Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour tester des molécules et des dispositifs censés accélérer la cicatrisation des plaies chroniques, 3 870 individus vont être utilisés, 1 770 souris, 1 960 rats et 140 lapins, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue pour prélèvements. Après des plaies ou des brûlures pratiquées sur le dos, un aimant implanté sous la peau permet de provoquer une ischémie d’une à deux heures suivie d’une reperfusion, jusqu’à trois cycles par jour pendant cinq jours, puis un cycle quotidien jusqu’au quatorzième jour. Les changements de pansement se font sous anesthésie tous les deux jours, dix à onze séances sur trois semaines, et chez les lapins une incision à la base de l’oreille permet la ligature de deux artères et une dénervation locale avant que quatre à six plaies soient réalisées. Le porteur énumère les méthodes de remplacement dont il dispose, cultures de kératinocytes, peau reconstruite en trois dimensions, organoïdes, organ-on-chip, précise qu’elles serviront en amont à sélectionner les molécules candidates, et conclut que « l’utilisation d’animaux vivants reste indispensable ».

NTS-FR-629064v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système cardiaque ·
Mots-clés
Cicatrisation
Souris : 1770
Rats : 1960
Lapins : 140

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les plaies cutanées aiguës et chroniques représentent un enjeu majeur de santé publique, en raison de leur prévalence élevée, de leur impact sur la qualité de vie et du coût important de leur prise en charge. Les plaies chroniques, telles que les ulcères diabétiques, les escarres ou les ulcères vasculaires, se caractérisent par un défaut de cicatrisation lié à des altérations complexes des processus biologiques, incluant une inflammation persistante, une hypoxie tissulaire, une altération de la vascularisation et, dans certains cas, une atteinte nerveuse locale. Malgré les progrès réalisés, les options thérapeutiques disponibles restent limitées et souvent insuffisantes, avec des taux d’échec élevés et des délais de cicatrisation prolongés. Dans ce contexte, le développement de nouvelles approches thérapeutiques, qu’il s’agisse de médicaments, de biomatériaux ou de stratégies innovantes, constitue un besoin important de recherche et développement. L’objectif principal du projet est d’évaluer l’efficacité et les mécanismes d’action de nouvelles stratégies thérapeutiques destinées à améliorer la cicatrisation cutanée dans des contextes physiopathologiques variés, incluant des conditions normales, ischémiques, inflammatoires et neuro-ischémiques. Pour répondre à cet objectif, plusieurs modèles animaux complémentaires sont mis en œuvre chez la souris, le rat et le lapin, permettant de couvrir un large spectre de situations cliniques et de niveaux de complexité biologique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus de ce projet concernent à la fois l’avancée des connaissances scientifiques sur les mécanismes de cicatrisation et le développement de nouvelles solutions thérapeutiques pour l’Humain, en particulier dans le domaine des plaies chroniques pour lesquelles les options actuelles restent limitées. À court terme, le projet permettra d’identifier et de caractériser de nouvelles molécules et dispositifs médicaux capables d’améliorer la cicatrisation cutanée dans différents contextes physiopathologiques, notamment en conditions d’ischémie, de reperfusion, d’inflammation ou de dénervation. L’utilisation de modèles animaux complémentaires permettra de mieux comprendre les mécanismes d’action de ces candidats thérapeutiques, en analysant leurs effets sur l’inflammation, la vascularisation, la régénération tissulaire et la perfusion. Le projet générera également des données robustes sur l’efficacité comparative de différentes stratégies d’administration (topique, systémique, locale) et sur leur tolérance. Ces résultats contribueront à la sélection des candidats les plus prometteurs pour une poursuite du développement préclinique et réglementaire. À long terme, ce projet vise à favoriser l’émergence de nouvelles thérapies innovantes pour le traitement des plaies chroniques chez l’Humain, telles que les ulcères diabétiques, les escarres ou les plaies ischémiques. Les molécules et dispositifs médicaux validés dans ce cadre pourraient conduire à des traitements plus efficaces, réduisant les délais de cicatrisation, les complications infectieuses et le recours à des interventions lourdes (amputations, chirurgies). Cela pourrait améliorer significativement la qualité de vie des patients, tout en diminuant les coûts de prise en charge pour les systèmes de santé. Enfin, les connaissances générées sur les mécanismes de cicatrisation dans des conditions pathologiques complexes contribueront à orienter le développement futur de thérapies ciblées et personnalisées.