
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-10-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-682453)
8 120 souris et 120 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Les molécules candidates leur sont administrées sous la peau, dans la veine, dans l’abdomen ou par gavage, avec des prises de sang à la queue jusqu’à trois fois en deux heures, et pour la dernière expérience un gavage quotidien pendant quatorze jours destiné à trouver la dose maximale supportée. Les souris utilisées portent une maladie neurodégénérative dont les symptômes moteurs et mentaux s’aggravent avec l’âge, et le porteur reconnaît que la toxicité des doses testées peut provoquer des effets secondaires. Rien dans le texte n’explique comment on arrive à 8 240 animaux : le porteur décrit seulement quatre expériences enchaînées, chacune conditionnée aux résultats de la précédente.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des études in vitro récentes ont permis de découvrir une molécule permettant de retarder l’évolution d’une maladie neurodégénérative liée à un défaut génétique bien identifié. Ce projet vise donc à trouver d’autres molécules, dérivées de la molécule initiale, dont les propriétés chimiques auraient des effets optimaux sur le traitement de cette maladie par rapport à la molécule initiale. Nous vérifierons d’abord si ces nouvelles molécules présentent un meilleur potentiel thérapeutique que la molécule initiale. Si c’est le cas, parmi tous les candidats, nous sélectionnerons les 3 meilleurs afin de réaliser une étude d’efficacité sur le long terme. Enfin, nous procéderons à des tests sur les 3 molécules sélectionnées pour déterminer la dose maximale sans danger pour l’organisme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à trouver des molécules qui soient aussi efficaces, voire plus, avec de meilleures propriétés chimiques. Une molécule qui se dissout bien et est bien absorbée peut être prise par voie orale, ce qui permet de réduire la dose nécessaire pour obtenir l’effet thérapeutique. Cela diminue également le risque d’effets secondaires indésirables, qui sont souvent la raison pour laquelle les patients arrêtent leur traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Quatre voies d’administration différentes seront testées : injection sous-cutanée, injection intra-veineuse, injection intra-péritonéale et gavage oral. Quelle que soit la voie, l’administration du médicament sera réalisée par un geste d’une durée inférieure à 30 secondes pour limiter le possible stress engendré par l’administration du traitement. Dans la 1ère expérience, du sang sera prélevé à la queue à 3 reprises au cours des 2h suivant le traitement. Ce geste sera limité à 30 secondes. Dans la 2e expérience, du sang sera prélevé à la queue juste avant le traitement, puis 1h, 3h et 6h après. Ce geste sera limité à 30 secondes. Dans la 3e expérience, du sang sera prélevé à la queue tous les mois (un seul prélèvement/animal/mois) durant toute la durée du traitement. Ce geste sera limité à 30 secondes. Dans la 4e expérience, les animaux seront quotidiennement traités par gavage oral pendant 14 jours. Au 14e jour, du sang sera prélevé à la queue de chaque animal. Ces deux gestes auront une durée inférieure à 30 secondes chacun.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle animal de cette maladie présente des symptômes moteurs et mentaux qui s’aggravent progressivement avec l’âge. Un stress lié à l’administration du traitement est possible. Le prélèvement sanguin peut aboutir à une légère baisse du volume sanguin. Des effets secondaires dus à une toxicité des doses testées peuvent être observés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort de l’ensemble des animaux se justifie par le besoin de prélever les cerveaux. Ces derniers serviront à réaliser des analyses biologiques qui nous permettront de comprendre le mécanisme d’action du traitement et de démontrer que les symptômes de la maladie sont atténués voire résorbés par le traitement.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous cherchons à étudier les effets d’un traitement avec nos médicaments sur l’amélioration et l’apparition des symptômes de la maladie. Pour cela, nous devons obligatoirement passer par une étude animale car aucun modèle cellulaire ne permet actuellement de mimer fidèlement les traits comportementaux de la maladie et de reproduire la complexité d’un organisme vivant. Notre projet correspond ainsi à un travail de préclinique visant à mettre au point des études cliniques qui seront conduites chez les patients atteints de cette maladie.
2. Réduction
Dans un souci de réduction du nombre d’animaux utilisés, nous avons conçu notre projet de façon progressive. Ainsi, le projet est constitué de 4 expériences indépendantes : l’expérience 2 ne sera réalisée que si l’expérience 1 a montré des résultats satisfaisants et ainsi de suite. Si dès l’expérience 1 les résultats ne sont pas satisfaisants, l’étude sera arrêtée et les expériences 2, 3 et 4 ne seront pas réalisées.
3. Raffinement
Ce projet vise à concilier une interprétation fiable des résultats et le respect du bien-être animal. Les animaux seront hébergés dans des cages en respectant les normes en vigueur. Les animaux seront surveillés pendant toute la durée de l’étude, de façon à prévenir toute survenue de points limites (poils hérissés, prostration, isolement dans la cage), et leur poids sera évalué de façon quotidienne. Le traitement sera administré par le personnel compétent, permettant ainsi de limiter au maximum le stress associé à ce geste.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les études précédemment réalisées avec cette molécule ont été faites chez la souris. Dans un souci de cohérence et afin de pouvoir compléter nos données, la présente étude sera également réalisée chez la souris. Puisque l’étude vise à montrer qu’un traitement améliore les symptômes voire retarde leur apparition, notre étude sera réalisée sur des souris adultes présentant les symptômes de la maladie. Enfin, l’utilisation du rat adulte, en parallèle de la souris, pour l’étude de toxicité se justifie par le fait qu’elle prépare aux futures études de toxicité exigées par la réglementation et qui doivent être réalisées chez le rat.