
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-644412)
1 640 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Des cellules de tumeur mammaire humaine leur sont greffées sous anesthésie, puis elles reçoivent des injections répétées d’anticorps ou de candidats médicaments, jusqu’à une ou deux fois par jour pendant trente jours, ainsi que des prélèvements sanguins. Le porteur signale une perte de poids, une baisse de locomotion et des complications post-chirurgicales liées au développement de la tumeur. Toutes sont tuées pour prélever tumeurs et organes, le porteur jugeant « indispensable » le recours à la souris faute de modèle reproduisant l’environnement tumoral humain.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet faisant l’objet de la présente demande correspond à l’études précliniques dans un modèle tumoral mammaire chez la souris. Ce projet a pour objectif scientifique et technique de mettre en place et d’utiliser des modèles tumoraux mammaires chez la souris afin de tester l’efficacité d’anticorps ou de candidats médicaments et ainsi permettre d’accélérer le passage des résultats de la recherche fondamentale vers la clinique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va donc consister à la mise en place et l’utilisation au sein de notre animalerie de modèles orthotopiques mammaires en transplantant des cellules tumorales humaines, modifiées ou non génétiquement, permettant ainsi de mesurer l’efficacité des anticorps candidats médicaments. Il permettra ainsi de valider ou non l’intérêt d’un transfert vers la clinique pour ces anticorps/candidats médicaments.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Durant les expériences les animaux peuvent être soumis: – à des transplantations de cellules tumorales sur animaux anesthésiés réalisées en 30min par animal (1640animaux max), – à des injections d’anticorps/candidats médicaments sur des animaux vigiles ou sous anesthésie gazeuse. Ces injections sont réalisées 1-3x/semaine sur1 à 8 semaines en 2-5 min/animal ou 1-2x/jour pendant 30 jours max en 2 min/animal selon la voie d’injection choisie sur 1640 animaux, – à des prélèvements sanguins sur animaux vigiles ou anesthésiés et à des fréquences variables (de 1-3x/semaine pendant 4 semaines) d’une durée de 5 min/animal. Nous envisageons de réaliser ces prélèvements sur 1640 animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Suite à la procédure que nous réalisons dans ce projet, les animaux peuvent subir: – du stress lié à la manipulation des animaux lors des différentes injections, à l’anesthésie chimique, aux mesures de tumeurs au pied à coulisse ou par imagerie, – une perte de poids et de locomotion suite au développement de tumeur ou à un effet toxique des anticorps/candidats médicaments testés, -une déshydration suite à une anesthésie gazeuse, -des douleurs et complications post-chirurgicales suite à un acte chirurgical.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort à la fin de chaque procédure et dès que cela est possible des prélèvements de tumeurs, d’organes et de sang peuvent être réalisés pour être analysés immédiatement ou pour être stockés. Ce stockage pourra permettre d’obtenir une collection d’échantillons exploitables ultérieurement et ainsi éviter la réalisation de nouvelles procédures expérimentales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation des animaux (souris) lors de ces dernières phases des études précliniques pour tester l’efficacité de candidats médicaments est indispensable car aucun modèle de substitution ne permet à l’heure actuelle de recréer un environnement assez proche de celui retrouvé chez l’homme pour le développement tumoral. En effet, le développement tumoral implique des mécanismes et une complexité tissulaire impossible à reproduire à ce jour dans un autre modèle de substitution. Ainsi, seuls des modèles animaux adaptés permettent de reproduire un environnement proche de celui de l’homme qui est un élément crucial dans la réponse thérapeutique.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires par expérience sera calculé en se basant à la fois sur les données de la littérature, des expériences « pilotes » et un test statistique de puissance. Ne seront injectés aux souris que les anticorps pour lesquels un effet thérapeutique des anticorps aura été observé au préalable. Le suivi de l’effet des anticorps testés sera évalué au cours du temps par des méthodes peu invasives. Toutes les procédures expérimentales effectuées seront recensées numériquement sur le serveur permettant d’avoir une traçabilité et un suivi des expériences menées, incluant les souris utilisées, les anticorps testés, les résultats obtenus et leurs interprétations ainsi que toute observation ou information pouvant être utile par la suite.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement ont été optimisées pour réduire le stress des animaux : présence d’enrichissement dans les cages (Twist et coton plat), maintien des animaux en groupes de 4 à 5 afin d’éviter l’isolement et une période d’acclimatation de 7 jours est respectée systématiquement avant les manipulations. Afin d’atténuer la douleur chez l’animal, nous avons recours aux analgésiques ainsi qu’à l’anesthésie gazeuse et chimique lors de certains gestes techniques. Durant toute la durée d’une expérience, l’ensemble des animaux est observé quotidiennement pour s’assurer : des conditions adéquates de stabulation (paramètres environnementaux, litière, alimentation, boisson) et de l’état de santé des animaux (comportement, aspect physique), pesé 2 fois par semaine en temps normal et quotidiennement en cas d’apparition des premiers signes de détresse chez l’une des souris de l’expérience.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet nécessite l’utilisation d’une espèce animale de la classe des mammifères proche de l’Homme pour sa physiologie. Sur cette base, et en adéquation avec nos objectifs le modèle souris apparaît le plus pertinent. L’utilisation d’animaux (souris) permettra d’avoir un environnement permissif au développement tumoral et d’effectuer des greffes de cellules tumorales mammaires humaine chez un individu d’une espèce différente (souris) afin de tester l’efficacité des anticorps ou composés candidats médicaments. Enfin, la maîtrise zootechnique (élevage/confinement), les connaissances actuelles et la diffusion d’information dans le domaine scientifique font que le modèle murin est le plus adapté à la réalisation des objectifs de ce projet. Afin d’avoir un tissu épithélial mammaire bien développé et limiter les biais dans l’expérimentation dus à des animaux à des stades de développement différents, les animaux utilisés seront des souris femelles âgées de 6 à 10 semaines.