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux sont opérés sous anesthésie générale. La zone dorsale est tondue, dépilée et désinfectée, puis 1–2 plaies cutanées sont réalisées chez la souris et jusqu’à 4 chez le rat ou 2 à 4 brûlures sont induites (~6 min). Un splint (anneau en plastique) peut être suturé et un pansement appliqué. L’intervention dure ~20 min. Une analgésie sous-cutanée est administrée 2 fois/jour pendant 48 h (< 1 min/injection). Un pansement est posé pour les brûlures du 3e degré. Un aimant est implanté sous la peau pour induire des cycles d’ischémie/reperfusion. Pendant 5 jours, un aimant externe provoque une ischémie de 1–2 h suivie d’une reperfusion de 2–4 h (jusqu’à 3 cycles/jour). Puis, jusqu’au jour 14, un cycle quotidien d’ischémie de 1–2 h est réalisé. Tous les 2 jours, les animaux sont anesthésiés pour le changement de pansement, l’examen clinique, les photographies et le nettoyage des plaies (10–11 séances sur 3 semaines, 8–12 min chacune). Une imagerie de fluorescence et/ou Doppler laser est réalisée 1 fois/semaine (≤3 sessions). Des prélèvements sanguins hebdomadaires sont effectués sous anesthésie (~5 min). Chez le lapin, après pré-anesthésie (20–30 min), une anesthésie injectable est induite. Une incision à la base de l’oreille permet la ligature de deux artères (ischémie partielle) et une dénervation locale. L’incision est suturée et 4 à 6 plaies sont réalisées (~20 min). Une collerette est portée jusqu’à 10 jours, avec pansements quotidiens. Le suivi dure jusqu’à 28 jours avec évaluations 3 fois/semaine (~10 min) et une imagerie Doppler hebdomadaire sous anesthésie légère (~30 min). Les animaux seront soumis traités selon les voies d’administrations suivantes :voie orale, intrapéritonéale ou intraveineuse caudale jusqu’à 1 fois/jour pendant 3 semaines ; voie topique tous les 2 jours sous anesthésie légère (10–11 applications) ; voie sous-cutanée périlésionnelle ponctuelle (≤4 sites). Chaque administration dure < 2 min.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les procédures expérimentales impliquent l’induction de plaies cutanées (excisionnelles ou par brûlure), des interventions chirurgicales (ischémie, neuro-ischémie) et des manipulations répétées, susceptibles d’entraîner des nuisances transitoires chez les animaux. Une douleur post-opératoire est attendue après l’induction des plaies et les gestes chirurgicaux, notamment dans les modèles de brûlures et de neuro-ischémie. Cette douleur est généralement modérée à aiguë dans les premières 24 à 72 heures, puis décroît progressivement avec la cicatrisation et la mise en place d’une analgésie adaptée. Une gêne locale liée aux plaies (inflammation, œdème, sensibilité) peut persister pendant plusieurs jours à semaines, en fonction du modèle et de la profondeur des lésions. Une perte de poids transitoire peut être observée dans les jours suivant l’intervention, liée au stress, à la douleur ou à une diminution de la prise alimentaire. Cette perte reste généralement limitée et réversible en quelques jours avec une prise en charge adaptée. Une diminution temporaire de l’activité ou une mobilité réduite peuvent également être observées, en particulier après les procédures chirurgicales ou en présence de lésions douloureuses. Les manipulations répétées, incluant les anesthésies, les soins de plaies et les administrations de traitements, peuvent générer un stress modéré, bien que celui-ci soit limité par l’utilisation d’anesthésies adaptées et de techniques de contention minimisées. Dans certains cas, des comportements anormaux tels que le léchage ou le grattage des plaies peuvent survenir, nécessitant la mise en place de dispositifs de protection (pansements, collerettes). Dans les modèles d’ischémie ou de neuro-ischémie, des complications locales peuvent apparaître, telles qu’une cicatrisation retardée, une nécrose partielle ou une altération de la perfusion tissulaire, pouvant s’étendre sur plusieurs jours à semaines. De rares signes généraux, tels qu’une hypothermie