
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-687130)
129 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules de glioblastome sous la peau du flanc, puis dix injections de prodrogue étalées sur cinq semaines, ou la chimiothérapie de référence cinq jours de suite tous les 28 jours, avant une séance d’imagerie sous anesthésie de moins d’une heure et la mise à mort. Une partie d’entre elles est immunodéprimée, ce qui les expose à un risque d’infection, et les molécules administrées peuvent provoquer une perte de poids et une gêne à la locomotion quand la tumeur devient encombrante. Le porteur annonce une prodrogue active uniquement dans la tumeur, donc « sans effets secondaires » sur les tissus sains, affirme qu’aucun modèle alternatif n’existe, et dit tirer de ses essais antérieurs des arguments en faveur d’une « efficacité redoutable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour but d’évaluer une nouvelle thérapie plus efficace que la chimiothérapie de référence. Pour cela notre stratégie en deux temps repose sur l’utilisation de nouvelles molécules, délivrant de manière ciblée un agent chimiothérapeutique au sein même des glioblastomes. Cette prodrogue activable transporte une molécule de chimiothérapie sous sa forme inactive, et n’est activée uniquement au sein de la tumeur, présentant donc une efficacité maximale, sans effets secondaires, sur les tissus sains où elle reste sous sa forme inactive. Nous validerons cette approche chez l’animal immunocompétent, permettant d’évaluer sa réponse immunitaire contre le cancer, et chez l’animal immunodéprimé pour évaluer la réponse sur une tumeur humaine. Notre approche s’inscrit dans un contexte de médecine de précision. Une fois validée chez le petit animal, cette stratégie pourrait être appliquée chez l’homme très rapidement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’administration contrôlée d’agents anticancéreux améliorera l’efficacité des systèmes moléculaires proposés sur le glioblastome, et augmentera ainsi les bénéfices en termes de survie et de qualité de vie des patients. Si cette approche se révèle efficace sur ces modèles de glioblastomes, elle pourrait être mise à profit pour beaucoup d’autres types de tumeurs. Cette stratégie de prise en charge pourrait potentiellement devenir universelle, quel que soit le type de tumeurs.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront une unique injection de cellules tumorales sous la peau (durée 2 minutes). Pour tous les groupes traités en deux temps par la prodrogue, le traitement sera administré 1 fois tous les 7 jours pour 5×2 injections au total (durée de l’acte
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour ce protocole, l’implantation tumorale sur le flanc des souris entrainera un léger stress à l’implantation, et sera réalisé sous anesthésie volatile. Chez ces animaux, il est possible qu’ils ressentent une faible gêne lors de la locomotion suite à l’encombrement que la tumeur peut engendrer. Les animaux immunodéprimés présenteront un risque faible d’infection. Les protocoles d’imagerie entraineront un stress bref et modéré lié à l’injection des agents d’imagerie à des animaux vigiles. Les administrations de molécules thérapeutiques entraineront un stress bref et modéré lié à l’injection des molécules à des animaux vigiles. Ces molécules thérapeutiques (chimiothérapie de référence et prodrogue d’intérêt) pourraient provoquer une légère perte de poids dans les jours suivants les administrations.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de chaque procédure, les souris seront mises à mort. Des analyses post mortem seront effectuées en particulier sur les tumeurs afin de valider l’efficacité de la thérapie au niveau cellulaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucun modèle alternatif n’est disponible actuellement pour s’affranchir de ce type d’étude. Seuls les tests in vivo pourront nous permettre de valider la supériorité en termes d’efficacité de la prodrogue pour la thérapie du glioblastome. Cependant, les études préliminaires réalisées in vitro et in vivo avec d’autres constructions moléculaires ont permis d’avoir des arguments en faveur d’une efficacité redoutable sur les tumeurs.
2. Réduction
Nous limiterons notre étude au strict minimum requis dans le nombre de souris et les différents modèles murins à utiliser afin de sélectionner et de caractériser cette prodrogue pour la prise en charge du glioblastome. Dans ce projet, ce nombre est fixé à 129 animaux.
3. Raffinement
L’existence de points limites, basés sur un scoring clinique, comportemental et adaptés à ces modèles tumoraux, seront utilisés afin de réduire le stress et la souffrance. Les sessions d’imagerie seront réalisées sous anesthésie, d’une durée inférieure à 1h. Les animaux seront placés sur un lit thermostaté le temps de l’imagerie et la fréquence respiratoire sera monitorée en continu afin de contrôler le degré d’anesthésie et de le moduler si nécessaire. Un suivi régulier permettra d’éviter toute souffrance de l’animal si les tumeurs atteignent un volume impactant le bien-être animal. En ce qui concerne le phénotype dommageable des animaux immunodéprimés, ces animaux seront hébergés en environnement stérile (boite, litière, boisson et nourriture) et la manipulation des animaux se fera sous hotte. Nous utiliserons des lignées de cellules tumorales murines qui seront implantées chez des animaux ayant un phénotype non-dommageable lorsque possible.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les études précédentes utilisant notre chimiothérapie activable ont toutes été effectuées chez la souris. Les modèles sélectionnés sont les seuls à pouvoir permettre une expression de l’enzyme d’intérêt au niveau tumoral et ainsi déclencher l’activation de notre molécule. Ces modèles sont très pertinents vis-à-vis de la pathologie clinique puisque ce sont des modèles qui présentent des caractéristiques similaires aux tumeurs humaines. Les protocoles concerneront uniquement des souris qui seront âgées entre 5 et 6 semaines au moment de leur arrivée dans le laboratoire, pour permettre une implantation et un développement tumoral optimal.