
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-644226)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La pandémie de COVID-19 a démontré que les vaccins constituent un outil puissant dans la lutte contre les maladies infectieuses. Cependant, la menace de virus nouveaux et ré-émergents demeure. Ce projet a donc pour objectif de développer des modèles précliniques pour jusqu’à 15 virus pathogènes humains (ou modèles de pathogènes humains) à potentiel pandémique et de les utiliser pour mettre au point et tester de nouveaux vaccins et stratégies thérapeutiques afin de se préparer aux menaces futures posées par ces virus.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le but ultime de ce projet est la mise à disposition de vaccins préventifs et de traitements thérapeutiques contre des maladies infectieuses transmissibles, à risque pandémique, d’impact majeur en santé publique. A court terme, ce projet permettra d’identifier des modèles de souris utiles pour le développement de mesures préventives et thérapeutiques, notamment contre des virus à potentiel épidémique, voire pandémique. A long terme, ce projet permettra de faire progresser les connaissances fondamentales importantes pour comprendre le développement de diverses infections virales. Ces connaissances sont un enjeu majeur au vu des émergences et réémergences actuelles et futures de certains de ces virus en Europe et dans le monde, et au vu des conséquences dramatiques de ces infections virales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– prélèvement sanguin (1 à 5 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 à 4 semaines) – injection dans l’abdomen (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 jour à 1 mois) – injection dans la veine (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 jour à 1 mois) – injection dans le muscle (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 semaine à 1 mois) – injection sous la peau (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 jour à 1 mois) – injection dans les narines (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 semaine à 1 mois) – injection dans la peau (1 à 6 par animal, durée : quelques secondes, intervalle 1 semaine à 1 mois)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le projet s’articule autour de 4 procédures dont 3 de sévérité modérée et une de sévérité légère. Les injections et les prélèvements sanguins de petits volumes ne requièrent qu’une contention et l’introduction d’une aiguille selon les bonnes pratiques vétérinaires. Pour ce geste, les animaux sont susceptibles d’éprouver une douleur légère de courte durée. Certains prélèvements nasaux peuvent être irritants ou causer des saignements. Effets indésirables potentiels liés à l’administration de produits vaccinaux (antigènes, vecteurs ou adjuvants) prophylactiques ou thérapeutiques chez les animaux : – stress au moment des gestes d’injection et prélèvements – douleurs au point d’injection (musculaires, sous-cutanées) – douleurs musculaires systémiques liées à l’inflammation Par conséquent, l’impact principal de nos procédures proviendra de l’infection virale elle-même. Dans certains cas (selon la souche virale, la lignée de souris, la dose infectieuse, la voie d’infection), l’infection aura un impact très modéré sur l’état de santé des souris, avec une perte de poids inférieure à 5 % et transitoire (quelques jours). Dans d’autres cas, les souris pourront développer une perte de poids plus importante, une apathie et des troubles neurologiques tels qu’une paralysie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure car une nécroscopie est prévue à la fin de chaque expérience pour déterminer la charge virale dans plusieurs organes et/ou pour évaluer les réponses immunitaires aux virus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas d’alternatives non-animales dans le domaine de la recherche préclinique sur des pathogènes humains, les vaccins et les immunothérapies. En l’absence de telles alternatives, l’utilisation d’animaux vivants dans les procédures expérimentales est prévue pour atteindre les objectifs du projet. L’étude des réponses immunitaires aux pathogènes humains implique d’observer des phénomènes biologiques complexes et nécessite donc l’utilisation d’un organisme vivant entier avec un système immunitaire développé. Tester l’efficacité d’une immunothérapie contre des pathogènes humains nécessite également la présence d’un système immunitaire développé chez les sujets impliqués dans le test. Dans ce contexte et en premier choix, nous avons opté pour un modèle non-primate, mais présentant une organisation tissulaire et un système immunitaire proche de l’Homme. Ainsi, le modèle souris est utilisé pour ce projet.
