
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-677260)
Un poinçon dans l’oreille pratiqué sur animal vigile pour 1 101 souris, puis, pour 72 d’entre elles, une injection déclenchant une inflammation et deux prises de sang au niveau de l’œil sous anesthésie: ce projet génère un modèle de maladie inflammatoire responsable d’un trouble auditif. Les 72 souris de cette seconde procédure relèvent d’un niveau de souffrance sévère, les autres d’un niveau léger. Le porteur affirme que l’étude sur un « animal entier » est « indispensable » après des essais in vitro jugés insuffisants. Sur ces 1 101 souris, 138 sont tuées pour prélever des organes et 963 sont transférées vers d’autres projets de l’équipe ou de collaborateurs.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La réponse inflammatoire est généralement bénéfique pour l’organisme car elle le protège contre les infections et permet la réparation des tissus lésés à la suite d’une blessure. Cependant lorsque l’inflammation est chronique ou excessive, elle devient délétère causant des syndromes auto-inflammatoires pouvant causer jusqu’à la mort du patient. C’est notamment le cas d’une maladie inflammatoire associé à un état inflammation global caractérisée notamment par des atteintes cutanées. Une forme atypique de cette maladie est causée par des mutations dans une protéine impliquée dans la réponse inflammatoire et se manifeste principalement par une perte d’audition progressive associée à une inflammation générale faible à absente et sans manifestation cutanée. L’objectif de ce projet est de générer un modèle murin de cette maladie inflammatoire atypique et de l’étudier afin de comprendre comment une mutation particulière dans une protéine impliquée dans la réponse inflammatoire conduit à des symptômes atypiques (perte auditif progressif, avec inflammation systémique absente à modérée), alors que des mutations dans d’autres domaines de cette même protéine conduisent à une inflammation globale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra à court terme de mieux comprendre la maladie auto inflammatoire étudiée et plus spécifiquement, ses mécanismes physiopathologiques in vivo. De plus, l’utilisation des cellules immunitaires prélevées à partir de ces animaux, nous permettra d’étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires responsable de cette pathologie par des approches in vitro. A terme, ce projet pourrait permettre d’améliorer le diagnostic et de développer des traitements pour traiter les patients souffrant de cette maladie inflammatoire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à une biopsie sur l’oreille (1 poinçon d’oreille pendant 2 secondes pour prélever du tissus) sur animal vigile en début d’élevage. Une seule intervention de ce type qui dure moins de 5 secondes sera réalisée sur chaque animal vigile (1101 animaux maximum). Certains animaux (procédure 2, maximum 72 animaux) seront sujets à une injection d’un produit qui induit une inflammation dans le ventre de 10 secondes maximum sous anesthésie gazeuse, et de 2 prises de sang au niveau de l’œil de 30 secondes maximum, sous anesthésie gazeuse et locale au niveau de l’œil. En fin de procédure les animaux sont mis à mort par une injection d’une dose léthale d’anesthésique dans le ventre sous anesthésie gazeuse. Tous les animaux (1101 animaux maximum) sont susceptibles de recevoir une à trois injections sous la peau d’analgésiques (30 secondes maximum) s’ils présentent des symptômes d’auto-inflammation.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le prélèvement d’un bout d’oreille engendrera une douleur légère de courte durée. Les injections dans le ventre, la mesure de masse, la prise de température par voie rectale, la prise de sang au niveau de l’oeil, l’application de crème sur les lésions de la peau sont de potentielles sources de stress transitoire et/ou de douleur locale. L’inflammation pourrait conduire à une croissance retardée, à une perte localisée de poils ou à des boutons sur la peau qui pourraient évoluer vers des plaies, une grosse rate et un gros foie et un sentiment de mal être général associant fatigue générale physique et mentale. L’injection de produits bactériens pourrait conduire à ressentir les effets de l’inflammation systémique (hypothermie et à un mal être de l’animal).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Une partie des animaux de ce projet seront mis à mort pour prélever différents organes dans le but d’étudier les mécanismes de la réponse inflammatoire dans le cadre de la maladie étudiée. Les animaux non mis à mort dans ce projet seront utilisés pour d’autres projets de l’équipe ou de collaborateurs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’analyse des animaux est indispensable pour remplir les objectifs du projet et comprendre l’impact général des maladies auto-inflammatoires causant des troubles auditifs. Cette démarche fait suite à de nombreux essais in vitro sur des cellules. Néanmoins ces essais in vitro ne permettent pas de comprendre quel est le rôle à plus large échelle de cette inflammation. L’étude sur un animal entier est donc indispensable à visée exploratoire et nous utiliserons un modèle d’inflammation bien validés dans d’autres études.
2. Réduction
L’effectif annoncé est maximal (révisable à la baisse en fonctions des premiers résultats). Le calcul du nombre d’animaux par groupe a été réalisé afin de pouvoir mettre en évidence des différences biologiques entre les groupes. Au cours de chaque expérience, de multiples analyses utilisant des techniques différentes seront réalisées sur les différents prélèvements afin de minimiser le nombre de souris utilisé. L’utilisation des mâles et des femelles limitent ainsi la perte d’animaux.
3. Raffinement
Nous prévoyons les points de raffinement suivants : 1) hébergement dans des conditions stériles, et prise en compte scrupuleuse du bien-être dans toutes les procédures en termes de conditions d’élevage ; 2) optimisation des procédures expérimentales par retour d’expérience des projets précédents pour réduire au maximum l’inconfort et le stress subis par les animaux ; 3) surveillance régulière et appropriée, incluant les observations comportementales, afin de ne jamais induire un dépassement du point limite de souffrance ; 4) Minimisation de la fréquence de manipulation ; 5) Anesthésie lors de chaque gestes potentiellement douloureux (injection sous la peau, dans le ventre, prise de sang au niveau de l’œil) ; 6) Utilisation d’analgésique en cas de trop forte de température ou douleur ; 7) Utilisation d’armoire chauffante pour contrebalancer l’effet de l’hypothermie après l’injection de produits bactériens. Les protocoles sont calibrés après une étude rigoureuse de la littérature.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il est nécessaire pour les objectifs scientifiques du projet d’étudier un système intégré avec un fonctionnement proche de l’Homme. La souris est un modèle animal très pertinent car il est manipulable génétiquement et beaucoup d’outils sont disponibles pour suivre la physiologie de cet animal. L’inflammation dans le modèle souris est très proche de l’inflammation qui peut être observée chez l’homme. Les animaux seront suivis depuis leur naissance jusqu’à leur mort pour la recherche et/ou la surveillance d’un éventuel phénotype dommageable avec une attention particulière au stade néonatal, du sevrage et de l’adulte. Les expériences d’infections débuteront à l’âge de 7 semaines ce qui correspond à l’âge adulte