ou une altération de l’état général, peuvent également survenir. L’ensemble de ces effets indésirables est encadré par une surveillance quotidienne et des mesures d’analgésie et de soins adaptées, permettant de limiter leur intensité et leur durée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort car des prélèvement seront réalisés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La stratégie de remplacement a été soigneusement évaluée en amont du projet. Des approches alternatives non animales existent dans le domaine de la cicatrisation cutanée, telles que les cultures cellulaires (kératinocytes, fibroblastes), les modèles 3D de peau reconstruite, les organoïdes ou encore les dispositifs « organ-on-chip ». Ces systèmes permettent d’étudier certains mécanismes cellulaires et moléculaires, ainsi que le criblage préliminaire de composés. Ils seront utilisés en amont pour sélectionner et caractériser les molécules candidates. Cependant, ces approches ne permettent pas de reproduire la complexité d’un organisme vivant, notamment les interactions dynamiques entre vascularisation, inflammation, système immunitaire, innervation et remodelage tissulaire, qui sont essentielles dans les processus de cicatrisation normale et pathologique, en particulier en conditions d’ischémie ou de neuro-ischémie. De plus, l’évaluation de dispositifs médicaux, de voies d’administration (topique, systémique) et de la pharmacocinétique/pharmacodynamie nécessite un organisme intégré. Ainsi, l’utilisation d’animaux vivants reste indispensable pour atteindre les objectifs du projet, qui visent à évaluer l’efficacité et la tolérance de nouvelles molécules et dispositifs dans des conditions physiopathologiques proches de l’Homme. Les modèles animaux sélectionnés permettent d’intégrer l’ensemble des paramètres biologiques impliqués et de générer des données translationelles robustes, non accessibles par des méthodes alternatives à ce jour.

2. Réduction

3R / Réduction :

La stratégie de réduction du nombre d’animaux s’inscrit pleinement dans le principe énoncé au 2° de l’article R-214- 105 du code rural et de la pêche maritime, visant à utiliser le nombre minimal d’animaux compatible avec des résultats scientifiquement valides et robustes. Le nombre d’animaux a été déterminé sur la base d’une analyse de puissance statistique intégrant une variabilité attendue de 25 à 30 %, une différence minimale détectable de 20 à 30 % entre groupes et une puissance d’environ 70 %, conduisant à des effectifs réduits, notamment grâce à des mesures répétées sur un même animal. Plusieurs approches sont mises en œuvre pour limiter le nombre d’animaux. Chaque animal constitue sa propre référence interne lorsque cela est possible, par exemple via des comparaisons intra-individuelles entre zones traitées et témoins, ce qui réduit significativement la taille des groupes. Le recours à des études pilotes permet d’optimiser les conditions expérimentales et d’éviter la mise en œuvre d’études de plus grande envergure non informatives. L’utilisation d’imagerie non invasive, incluant le suivi photographique longitudinal, l’imagerie de fluorescence et le Laser Doppler, permet de réaliser des mesures répétées dans le temps chez les mêmes individus, réduisant ainsi le besoin en animaux supplémentaires. Des approches de modélisation et des tests in vitro sont utilisés en amont pour sélectionner les candidats les plus prometteurs et limiter les essais in vivo. Le partage et la valorisation des tissus prélevés pour des analyses multiples maximisent l’information obtenue par animal. Les plans expérimentaux sont conçus selon des schémas randomisés avec groupes parallèles limités au strict nécessaire. Les analyses statistiques reposent sur des tests adaptés aux donnéespermettant une exploitation optimale des données tout en limitant le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La stratégie de raffinement appliquée dans ce projet s’inscrit dans le principe défini au 2° de l’article R.214-105 du code rural et de la pêche maritime et vise à réduire au maximum la douleur, la souffrance, l’angoisse et les dommages durables infligés aux animaux, tout en garantissant la qualité scientifique des données. Les procédures sont réalisées sous anesthésie générale adaptée à chaque espèce, avec une prémédication permettant de réduire le stress, potentialiser les agents anesthésiques et limiter les sécrétions. Une analgésie multimodale