2. Réduction
Sur la base sur nos expériences antérieures, nous avons optimisé notre approche expérimentale afin de limiter autant que possible le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la robustesse scientifique de nos résultats. 1. Optimisation de la taille des cohortes : nos calculs de puissance statistique ont été réalisés en amont par une analyse biostatistique afin de déterminer le nombre minimal d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats significatifs avec une puissance de 80 % tout en évitant une surutilisation. 2. Maximisation des données obtenues par animal : nous utilisons des approches permettant de récolter plusieurs donénes sur un même animal (étude des réponses humorales et cellulaires), ce qui permet d’exploiter pleinement chaque individu et d’éviter la nécessité de cohortes supplémentaires pour différentes analyses. 3. La standardisation de nos protocoles expérimentaux permet de minimiser la variabilité et donc de limiter le nombre d’animaux nécessaires pour atteindre une significativité statistique. Nous utiliserons plusieurs virus et testerons plusieurs candidats vaccins. Lorsque cela sera nécessaire, des études pilotes seront réalisées en amont des études principales pour établir la dose et la voie optimale d’administration si ces informations ne sont pas connues de nos collaborateurs ou dans la littérature. En combinant ces stratégies, nous nous engageons à minimiser le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la pertinence scientifique de nos travaux. Tous les animaux seront mis à mort à la fin de cette procédure expérimentale car ils auront reçu au moins une injection avec un virus, candidat vaccin ou molécule thérapeutique, ils ne pourront donc pas être réutilisés dans notre projet.
3. Raffinement
Les études pilotes prévus permettrons d’améliorer le suivi clinque des animaux et d’ajuster les points limites dans le cas où ces informations ne sont pas connues de nos collaborateurs ou dans la littérature. Les nouvelles substances seront utilisées seulement après évaluation préalable et d’accord de la SBEA. Les injections ou les prélèvements sanguins entraînent une douleur passagère et légère ne justifiant pas l’usage d’anesthésie ou d’analgésie. Les animaux seront surveillés après les injections (virus, candidats vaccins ou molécules thérapeutiques) et les prélèvements, et des soins seront pratiqués suite aux injections et prélèvements si nécessaire (massages et application d’eau tiède ou de sérum physiologique après l’injection ou le prélèvement, ajout d’un gel nutritif dans la cage). Concernant les infections, dans certains cas, elles auront un impact très modéré sur l’état de santé des souris. Dans d’autres cas, les souris pourront développer une perte de poids plus importante, une apathie ou des troubles neurologiques tels qu’une paralysie. Les animaux infectés seront surveillés quotidiennement pendant la période symptomatique, avec plusieurs points limites prédéfinis : un score clinique basé sur cinq critères, ainsi qu’un suivi de la perte de poids. Un gel nutritif sera placé dans les cages dès l’apparition de signes d’affaiblissement ou de paralysie, afin de garantir un accès facile à la nourriture pour les animaux les plus atteints. Enfin, les expérimentateurs seront formés à la reconnaissance précoce des signes de détresse et aux bonnes pratiques de manipulation. Les protocoles seront régulièrement réévalués afin d’intégrer les améliorations possibles en matière de bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
En vaccinologie et immunothérapie préclinique, il est recommandé de commencer par un modèle souris, d’évaluer en amont la toxicité chez d’autres modèles animaux plus gros (p. ex. rat, lapin), puis de valider l’immunogénicité des vaccins chez les primates non humains, avant de proposer une étude clinique chez l’Homme. Dans ce contexte, nous avons privilégié un modèle non-primate présentant une organisation tissulaire et un système immunitaire proche de l’Homme. Les modèles murins sont les plus pertinents pour étudier les réponses immunitaires, car leurs réponses humorales et cellulaires sont souvent de même nature et amplitude que les réponses humaines. Enfin, la dangerosité de la majorité des virus étudiés impose d’héberger les animaux en isolateurs, ce qui est réalisable pour les souris, mais beaucoup plus difficile dans d’autres espèces. Les animaux doivent être adultes et matures sur le plan immunologique (au moins 6 semaines). L’âge moyen des animaux pour la plupart d’expériences se situera entre 6 et 16 semaines. L’âge peut influencer l’importance, la qualité, et la durabilité des réponses immunes. Il est possible que, dans certains projets analysant les mécanismes d’action des vaccins et la variabilité de la réponse immune liés à l’âge ou l’état de l’hôte, des animaux plus âgés soient utilisés (jusqu’à 32 semaines).