
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-08-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-619461)
Une colite est induite par voie orale au DSS chez 1 200 souris, dont 900 dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère et 300 d’un niveau modéré. Le porteur annonce dès l’induction une perte de poids, de la diarrhée, des pertes de sang et des douleurs intestinales. Le détail des procédures ne porte pourtant que sur les prélèvements sanguins, jusqu’à 0,2 mL par semaine à la veine caudale ou jugulaire, sans revenir sur l’induction elle-même. Toutes les souris sont tuées à la fin de chaque procédure, pour prélever des tissus et mesurer la motilité intestinale post mortem.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), touchent chaque année des milliers de personnes en France, avec des phases inflammatoires suivies de rémissions. Les symptômes incluent diarrhée, fièvre, douleurs abdominales, fatigue et perte d’appétit, rendant leur traitement complexe. L’objectif thérapeutique et préventif évolue vers la recherche d’une « rémission physiologique ». Malgré les avancées des thérapies biologiques, leur coût élevé et leur efficacité parfois limitée nécessitent le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les effets pléiotropiques des molécules et les enjeux thérapeutiques sous-jacents rendent indispensables l’utilisation de modèles in vivo. Le modèle d’inflammation intestinale est indispensable pour étudier les effets d’une molécule sur un organisme entier et pour accélérer le passage en clinique chez l’homme. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques ou préventives pour les MICI chez la souris. Dans ce modèle préclinique, l’inflammation est induite oralement par le DSS chez la souris. En ce qui concerne le choix d’un modèle aigu ou chronique, il dépendra d’une part du mécanisme d’action de la molécule à tester et d’autre part de la cible thérapeutique. De la même façon, la fréquence, la voie et le volume des administrations seront variables puisque dépendants des molécules. Celles-ci seront effectuées en total respect de la directive européenne 2010/63/UE.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) touchent chaque année des milliers de personnes en France, avec des phases inflammatoires suivies de rémissions. Les symptômes incluent diarrhée, fièvre, douleurs abdominales, fatigue et perte d’appétit, rendant leur traitement complexe. Malgré les avancées des thérapies, leur coût élevé et leur efficacité parfois limitée nécessitent le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives. La validation de molécules anti-inflammatoires dans des modèles de MICI murins serait un premier pas vers des tests chez l’humain et la possible commercialisation de molécules pouvant soulager ces millers de personnes en France atteintes de MICI.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Selon la molécule à tester, un prélèvement sanguin pourra être réalisé au cours ou à la fin de la procédure expérimentale. La fréquence et le volume dépendront de l’étude. Cependant, les prélèvements seront effectués en total respect de la réglementation internationale et européenne. A savoir, pour une souris de 25 g, un volume inférieur à 0.2 mL (10% du volume sanguin circulant) sera prélevé 1 fois par semaine ou bien un volume inférieur à 0.3 mL (15% du volume sanguin circulant) sera prélevé 1 fois toutes les 3-4 semaines. Le site de prélèvement sera soit la veine caudale soit la veine jugulaire (sous anesthésie gazeuse : 3% pour induction-1.5% pour maintien). Un prélèvement tissulaire post-mortem, à la fin de l’expérience, sera réalisé.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dès l’induction de la pathologie, les animaux pourront avoir une perte de poids, de la diarrhée, perte de sang, douleur intestinales.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux seront euthanaisés à la fin de chaque procédure afin de réalisé des prélèvements tissulaires et l’étude de la motilité intestinale post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle murin de colite induite au DSS est très proche de la pathologie humaine. Ainsi, ces limitations rendent incontournables le recours à l’expérimentation animale afin de valider de nouvelles cibles thérapeutiques pour les douleurs viscérales. De plus, la douleur et l’inflammation sont des réactions intégrées de l’organisme entier impossible à reproduire in vitro dans leur intégralité.
2. Réduction
Une veille bibliographique est/sera effectuée pour éviter de refaire des expérimentations déjà réalisées par d’autres équipes. De plus, le nombre d’animaux a été consciencieusement établit avec le minimum nécessaire pour l’obtention de résultats statistiquement signfiicatifs (en prenant en compte la variabilité interindividuelle). Tout au long des différentes procédures les animaux seront observés et pesés. La présence de sang dans les selles et le comportement/aspect général de l’animal seront également analysés. Cette méthode non-invasive permettra donc de suivre au cours du temps, sur un même animal, l’évolution de la pathologie. Ce projet permettra de réaliser 30 études sur 5 ans.
3. Raffinement
De la ouate et des igloos seront ajoutés, permettant aux animaux de faire une nidation. Une étude rétrospective sera effectuée à la fin de chaque expérience pour déterminer les possibilités de diminution du nombre d’animaux et/ou d’amélioration des procédures pour diminuer la souffrance animale. Durant toute la période d’expérimentation, l’état général des animaux sera observé au minimum une fois par jour. Pour chaque procédure des points limites ont été défini pour limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal et l’animal sera euthanasié s’il présente un de ces points limites d’arrêt de la procédure. De plus, les personnes responsables du projet ont été formées à l’utilisation des animaux à des fins scientifiques ; elles garantissent de la formation et de l’encadrement des autres expérimentateurs impliqués dans les procédures expérimentales. L’apprentissage et la maitrise des gestes techniques sont reportés dans les livrets de compétences des personnes concernées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les méthodes alternatives, permettant une évaluation de l’inflammation au niveau du colon sont peu représentatives de la pathologie humaine. Ainsi, ces limitations rendent incontournables le recours à l’expérimentation animale afin de valider de nouvelles cibles thérapeutiques et préventive pour les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. De plus, l’inflammation est une réaction intégrée de l’organisme entier impossible à reproduire in vitro dans son intégralité. Le modèle murin a été choisit de part la prédominance de cette espèce dans les publications concernant les MICI et la validité des modèles utilisés dans cette étude. Nous utiliserons des souris âgées d’au moins 8 semaines car nous souhaitons utiliser des animaux adultes et matures. De plus, c’est l’âge utilisé classiquement dans la litterature pour ces modèles.