
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-688458)
5 760 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent des injections intrapéritonéales, des incisions répétées de la queue et des prélèvements de sang, et sont soumises à des régimes gras ou à un jeûne intermittent, pour étudier le lien entre alimentation et inflammation chronique. Le porteur indique que ces régimes peuvent provoquer une prise de poids, un diabète ou, pour le jeûne, une perte de poids prolongée, avec mise à mort dès qu’un point limite est atteint. Sur le remplacement, il décrit des travaux sur lignées cellulaires, mais affirme que la complexité d’un système « corps entier » rend le recours à l’animal « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’inflammation, processus naturel permettant d’éliminer des pathogènes tels que des bactéries ou des virus, peut dans certains cas s’installer à long terme. On parle alors d’inflammation chronique qui peut alors être causal pour de nombreuses affections tel que l’arthrite, le diabète ou encore le cancer. L’activation de l’immunité innée, responsables de la production de molècules inflammatoires, participe à l’installation et la persistance de l’inflammation chronique. La cause et les acteurs responsables de l’activation de ces voies inflammatoires sont souvent inconnus et les traitements ciblent la plupart du temps les symptômes et non les causes. Il existe donc un besoin urgent de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients présentant des pathologies inflammatoires. Les interventions diététiques ont déjà montré qu’elles pouvaient moduler l’inflammation chronique. Cependant les effets sont difficiles à quantifier sur les populations humaines car l’administration de régimes spécifiques et l’indentification des voies modulées sont complexifiés, notamment, par le fait que les patients suivent mal ou abandonnent. Ainsi une meilleure compréhension des effets des interventions diététiques dans des environnements contrôlés sont nécessaires. Ce projet permettra d’identifier des nouvelles cibles qui donnera le jour à de nouveaux traitements pour des groupes de populations et de patients donnés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La prévalence des maladies inflammatoires chroniques dans les sociétés occidentales est estimée à 5-7%, pesant considérablement sur les systèmes de santé. Il est connu de façon empirique que certaines interventions alimentaires permettent d’améliorer certains symptômes des maladies chroniques inflammatoires. Cependant le mécanisme d’action et les acteurs impliqués sont peu ou pas connus. Il apparait donc nécessaire d’identifier ces cibles afin de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ainsi, une meilleure compréhension du lien mécanistique entre la nutrition et l’inflammation pathologique est nécessaire. Notre projet permettra d’identifier de nouvelles cibles interconnectées entre métabolisme et inflammation, mesurant ainsi l’impact des interventions diététiques sur l’activation des voies inflammatoires. A terme, ce projet ouvrira la voie à l’identification de composés pharmacologiques ou régimes alimentaires susceptibles de cibler l’interconnexion entre ces différentes voies et d’améliorer les symptômes des maladies chroniques inflammatoires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Gestes techniques de cette demande sont les suivants : – injection en intrapéritonéal sur animal vigile (15 secondes) – incision caudale sur animal vigile (10 secondes) – prélèvement sanguin sur animal vigile (1 minute). Chaque animal subira 3 injections en intrapéritonéal à au moins 15 jours d’intervalles, 3 incisions caudales (première fois coupure puis retrait de la croute), prélévements sanguins toutes les 4 à 6 semaines selon la procédure (soit 3 ou 4 prélévements au total).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration de régimes specifiques ou le jeûne intermittent sont susceptibles d’avoir des effets indésirables ou bénéfiques sur les animaux, notamment en fonction du génotype considéré. L’administration d’un régime gras, ou à façon avec des lipides particuliers, sont particulièrement susceptibles de mener à une prise de poids ainsi qu’à une inflammation chronique délétère. Cette prise de poids pourrait engendrer une activité réduite chez les souris et/ou un développement d’un diabète. De même, le jeûne intermittant pourrait engendrer une perte de poids sur des durées prolongées. Aucun effet délétère des régimes à façon n’est attendu. Les tests métaboliques, ainsi que la prise de température rectale, sont aussi des circonstances où un stress transitoire pourrait être ressenti par les individus. Toutes les mesures susceptibles de prévenir tout effet impactant le bien être des individus seront mise en œuvre durant la durée du projet. Les animaux seront sous surveillance quotidienne et pesés une fois par semaine sauf pour le jeûne intermittent où les animaux seront pesés tous les jours. Des points limites ont été établis afin de pouvoir surveiller au plus près les altérations dues aux procédures prévues dans le présent projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du remplacement, visant à réduire l’utilisation de modèles animaux dans les procédures expérimentales, nous avons déjà réalisé des expériences in vitro sur lignée cellulaire. Ceci a permis de mettre en évidence un lien entre les voies métaboliques et inflammatoires ciblées. Bien que ces modèles basés sur de la culture cellulaire et des approches de biochimie permettent d’étayer nos hypothèses, ils ne permettent pas de récapituler la complexité des mécanismes mis en œuvre dans un système intégré (corps entier) et prenant en compte la diversité des acteurs cellulaires présents au sein des tissus. Ainsi, pour mesurer l’impact tissulaire et systémique des voies étudiées et l’impact d’interventions diététiques, une approche sur modèle animal est indispensable.
2. Réduction
L’analyse des données par individu sera maximisée par la réalisation de tests métaboliques sur les mêmes groupes d’animaux. Les pesées, prises de température et autres analyses (prélèvement sanguins) peu invasives seront réalisées de façon longitudinale. Les prélèvements d’organes qui se feront post mortem, concerneront les organes métaboliques et les compartiments immunitaires majeurs.
3. Raffinement
Toutes les mesures susceptibles de prévenir tout effet impactant le bien être des individus seront mise en œuvre durant la durée du projet. Les animaux seront sous surveillance quotidienne et pesés une fois par semaine sauf pour le jeûne intermittent où les animaux seront pesés tous les jours. Une crème analgèsique sera utilisée afin de réduire la douleur lors des prélévements sanguins. Des points limites ont été établis afin de pouvoir surveiller au plus près les altérations dues aux procédures prévues dans le présent projet. Les animaux manifestant au moins un des points limites identifiés seront systématiquement euthanasiés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles murins, sont les plus utilisés dans les procédures expériementales visant à étudier l’immunité et le métabolisme et en particulier l’impact de régimes alimentaires spécifiques sur les processus biologiques. La communauté scientifique bénéficie d’un large éventail de modèles génétiquement modifiés permettant l’obtention de résultats robustes et des comparaisons avec d’autres études préalables. Les besoins sociaux et biologiques des modèles murins sont bien connus et parfaitement maîtrisés, permettant de minimiser tout effet indésirable, douleur, souffrance ou tout dommage durable. Des souris de 7 à 12 semaines seront utilisées en début de manipulations expérimentales afin d’avoir des animaux adultes (d’âge mûr).