
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/02/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-626845)
Réutilisés ensuite pour la formation continue de vétérinaires ophtalmologues, 40 lapins adultes subissent une ponction de l’humeur aqueuse d’un œil sous anesthésie locale, dans des procédures déclarées de niveau léger. Chacun est emmailloté dans une serviette et contenu à la main le temps du geste, qui dure moins d’une minute et que le porteur qualifie d’indolore. L’excipient testé est destiné au chien, au cheval et à l’humain, le lapin n’étant retenu que parce que des animaux étaient déjà prévus pour la formation. Le porteur présente d’ailleurs cette disponibilité comme sa mesure de réduction, écrivant vouloir éviter de commander des lapins pour le seul projet.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Une première étude chez le chien a démontré de façon statistiquement significative que la dilatation pupillaire induite par un mydriatique (produit permettant la dilatation de la pupille) était plus importante quand ce mydriatique était administré conjointement à un nouvel excipient que quand il est administré seul. Ces résultats préliminaires très encourageants amènent donc à penser que l’excipient pourrait faciliter le passage intraoculaire d’une molécule d’intérêt ophtalmologique administrée sous forme de collyre. Pour en apporter la preuve formelle, il est nécessaire de mesurer chez l’animal, à différents temps, la concentration dans la chambre antérieure de l’oeil d’une molécule d’intérêt lors de son administration conjointement ou non à ce nouvel excipient.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si les premiers résultats obtenus chez le chien sont bien confirmés par les dosages de la molécule d’intérêt dans l’humeur aqueuse, nous confirmerons que le nouvel excipient permet une meilleure pénétration intraoculaire de molécules d’intérêt ophtalmologiques dans un modèle lapin. Cela présente un intérêt clinique pour réduire signifiativement l’inflammation présente lors de chirurgies de l’oeil chez l’Homme comme en médecine vétérinaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une ponction de l’humeur aqueuse d’un oeil sous anesthésie locale : 1 à 2 min pour installation de l’anesthésie, maximum 1 min pour réalisation de la ponction.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La ponction de l’humeur aqueuse est un geste indolore pratiqué couramment en ophtalmologie sous anesthésie locale. Les animaux seront contenus manuellement, emmaillotés dans une serviette, ce qui peut engendrer un stress de courte durée. Il peut également y avoir exceptionnellement une micro-hémorragie se résorbant en quelques heures sans aucune conséquence par la suite sur le bien-être des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin de réduire le nombre d’animaux, les lapins utilisés dans ce projet seront réutilisés pour des activités de formation.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de se passer d’animaux pour ce projet car le devenir d’un médicament dans l’organisme (pharmacocinétique) n’est pas prévisible par des études in vitro compte-tenu de la complexité des mécanismes (absorption de la molécule, diffusion dans l’humeur aqueuse, élimination de la molécule). Cependant, nous avons remplacé l’utilisation de chiens ou de chevaux (qui sont deux espèces cibles de l’excipient testé) par une étude sur lapins, ces lapins étant utilisés par ailleurs dans le cadre d’une formation.
2. Réduction
Afin de ne pas commander des lapins uniquement pour ce projet, les lapins utilisés seront ceux prévus intialement pour la formation continue des vétérinaires ophtalmologues (cette formation aura lieu après ce projet). Le nombre d’animaux nécessaires a été déterminé par un test de puissance statistique à partir de données bibliographiques sur différentes formulations contenant la molécule d’intérêt ophtalmologique testées chez l’Homme.
3. Raffinement
Les lapins seront hébergés en groupe. Ils auront à leur disposition des balles remplies de foin qu’ils peuvent faire rouler, des bois à ronger et seront nourris à volonté avec des granulés. Afin de ne pas multiplier les ponctions sur chaque lapin et réduire les risques d’impact de ces ponctions sur les animaux, nous réaliserons une seule ponction sur un seul des deux yeux de chaque lapin. Cette ponction sera réalisée sous anesthésie locale. C’est un acte indolore qui sera réalisé par des vétérinaires ophtalmologues qui pratiquent cet acte au quotidien. Cependant, des points limites ont été fixés dans le cas exceptionnel de l’apparition d’une micro-hémorragie qui ne se résorberait pas en quelques heures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’excipient vise à être développé d’une part pour une utilisation en médecine humaine, et d’autre part pour une utilisation en médecine vétérinaire majoritairement chez le chien et le cheval. Cependant, il pourra être utilisé également chez les Nouveaux Animaux de Compagnie (NAC) comme le lapin. De plus, le dosage de la molécule d’intérêt ophtalmologique utilisée dans ce projet a été décrite chez le lapin. Enfin, l’utilisation de lapins permet d’utiliser des animaux déjà prévus par ailleurs pour une utilisation dans le cadre d’activités de formation. Animaux adultes. Les animaux trop vieux (>4-5 ans) seront écartés car ils peuvent présenter des pathologies occulaires impactant les résultats de l’étude. Les animaux non complétement matures (