
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-679549)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La dénutrition associée à une altération de l’absorption intestinale est un phenomène couramment observé après une chirurgies de l’intestin ou une chimiotherapie. Nous souhaitons développer un protocole expérimental chez la souris permettant de tester l’hypothèse selon laquelle un probiotique ou ses derivés peuvent améliorer l’absorption intestinale chez le sujet adulte dont la fonction intestinale est dégradée. Un probiotique se définit comme un micro-organisme vivant qui, lorsqu’il est ingéré en quantité suffisante, exerce des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels. Nous espérons ainsi, dans ce modèle murin, améliorer la fonction intestinale par cet apport de probiotique. Dans un premier temps nous mettrons en place et caractériserons un modèle de chimiothérapie chez la souris. Dans un second temps, nous étudierons comment un traitement par un probiotique ou ses dérivés peut limiter les effets de cette chimiothérapie. Cette étude permettera de mieux comprendre l’influence du microbiote sur les phénomènes de dénutrition chez l’adulte. Nous espèrons également pouvoir ainsi, par l’apport de probiotiques ou de leurs dérivés, améliorer l’absorption intestinale et ainsi limiter les effets secondaires d’une chimiothérapie. A terme, l’utilisation de ses probiotiques pourrait permettre d’améliorer l’efficacité d’une renutrition des patients adultes après une chirurgie intestinale ou lors d’une chimiothérapie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet devrait permettre de mieux comprendre les mécanismes physiologiques de la dénutrition et l’implication du microbiote dans ce phénomène. De plus, nous espérons à l’aide d’un probiotique ou de ses dérivés pouvoir, en ameliorant l’absorption intestinale, limiter les effets secondaires d’une chimiothérapie et améliorer l’effet d’une renutrition. Cela pourrait à terme, par exemple, permettre d’envisager un traitement probiotique des patients traités par chimiothérapie afin de limiter les éffets secondaires associés, mais aussi des patients ayant subit une intervention chirurgicale de l’intestin qui souffrent également d’une altération de la fonction intestinale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Individualisation des animaux : 98 souris au maximum pendant une durée maximum de 37 jours. – Restriction alimentaire : 98 souris maximum pendant 21 jours – Prélèvement de sang sur l’animal anesthésié : 2 à 3 fois maximum pour 102 souris maximum,cela prend moins d’une minute. – 5 Injections dans le ventre sur l’animal vigile : 102 souris maximum, le geste prend moins d’une minute. 4 injections sous la peau sur animal vigile : 102 souris maximum, le geste prend moins d’une minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet ne devrait entrainer que des nuisances modérées chez les animaux : – Le stress lié au traitement par chimiothérapie est limité à 4 jours ce qui ne devrait pas induire d’effet secondaire – La sensation de faim associée à une restriction calorique de 40% de leur prise alimentaire moyenne pendant un temps limité de 21 jours – Le stress associé à l’individualisation des animaux pendant la durée de l’expérience en cas de restriction calorique. Cette individualisation sera prolongée à la phase de renutrition à satiété. En effet, après individualisation la remise en groupe des animaux pendant la période de renutrition risquerait de provoquer des combats pouvant induire des blessures graves voire la mort des animaux. Pour éviter un biais expérimental sur les conditions d’hébergement, nous devrons également individualiser les animaux contrôles non soumis à une restriction calorique. – Le stress associé à la pesée des animaux qui ne prend que quelques secondes et ne necessite pas de contention de l’animal – Le stress associé aux prélèvements sanguins qui seront espacés d’au moins 7 jours. Ces prélèvements se feront sous anesthésie – Le traitement par un probiotique ou ses dérivés qui se fera par voie orale à la pipette en déposant délicatement dans le coin de la joue une petite quantité de solution qui sera alors volontairement déglutis par l’animal. Ce traitement qui se fera après avoir contentionné la souris dure moins d’une minute. le stress induit par une injection dans le ventre et la contention associée de moins d’une minute. le stress associé à une injection sous la peau et la contention associée de moins d’une minute.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort afin de collecter différents organes en vue d’analyses ultérieures
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Cette étude implique une réponse intégrée de l’organisme et de son microbiote à une chimiothérapie éventuellement associée à une restriction calorique ce qui nécessite une étude chez l’animal. Aucun modèle in vitro ne permet de reproduire la complexité d’un organisme dans son entier et des interactions avec sa flore dans ce contexte de restriction. C’est pourquoi cette étude nécessite d’expérimenter sur l’animal. Des études précédentes, laissent supposer un effet potentiel des probiotiques utilisés dans le contexte étudié.
2. Réduction
Nous avons prévu des expériences pilotes afin d’utiliser un minimum d’animaux pour mettre en place le modèle. De plus, le nombre d’animaux a été réduit au maximum pour permettre une analyse statistique pertinente des résultats obtenus. Nous avons prévu de réaliser ce projet de manière séquentielle et de ne réaliser les procédures que si les résultats précédents le justifie. Dans une optique de réduction, nous allons également prélever en fin de procédure l’ensemble des organes qui pourraient nous intéresser (muscle, foie, tissu adipeux, par exemple) mais sur lesquels nous n’avons pas forcemment prévu de travailler pour le moment et les conserver au congélateur pour d’éventuelles analyses ultérieures
3. Raffinement
Afin de limiter les nuisances sur le bien-être des animaux au cours de ce projet expérimental, nous n’utiliserons que des animaux de plus de 20g au debut du projet. Les animaux seront pesés à minima toute les semaines afin d’identifier tout signe de souffrance que les animaux pourraient développer en cours d’expérimentation. La prise alimentaire sera également mesurée pour vérifier que les animaux s’alimentent correctement. Les prélèvements sanguins se feront sous anesthésie suivis d’un point de compression jusqu’à l’arrêt complet du saignement. En cas de restriction calorique, les animaux seront individualisés dans des cages transparentes pour maintenir un contact visuel avec leurs congénères. Ils auront un environnement enrichi afin de pouvoir exprimer au mieux leur répertoire comportemental (abri, morceau de bois, matériel de nidification en quantité importante). Le traitement probiotique ou par ses dérivés se fera en déposant délicatement une petite quantité de solution dans le creux de la joue. Pour chaque procédure, des points limites adaptés ont été définis et seront appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris, qui est un animal omnivore, est un modèle classique en nutrition humaine. En raison de la connaissance de son microbiote, et des modèles disponibles, il s’agit d’un modèle préclinique de choix pour étudier la flore dans une étude nutritionnelle. Afin de pouvoir modéliser les effets d’une chimiothérapie chez l’adulte, il est nécessaire d’utiliser des animaux adultes. Nous utiliserons donc des souris mâles de 13 semaines au début de l’expérience (10 semaines à l’arrivée dans l’établissement).