
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-621406)
760 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles portent une mutation provoquant une myopathie et reçoivent des molécules par injection ou dans leur nourriture, ou une thérapie génique injectée quelques jours après la naissance, avant des tests répétés de force et de mobilité (grip test, test d’agrippement, roue d’activité, open field). Le porteur indique, d’après la littérature, une perte de poids de 15 % et une perte de force musculaire de 25 % chez les souris malades. Les bénéfices pour les patients humains sont présentés comme « un premier pas avant l’application à l’homme », au conditionnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le Récepteur de la Ryanodine RyR1 est un canal calcique essentiel à la contraction des cellules musculaires. Deux mécanismes physiopathologiques principaux ont été identifiés comme conséquences des mutations du gène RYR1 codant pour ce canal : une baisse de la quantité de protéine ou une altération de sa fonction canal. Dans les deux cas, la conséquence de ces mutations est une baisse des relâchements de calcium à l’origine de myopathies comme la myopathie à cores que nous étudions. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif pour ces myopathies c’est pourquoi l’objectif est d’évaluer des nouvelles stratégies thérapeutiques qui visent ces deux voies physiopathologiques. Dans un précédent projet, nous avons étudié les effets d’agents thérapeutiques sur un modèle de souris de myopathie à cores liée à une baisse de RyR1 induite par injection de tamoxifène (modèle RyR1-Rec). Ainsi dans ce nouveau projet nous nous intéressons principalement au mécanisme physiopathologique lié à une altération de la fonction canal du Récepteur à la Ryanodine RyR1.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, ce projet permettrait d’identifier des agents pharmacologiques qui engendrent une augmentation de la force musculaire des souris myopathe. Par ailleurs, la thérapie génique testée permettrait de restaurer un phénotype sain chez notre modèle de souris. Sachant qu’il n’existe pas de traitement curatif pour ces myopathies, ce projet est un premier pas avant l’application à l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour la thérapie pharmacologique, les molécules seront administrées aux animaux conscients agés de 8 semaines soit par injection intrapéritonéale (1 fois par semaine), soit par le biais de la nourriture (croquettes à façon) ou de l’eau de boisson, en fonction des données disponibles sur la biodisponibilité et les modes d’administration déjà décrits. Pour la thérapie génique, les souris seront injectées en intrapéritonéale quelques jours après la naissance pour augmenter l’efficacité du traitement (P2 à P15), réduire la quantité de virus à injecter et augmenter l’immunotolérance A partir de l’âge de deux mois, les souris effectueront des tests de mesure de force musculaire et de mobilité pendant 3 mois. Ils sont tous non invasifs et non douloureux. Le grip test sera réalisé une fois par semaine pendant 3 mois tandis que le test d’agrippement, la roue d’activité et l’open field seront réalisés une fois par mois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
D’après la littérature, les souris RyR1I4895T hétérozygotes ont une perte de poids de 15% et une perte de force musculaire de 25% par rapport aux témoins (Zvaritch et al., 2009).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort des animaux est effectuée à la fin de l’expérience (à l’âge de 5 mois). A ce moment-là les muscles seront prélevés pour des analyses biochimiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de notre étude est d’identifier des agents ayant la capacité de restaurer la force musculaire chez des patients atteint de myopathie à cores. Nous avons criblé des agents sur leur capacité à améliorer l’activation des relâchements calciques intracellulaires des cellules musculaires in vitro. Par ailleurs, la thérapie génique est également testée préalablement sur des cellules de patient en culture, afin de mettre en évidence un bénéfice sur les relâchements de calcium. Mais les relâchements de calcium représentent une étape en amont de la contraction musculaire, et la validation finale de l’effet des traitements sur la force ne peut se faire qu’in vivo, en mesurant leur impact sur le développement de la force musculaire des animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupes et le nombre de répétitions des expériences sont réduites au maximum tout en optimisant l’interprétation statistique des résultats. L’ensemble de ces agents a d’abord été évalué in vitro sur des cellules musculaires de patient myopathe en culture. Ce crible permet de réduire considérablement le nombre de souris nécessaires.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe avec enrichissement du milieu de vie ; un suivi quotidien de leur bien-être sera assuré. Le modèle sur lequel nous allons travailler a été décrit dans la littérature, ce qui nous permet de définir des points limites.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
C’est l’animal sur lequel la majorité des pathologies humaines sont étudiées, car les techniques actuelles permettent facilement de reproduire les mutations à l’origine de maladie humaine chez le modèle murin. D’autre part c’est sur la foi d’études sur la souris que les stratégies thérapeutiques sont approuvées ou non pour un usage médical. Les souris seront utilisées lorsque la force musculaire commence à diminuer, à l’âge de 2 mois d’après les données de la littérature (Zvaritch et al., 2009). Pour la thérapie génique, les souris seront utilisées quelques jours après la naissance pour augmenter l’efficacité du traitement (P2 à P15), réduire la quantité de virus à injecter et augmenter l’immunotolérance, et leur force musculaire sera suivie pendant 3 mois.