Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le diabète insipide est un trouble endocrinien dû soit à un défaut de production de l’hormone anti-diurétique (ADH ou vasopressine) par le système nerveux central, soit à un défaut de sensibilité des reins à cette hormone. Dans le premier cas on parle de diabète insipide central, dans le second, de diabète insipide néphrogénique. Dans les deux cas cette maladie se manifeste par une forte production d’urine (très diluée) entraînant une forte consommation d’eau (polyuro-polydipsie), celles-ci étant anormalement diluées. En médecine vétérinaire, il est actuellement difficile de différencier ces deux types de diabètes insipides et une « polydipsie primaire » (augmentation de la prise de boisson sans raison médicale). Le test de référence pour diagnostiquer ces affections est le test de privation hydrique, qui peut s’avérer stressant, dangereux pour des animaux souffrant de diabète insipide, et d’interprétation souvent difficile. Le dosage de l’ADH est difficile, peu répandu, et cette hormone n’est stable que très peu de temps dans les échantillons ce qui rend son utilisation en routine peu réaliste. Depuis quelques années, le recours au dosage de la copeptine (un des peptides composant le précurseur de l’ADH, beaucoup plus stable que l’ADH elle-même) en médecine humaine apparait comme une alternative aux examens diagnostics précédemment cités. Le dosage de la copeptine plasmatique a été étudié précédemment afin d’établir un intervalle de référence chez des individus canins sains. L’objectif de ce projet est d’étudier l’intérêt du dosage de la copeptine pour l’exploration d’un syndrome de polyuro-polydipsie. Dans cette perspective, il s’agit d’observer l’évolution de la copeptine circulante chez des chiens sains à la suite d’une modification de la concentration sanguine en sodium par protocole de perfusion d’une solution de concentrée en sel dans un premier temps, puis à la suite d’un protocole de restriction hydrique modifié.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Dans le diagnostic d’un syndrome polyuro-polydipsique (= augmentation de la prise de boisson et de la production d’urine), après avoir écarté les causes les plus courantes par les examens biochimiques et d’imagerie, les hypothèses restantes sont le diabète insipide d’origine soit rénale soit cérébrale, et la potomanie (sensation de soif irrépressible). Le diagnostic entre ces trois affections repose sur un test de restriction hydrique modifié. En théorie, le dosage de l’hormone anti-diurétique permettrait de différencier plus aisément diabète insipide rénal, cérébral et potomanie. Cependant, l’hormone anti-diurétique est peu stable et son dosage imprécis ce qui rend son interprétation hasardeuse. Depuis quelques années, le dosage de la copeptine en médecine humaine apparait comme une alternative diagnostique pour les patients souffrant de diabète insipide. Il existe une bonne corrélarion entre la concentration en hormone anti-diurétique et celle en copeptine. De plus, cette dernière est stable plusieurs jours à température ambiante. Ce projet permettrait d’étudier l’évolution de la copeptine lors d’une deshydratation légère. Il s’agit d’une première étape dans l’évaluation du dosage de la copeptine comme outil diagnostique du diabète insipide en médecine vétérinaire.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les chiens seront soumis à : – Une pose de cathéter veineux suivie d’une perfusion lente sur deux heures d’un soluté hypertonique. – Quatre prises de sang – Quatre prélèvements d’urine

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Une privation alimentaire et hydrique de 16 heures lors du protocole de restriction hydrique est comparable avec la restriction hydrique en amont d’une chirurgie. Une légère déshydratation est envisageable, sans gravité chez des animaux sains. Le protocole de perfusion a été employé dans une étude chez 11 chiens, et aucune complication n’a été constatée. Les deux prélevements de 10 mL de sang pour les analyses est sans risque pour un individu sain, il correspondent, cumulés, à environ 1% du volume sanguin d’un chien de 20 kg. Les prélèvements d’urine seront pratiqués par sondage urinaire, un geste courant et peu risqué.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Certains animaux utilisés dans cette procédure sont des chiens reproducteurs qui seront donc conservés pour cette raison. Les autres chiens pourront être proposés à l’adoption.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif de ce projet est d’étudier le dosage de la copeptine chez le chien, en fonction de variations de l’osmolarité (concentration en ions) plasmatique. Cela ne pourrait donc pas être modélisé autrement qu’in vivo chez le chien.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les chiens qui participeront à ce projet seront des chiens issus d’autres projets expérimentaux, qui seront réutilisés dans ce projet avant d’être mis à l’adoption ou conservés pour de la reproduction. Le même groupe d’individus sera soumis au protocole de perfusion puis au protocole de restriction hydrique. Le recours au même groupe permet de réduire de moitié le nombre d’animaux prévu pour ce projet. Pour s’assurer de l’indépendance de résultats des deux protocoles, une semaine de repos sans aucune procédure expérimentale sera mise en place entre le premier et le second protocole.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les gestes techniques (prises de sang, poses de cathéter, perfusion, prélèvements d’urine) seront effectués par des personnels formés et pratiquant couramment ce type de geste. Pour chacun des gestes pratiqués, une attention particulière sera portée au confort de l’animal, et le temps nécessaire sera pris pour rassurer le chien. Après chaque geste technique, le chien sera félicité par la voix et des caresses. A la fin de chacun des protocoles, une friandise sera donnée à chacun des chiens.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

S’agissant de mettre au point un test diagnostique pour des chiens, le projet sera mené dans cette espèce. L’intervalle de confiance de la concentration plasmatique de la copeptine a été établie chez des individus aldultes, aussi dans l’hypothèse où l’âge pourrait jouer un rôle de confusion, l’intégralité des animaux choisis seront des adultes de plus de deux ans.