Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le système immunitaire permet de protéger l’organisme face, entr’autres, à des infections virales. Certaines cellules du système immunitaire sont capables de reconnaitre spécifiquement les cellules infectées et de les détruire. Ces cellules appelées “cellules tueuses” ont besoin d’énergie et différentes sources d’énergie sont disponibles dans l’organisme. De manière intéressante, les “cellules tueuses” peuvent, au cours de leur vie, utiliser différentes sources d’énergie pour fonctionner, mais les mécanismes moléculaires qui les contrôlent restent peu, voire pas, connus. Ce projet vise ainsi à étudier les mécanismes moléculaires qui permettent de fournir l’énergie nécessaire au bon fonctionnement des “cellules tueuses”, afin de garantir une bonne défense de l’organisme contre les infections virales. Pour cela, nous utiliserons différents modèles de souris génétiquement modifiées. Ces souris seront infectées par un virus que nous utilisons en routine au laboratoire et les souris seront utilisées différents temps après infection. Après mise à mort des animaux, des organes seront prélevés pour des analyses de biologie moléculaire et cellulaire.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les “cellules tueuses” sont très importantes pour combattre les infections et les cancers. Les résultats attendus permettront de combler le manque de connaissances concernant l’utilisation d’énergie au cours d’une infection virale, et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques pour moduler leurs fonctions. De plus, beaucoup d’antibiotiques ont pour effet secondaire de moduler l’utilisation de ressources énergétiques dans l’organisme. Les résultats de cette étude pourraient aider à affiner l’utilisation de classes d’antibiotiques afin de limiter les effets délétères sur les réponses immunes.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : – Injection (sous brève anesthésie gazeuse) : 1 fois par animal – durée 30 secondes ; – Injection (pour anesthésie profonde) : 1 fois par animal – durée 30 secondes; – Infection par inhalation (sous anesthésie profonde) – 1 fois par animal – durée 30 secondes par narine; Prélèvements sanguins (sous brève anesthésie gazeuse) : 1 fois par mois pendant 12 mois ou 1 fois, juste avant la mise à mort – durée 30 secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables possibles sont: i) une légère douleur et un stress généré par les prélèvements sanguins; ii) une légère douleur générée par les injections (pour l’anesthésie profonde); iii) le stress généré par la procédure d’inoculation du virus par inhalation; iv) une perte de poids transitoire générée par l’infection virale qui sera contrôlée; v) un léger délai de cicatrisation en cas de blessure qui pourrait survenir suite à une bagarre.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de pouvoir prélever les organes et effectuer des analyses cellulaires et moléculaires afin de comprendre l’origine des apports énergétiques des cellules tueuses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La réponse immunitaire anti-virale est un phénomène biologique complexe faisant intervenir de multiples types cellulaires et une organisation spatiale qui rend impossible son étude dans des tests in vitro. De plus, les données de la littératures indiquent que l’étude des cellules tueuses in vitro ne reproduisent pas les utilisations énergétiques observées in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons calculé par des approches statistiques, le nombre minimum d’animaux nécessaire pour pouvoir interpréter les variations expérimentales que nous attendons. Le nombre d’animaux a été réduit au maximum sans toutefois compromettre une analyse robuste des résultats. De plus, une optimisation des protocoles a été réalisée in vitro en amont, afin de réduire au maximum le nombre d’animaux requis pour les analyses moléculaires (qui demandent beaucoup de matériel cellulaire). Enfin, les nombres estimés d’animaux requis pour chaque procédure sont des nombres maximum d’animaux. En fonction des résultats obtenus à certains points temps, ces nombres pourront être réduits, comme indiqué pour chaque lot d’animaux au sein de chaque procédure.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin de réduire la souffrance, le stress et la douleur de l’animal, i) les infections par inhalation seront réalisées sous anesthésie profonde et la température corporelle des animaux sera maintenue jusqu’au réveil de l’animal; ii) les prélèvements de sang seront réalisés sous anesthésie gazeuse après application d’un anestésique local; iii) des points limites assez prédictifs et définis pour chaque procédure ont été établis afin d’anticiper tout effet dommageable sur les animaux; iv) nous assurerons une surveillance adaptée à chacune des procédures ou étape au sein d’une procédure, comme décrit au sein de chaque procédure.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle souris a été choisi car il permet de réaliser des expériences dans des animaux génétiquement modifiés et d’étudier les conséquences d’un gène invalidé ou muté, sur les réponses des « cellules tueuses ». De plus, la souris est une espèce dans laquelle un grand nombre d’outils sont disponibles, permettant des analyses précises. Adultes de 6 semaines à 12 mois : le système immunitaire de ces animaux doit être complètement mature et non vieillissant au moment de l’infection (entre 6 et 12 semaines, le système immunitaire des souris est stable, selon nos expériences antérieures) et certains animaux seront gardés jusque 1 an après infection. Pour la procédure d’élevage, des adultes à partir de 6 semaines seront utilisés et gardés jusqu’à l’âge de 8 mois maximum (changement des couples reproducteurs tous les 6 mois).