Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

La moitié des 40 souris de ce projet est gavée, une minute par animal, et toutes passent une IRM sous anesthésie gazeuse dont le porteur reconnaît qu’elle expose à une défaillance cardiorespiratoire. Elles sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et tuées pour que leur cerveau serve à l’étude de la sénescence cellulaire. Le projet évalue si un médicament déjà testé chez l’humain limite l’atrophie cérébrale d’un modèle du syndrome de Cornelia de Lange, pour lequel aucune piste thérapeutique n’existe. Le porteur mentionne des études du comportement sans en décrire aucune, et affirme que son modèle murin « récapitule parfaitement » le phénotype des patients, dont les comportements auto-agressifs qu’il compte parmi les nuisances du projet.

NTS-FR-658154v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles nerveux ·
Mots-clés
syndrome de Cornelia de Lange, maladie rare, pathologie du developpement
Souris : 40

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le syndrome de Cornelia de Lange (CdLS) est un retard de développement accompagné de malformations du cerveau, du système auditif, du coeur et d’une partie du système digestif. La cause génétique de ce syndrome est une haploinsuffisance du gène Nipbl. Les enfants souffrant de CdLS sont de petite taille, doivent subir des chirurgies réparatrices, ne parlent souvent pas et ont des comportements auto-agressifs. Il n’y a aucune piste thérapeutique. Avec un modèle murin récapitule les symptomes des patients, nous avons trouvé que le syndrome induisait une sénescence (veillissement) embryonnaire programmée exacerbée. Des cellules sénescentes ont été identifiées dans tous les organes au cours du développement y compris dans le cerveau des nouveaux nés. Cette sénescence limite la migration des cellules ce qui est responsable des malformations cardiaques et potentiellement d’un défaut de migration des neurones voire de formation des connections inter neurones. Cette sénescence résulte d’une expression d’un facteur anormalement élevée. Un travail collaboratif a montré qu’un traitement des souris gestantes par un médicament bloqueur de ce facteur permet la naissance de souriceaux de taille normale sans malformation cardiaque et sans cellule sénescente y compris dans le cerveau. Il existe très peu d’études sur les anomalies cérébrales dans ce syndrome. Ces études post-mortem ou par imagerie montrent une atrophie du cerveau . Notre projet étudiera si le traitement des souris au sevrage et au cours de la maturation du cerveau peut limiter la sénescence cérébrale par imagerie in vivo. Cette méthode non invasive et quantitative permettra de faire une analyse du cerveau afin de comparer l’atrophie cérébrale chez des souris CdlS non traitées et traitées. Les anomalies du développement cérébral étant accompagnées de perturbations métaboliques, nous utiliserons une technique d’imagerie adaptée. Ceci permettra d’évaluer l’impact du traitement sur le cerveau.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Un effet positif du traitement sur les neurones impactant le développement et ou la maturation du cerveau serait un atout majeur et permettrait d’apporter pour la première fois une piste thérapeutique pour les patients qui n’en ont aucune jusqu’ aujourdh’ui. Ce projet ouvrirait les discussions avec les cliniciens qui s’occupent des enfants affectés par le syndrome quant à un médicament possible pour soulager certains symptômes neurologiques des enfants CdLS. Les méthodes IRM/SRM étant transversales, toute avancée dans la description du modèle pourrait potentiellement être utile au suivi neurologique des patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

20 souris seront gavées ; le protocole ne prend qu’ une minute par souris

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

1. Le phénotype des souris modèles du syndrome de Cornelia de Lange est potentiellement une nuisance; elles souffrent des mêmes symptômes que les patients , notamment des problèmes neurologiques ( agressivité). Un enrichissement accru des cages estdonc prévu. 2. La prise du médicament validé en essai clinique humain et par nos experiences passées chez la souris comme n’ayant aucune toxicité par gavage est une nuisance bien que courte lorsque pratiquée par un expérimentateur très habitué. Le processus ne prend qu’une minute. 3. Examen clinique par IRM sous anesthésie gazeuse : la seule nuisance ou effet indésirable possible pour ces animaux est la défaillance cardiorespiratoire sous anesthésie, un évènement rare lorsque l’ isoflurane est administré à faible dose. L’utilisation d’un monitoring physiologique pendant l’IRM permet de détecter les premiers signes d’alerte et d’interrompre immédiatement l’anesthésie ce qui permet le réveil rapide des animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux ayant été monitorés en études du comportement puis en IRM seront mis à mort pour prélèvement du cervaeau et étude de la sénéscence cellulaire au sein de ce dernier

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce projet sera conduit dans le strict respect de la règle des 3R. L’étude de l’impact de la délétion de Nipbl sur le développement cérébral et l’éventuelle correction de ces anomalies par le traitement necessite de recourir à l’animal car il n’existe aucune alternative. Il n’est pas possible d’obtenir ces informations par les organoides qui ne peuvent rendre compte du développement, de la maturation et du fonctionnement d’un organe aussi complexe que le cerveau. Il n’existe pas non plus de modèle informatique de la maladie.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce projet sera conduit dans le strict respect de la règle des 3R. Le nombre de souris a été calculé au plus juste en fonction des génotypes souhaités au moment des croisements tout en veillant à la significativité statistique des données obtenues y compris après calcul d ‘une puissance statistique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le raffinement concernera la diminution du stress par l’utilisation d’une anesthésie légère lors de l’IRM. Les animaux étant hébergées dans le même bâtiment que celui où sera réalisé l’imagerie, le délai d’acclimatation ne sera que de 2 à 3 jours. Une habituation à l’expérimentateur sera assurée lors de l’arrivée des animaux. Pendant les sessions d’imagerie, les animaux seront plongés sous anesthésie gazeuse afin d’éviter tout stress. Ils bénéficieront d’un monitorage physiologique continu (t° rectale, respiration) avec un système dédié au rongeur permettant d’adapter immédiatement l’anesthésie afin d’éviter toute situation de détresse cardio-respiratoire. Les conditions d’hébergement seront optimisées afin de diminuer les comportements agressifs, réduire l’ennui, et favoriser l’expression d’un maximum de comportements naturels (animaux hébergés en groupes sociaux dans de grandes cages, boisson et nourriture ad libitum, enrichissement avec nid végétal, tubes en plexiglas, cartons à ronger, fast-track, balançoires). Des points limites adaptés et précoces seront mis en place pour la procédure . Les souris sont visitées chaque jour incluant le week end par l’expérimentateur et sont conditionnées aux examens IRM.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris peut être facilement modifiée génétiquement. Notre modèle murin récapitule parfaitement le phenotype des patients. Elle est un bon modèle de biologie du développement, un avantage pour une pathologie du développement. Les stades « nouveaux nés et adultes post-sevrage » été choisis en pensant à la clinique humaine où il ne sera possible de traiter que de très jeunes bébés et enfants après leur naissance.