
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 22/10/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-651060)
Un animal prostré reçoit un antalgique, une plaie qui paraît infectée est désinfectée, une perte de poids trop marquée déclenche une injection de glucose : le suivi postopératoire de ce projet est biquotidien pendant 72 heures. 100 souris y sont utilisées, 80 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 20 opérées sous anesthésie sans jamais se réveiller. Maintenues en vie jusqu’à 19 mois pour être âgées, elles passent deux tests comportementaux de quatre jours au total, qui ne sont pas nommés, puis une chirurgie stéréotaxique de 45 minutes. Le prélèvement du cerveau, que le porteur juge « indispensable » aux analyses histologiques, impose leur mise à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif général de ce projet est d’étudier le rôle de protéines dans le développement et la morphologie des neurones de l’hippocampe. L’hippocampe est l’une des structures les plus atteintes lors du vieillissement menant à des altérations de la mémoire. Nous proposons d’analyser la mémoire chez des animaux âgés dont certaines protéines sont modifiées. Puis nous effectuerons des analyses histologiques du circuit de neurones de l’hippocampe de ces animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Mieux comprendre le rôle de protéines dans les altérations de la mémoire lié au viellissement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Vieillissement des animaux jusqu’à l’âge de 19 mois. Deux tests comportementaux d’une durée de 4 jours maximum au total. Une seule procédure chirurgicale d’une durée de 45 minutes maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des pathologies spontanées peuvent apparaitre au cours du vieillissement des animaux. La procédure chirurgicale peut entrainer une hypothermie, une infection de la plaie, une deshydratation de l’animal et une douleur modérée dans les 24h suivant l’acte chirurgical.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le prélèvement du cerveau est indispensable pour réaliser les études histologiques, necessitant la mise à mort des animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet s’intègre dans un projet plus global combinant différents travaux de recherche complémentaires allant de l’étude biochimique ou bio moléculaire au comportement. Beaucoup d’études « in-vitro » sont donc effectuées sur des cellules en culture en amont de l’utilisation de lignées d’animaux pour limiter au maximum leur utilisation. L’évaluation de la cognition et de la mémoire ne peut se faire que via des études comportementales qui nécessitent l’utilisation d’animaux.
2. Réduction
Afin d’utiliser le nombre minimal d’animaux mais de garantir la validité scientifique et statistique des résultats, nous avons évalué via la bibliographie et une étude empirique qu’un nombre minimum de 20 animaux par groupe est nécessaire pour notre expérience. Pour réduire de moitié le nombre d’animaux utilisés, les souris seront soumises aux 2 tests comportementaux et subiront également la chirurgie stéréotaxique pour les analyses morphologiques.
3. Raffinement
Pour améliorer au maximum le bien-être des animaux, toutes les mesures sont mises en place tout au long du projet. Les animaux sont tous portés de l’animalerie d’élevage à l’animalerie d’expérimentation, qui se trouvent dans le même bâtiment, sur des chariots en limitant au maximum bruits et secousses. Le transport est réalisé plusieurs mois avant le début des expérimentations. Les animaux sont élevés en cage collective enrichie avec un nid végétal, surveillés régulièrement et des points limites suffisamment précoces ont été mis en place. De plus concernant la chirurgie, un anti-inflammatoire et un anesthésique local sont administrés avant la chirurgie ainsi qu’un anesthésique (gazeux) pendant la chirurgie. Nous effectuons également un suivi postopératoire biquotidien pendant 72h (weekend compris), pour lequel nous avons établi des points limites précoces et des mesures conservatoires adaptées à chaque point limite (e.g. administration d’un antalgique si l’animal est prostré, désinfection d’une plaie paraissant infectée, injection de glucose si l’animal perd trop de poids malgré la nourriture humide mise à disposition dans sa cage etc…). Nos animaux sont habitués à la manipulation 1 à 2 semaines avant le début de l’expérimentation ou ils sont pesés tous les jours.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi d’utiliser la souris car les mutants génétiques de nos protéines d’intérêt ne sont actuellement disponibles que chez ce modèle animal. De plus, nous cherchons à comprendre comment certaines proteines peuvent affecter la formation in vivo du cerveau. Par définition, pour nos études intégrées évaluant le comportement animal (la mémoire), l’utilisation de techniques in vitro ou d’organismes d’une plus faible sensibilité neurophysiologique (invertébrés ou des plantes par exemple) n’est pas appropriée pour les questions auxquelles nous cherchons à répondre. L’utilisation de souris afin de comprendre la fonction des protéines et leur dysfonctionnement dans le cerveau est essentielle à ce projet. Au stade agés de 19 mois. Pour étudier le déclin cognitif liés à l’âge, il est indispensable d’utiliser des souris agées de plus de 18 mois.