèvements de sang sous anesthésie et une batterie de tests comportementaux dont le détail n’est pas précisé, jusqu’à douze mois. Le porteur relie ce projet à un précédent et cherche à établir si une carence en vitamines B pendant la gestation aggrave la maladie de Huntington. Il affirme qu’aucun modèle non-animal ne convient à cette approche développementale et comportementale.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce protocole in vivo est complémentaire du premier de même type précédemment validé (2020-2023). Le précédent projet a confirmé que la carence en vitamines B pendant la vie adulte était un facteur aggravant de la maladie de Huntington, notamment en terme de précosité des symptômes. Mais, alors qu’il est connu que les carences en vitamines B sont en lien avec des effets à long terme de type « programmation foetale », nous émettons l’hypothèse qu’une carence géstationnelle en vitamines B pourrait avoir une influence sur les mécanismes de développement embryonnaires et post-embryonnaires, sur la survenue et la gravité de la maladie de Huntington, dont les manifestations sont plutôt caractéristiques des âges adultes. Or cette maladie est incurable et cette étude pourrait nous permettre de mieux comprendre les mécanismes liant la carence en vitamines B12/B9 et la mise en place éventuellement précoce de la maladie. L’objectif final serait alors de trouver des potentiels cibles thérapeutiques pour freiner la progression de la maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La maladie de Huntington est incurable et cette étude pourrait nous permettre de mieux comprendre les mécanismes liant la carence en vitamines B12/B9 et la mise en place éventuellement précoce de la maladie. Et ainsi trouver des potentiels cibles thérapeutiques pour freiner la progression de la maladie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
30 souris seront injectées (cavité abdominale) avec 200 µl d’une solution aqueuse d’un traceur de multiplication cellulaire, une seule fois pendant la gestation, durée de l’intervention moins d’une minute. 240 animaux nés et suivis au cours de leur vie seront prélevés d’une goutte de sang (100µl) sous anesthésie une seuls fois à 3, 6 et 9 mois d’âge; intervention d’une durée d’environ 1 minutes (hors temps d’anesthésie). 240 animaux nés et suivis au cours de leur vie passeront une batterie de tests comportementaux observationnels; chaque test ponctuel ayant une durée relativement courte (5 minutes ou moins).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le seul effet indésirable prévisible sera l’injection ponctuelle intra-abdominale du traceur de prolifération cellulaire chez les mères et le prélèvement de d’une goutte de sang chez les animaux après la naissance. Une étude du même type précédemment autorisée a montré que parfois certaines souris âgées de plus de 12 mois peuvent présenter des démangeaisons cutanées. Cependant, pour ce projet, nous n’irons pas au delà de 12 mois d’âge.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont euthanasiés à la fin de chaque procédure pour effectuer les prélèvements de tissus nécessaires à l’étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de faire cette étude sur des modèles non-animaux, en raison de l’approche développementale puis comportementale. L’utilisation du modèle murin de la maladie permet de mimer au mieux la phytopathologie de la maladie de Huntington retrouvé chez l’Homme. Ce modèle nous permet de suivre la mise en place et la sévérité des symptômes moteurs, cognitifs et/ou psychiatriques retrouvés chez l’Homme, au cours d’une temporalité, elle aussi, semblable à celle retrouvée chez l’Homme. Ceci nous permet de mieux comprendre les mécanismes impliqués et d’espérer trouver des nouveaux biomarqueurs et/ou cibles thérapeutiques chez la souris mais transposables à l’Homme.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe est calculé au plus juste avec l’utilisation d’un logiciel statistique et selon (1) l’expérience des porteurs du projet sur les carences vitaminiques et (2) l’analyse des résultats de la précédente étude du même type. D’après notre prospective, 10 individus par groupe sont suffisants, alors qu’auparavant, certaines études comportementales proposaient 12 à 15 individus par groupe.
3. Raffinement
Un enrichissement des conditions d’hébergement est prévu avec buchettes de bois et du papier absorbant. Lors des procédures d’injection et de prélèvement de sang, les animaux seront anesthésiés à l’aide d’isoflurane (5% air) et ces actes ne dureront que très peu de temps (moins d’une minute hors temps d’anesthésie). Les points limites sont déterminés à l’aide de différents paramètres observables, dont la posture, les comportements quotidiens et l’évolution de la masse corporelle de l’animal (frêle, inactif, peu ou pas de prise de poids, voir perte de poids).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le seule espèce permettant une étude de la maladie de Huntington selon un modèle génétiquement modifié. L’étude à long terme dite « de programmation foetale » se déroule en 2 temps: 30 souris (gestantes) seront mises à mort pour prélèvement des embryons au jour embryonnaire 12 et au jour embryonnaire 19. Pour la cinétique post-natale, l’étude sera menée dès la naissance, durant la lactation des souris, et après le sevrage à 21 jours et jusqu’à 12 mois d’âge. En effet, durant cette période nous pourrons évaluer les effets de la carence et les symptomes comportementaux de la maladie de Huntington. Plusieurs tests comportementaux s’enchaineront de 5 à 65 jours d’âge, puis à 270 et à 360 jours d’âge. Des prélèvements d’une goutte de sang (100 µl) seront réalisés pour suivre l’aspect carence à 90, 180, 270 jours d’âge.