
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-613671)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les manifestations allergiques, qui peuvent être cutanées (dermatite), respiratoire (asthme), digestives (allergies alimentaires) ou généralisées (anaphylaxie), sont causées par l’activation d’un certain type de cellules appelées « mastocytes » qui relarguent des médiateurs de l’inflammation responsable de ces pathologies. Cette activation du mastocyte nécessite l’agrégation du récepteur récepteur immunitaire allergique. Notre objectif est de tester une nouvelle stratégie thérapeutique qui utilise une petite séquence d’ADN modifiée ciblant ce récepteur pour diminuer son expression et traiter les réactions allergiques. Une fois le mode d’administration et leur modification chimique choisis, l’efficacité de ces molécules sera testée sur un modèle d’asthme allergique induit par les acariens en prophylactique et en thérapeutique. Ce projet sera réalisé dans deux établissements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les allergies touchent actuellement plus de 13% de la population mondiale et 20 à 30% de la population des pays développés. Au cours des trente prochaines années, les allergies devraient toucher jusqu’à quatre milliards de personnes. Au vu de ces chiffres astronomiques, le développement de nouvelles approches thérapeutiques innovantes dont fait partie la stratégie antisens permettra de développer une médecine de précision en diversifiant les modes d’action des médicaments utilisés pour réduire l’inflammation causées par les allergies conduisant à une meilleure prise en charge des patients. Notre stratégie thérapeutique propose de cibler le récepteur des cellules impliquées dans les allergies. Ce travail permettra de comprendre si la stratégie antisens ciblant ce récepteur peut être utilisée pour traiter l’asthme sévère allergique chez la souris constituant une première preuve de concept pour la mise en place de futurs essais cliniques chez l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subissent une administration du médicament en sous cutanée (240 souris) ou par inhalation (240 souris) d’une durée de 30 secondes. L’asthme est induit par inhalation d’acariens (288 souris). Un abord et ouverture de la trachée est réalisé pour mesurer la capacité pulmonaire grace à un appareil scientifique sur souris anesthésiées (d’une durée de 20 minutes), suivi d’un lavage bronchoalvéolaire (d’une durée de 50 secondes) (288 souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections du médicament ou des acariens sont réalisées sous anesthésie. Des nuisances suite aux injections peuvent être envisagées entrainant une variation du poids corporel, un changement dans le comportement et/ou une modification de la ventillation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort à la fin de la procédure est nécessaire pour réaliser le prélèvement des organes et leurs analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches alternatives ont été réalisées dans la première partie de ce projet. Elles ont consisté à valider in vitro sur des mastocytes primaires murins et humains l’efficacité de ces molécules sur la diminution d’expression du récepteur à la surface cellulaire, la diminution de l’activation mastocytaire suite à l’engagement du récepteur et la diminution de la dégranulation mastocytaire. Afin de comprendre si cette stratégie peut être proposée comme nouvelle stratégie thérapeutique pour traiter l’asthme sévère allergique chez l’homme, il nous faut démontrer son efficaté sur un modèle d’asthme allergique induit par les acariens chez la souris très bien décrit dans la littérature. Cette étude réalisée chez la souris constitue une étude pré-clinique nécessaire à la validation d’une preuve de concept qui pourrait par la suite déboucher sur des essais cliniques chez l’homme. .
2. Réduction
La première partie de ce projet va nous permettre de comprendre la biodistribution (diffusion et persistance dans l’organisme, effet sur la diminution de l’expression de la cible, immunogénécité des antisens) des 3 stratégies antisens utlilisés suite à une administration cutanée ou par inhalation. Les meilleures combinaisons (mode d’administration et antisens utilisé en fonction de ses modifications chimiques) seront utilisées pour le modèle d’asthme permettant ainsi de réduire le nombre de souris qui seront utilisées dans cette étude.
3. Raffinement
Toutes les souris incluent dans ces différentes procédures seront suivies quotidiennement par les animaliers pour des signes de souffrance, de toxicités ou de difficultées respiratoires. La surveillance de la perte de poids et le scoring sera fait 2 à 3 fois/semaine par l’expérimentateur. Si au cours de l’expérience une souris atteint un point limite, elle sera mise à mort par dislocation cervicale. Les animaux ne sont pas gardés en isolement. Des groupes de 5 souris sont regroupés dans une cage. Un enrichissement des cages composé de maisonettes en carton et de cotons d’enrichissement est prévu afin de diminuer le stress des animaux. Des seringues adaptées sont utilisées pour les injections sous cutanées et intrapéritonéales pour l’anesthésie. Pour des raisons sanitaires et expérimentales, les animaux localisés à l’EU0054/44289 après passage à l’IVIS Spectrum seront transférés à l’EU0110/44108. Les animaux seront transférés avec des boites de transport adaptées contenant des croquettes et de l’hydrogel.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles d’asthme induit par les acariens chez la souris sont très bien décrits dans la littérature et miment certains symptômes de la pathologie humaine. L’approche in vivo ne peut donc être considérée que chez la souris. Des femelles de 8 à 10 semaines seront utilisées dans ces protocoles.