est mise en place de manière préventive et curative, incluant opioïdes, anti-inflammatoires et anesthésiques locaux, avec réévaluation régulière et ajustement si nécessaire. Des soins post-opératoires rigoureux sont assurés, incluant surveillance rapprochée, maintien de la température corporelle, hydratation, nettoyage des plaies et renouvellement des pansements. Des dispositifs de protection (pansements, collerettes souples) sont utilisés pour prévenir l’auto-mutilation. Une surveillance clinique quotidienne, voire biquotidienne en phase aiguë, permet de détecter précocement tout signe de douleur ou de détresse, sur la base de scores incluant comportement, posture, prise alimentaire, état des plaies et poids corporel. Des points limites prédéfinis, précoces et prédictifs, sont appliqués afin d’intervenir rapidement ou d’euthanasier l’animal si nécessaire. Les conditions d’hébergement sont optimisées avec enrichissement du milieu (abris, matériaux de nidification, objets manipulables), limitation du stress social et adaptation des manipulations. Une habituation progressive des animaux aux manipulations est réalisée lorsque possible afin de réduire l’anxiété. Le recours à des techniques d’imagerie non invasive, telles que le suivi photographique, l’imagerie de fluorescence ou le Laser Doppler, permet un suivi longitudinal des animaux sans procédures invasives répétées, réduisant ainsi les nuisances et le nombre d’interventions. Enfin, un processus d’amélioration continue est mis en place tout au long du projet, intégrant les retours d’expérience, les recommandations de la littérature scientifique et les échanges avec le vétérinaire et la structure du bien-être animal. Toute nouvelle technique validée permettant de réduire l’impact des procédures (nouveaux protocoles analgésiques, méthodes d’imagerie, conditions d’hébergement) sera intégrée de manière proactive afin d’améliorer en continu le niveau de raffinement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les espèces choisies (souris, rats et lapins) sont complémentaires et adaptées aux objectifs du projet. Les rongeurs permettent un criblage rapide, reproductible et bien caractérisé des mécanismes de cicatrisation et des effets pharmacologiques, avec de nombreux outils biologiques disponibles. Le rat offre une taille compatible avec des procédures plus techniques et des suivis répétés. Le lapin présente une peau, une vascularisation et une cicatrisation plus proches de l’Homme, particulièrement pertinentes pour les modèles d’ischémie et de neuro-ischémie ainsi que pour l’évaluation de dispositifs médicaux. Cette approche multi-espèces permet d’optimiser la transposabilité des résultats tout en limitant l’utilisation d’animaux de plus grande taille aux étapes nécessaires. Chez la souris, les animaux utilisés seront des adultes jeunes, âgés de 5 à 12 semaines au moment des procédures. Ce stade correspond à un organisme mature avec un système immunitaire et des capacités de cicatrisation pleinement fonctionnels, tout en limitant la variabilité liée au vieillissement. L’utilisation d’animaux adultes permet également une meilleure reproductibilité des modèles de cicatrisation et une comparaison pertinente avec des données de la littérature. Les stades fœtaux, nouveau-nés ou non sevrés ne sont pas adaptés aux procédures prévues, notamment en raison de leur fragilité et de l’immaturité des systèmes physiologiques impliqués. Chez le rat, les animaux seront également utilisés au stade adulte jeune, généralement entre 5 et 12 semaines. Ce choix permet la réalisation de procédures techniques (chirurgie, suivis répétés, imagerie) dans des conditions optimales, grâce à une taille corporelle suffisante et une physiologie stabilisée. Comme pour la souris, ce stade garantit une réponse inflammatoire et une cicatrisation représentatives, tout en évitant les biais liés au développement ou au vieillissement. Chez le lapin, des animaux adultes seront utilisés, âgés de 6 à 12 semaines. Ce stade est choisi pour assurer une taille et une anatomie compatibles avec les procédures de neuro-ischémie auriculaire et les prélèvements répétés. Il permet également d’obtenir une cicatrisation cutanée et une vascularisation proches de celles observées chez l’Homme, renforçant la pertinence translationnelle du modèle. Les stades précoces ne sont pas retenus en raison de contraintes techniques et physiologiques incompatibles avec les objectifs du projet.