Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet cherche à comprendre le rôle exact de deux molécules, appelées pour simplification A et B, dans la gravité des problèmes sanguins et des lésions au cœur dans une maladie rare. Cette maladie, causée par un manque d’une protéine spécifique, provoque la formation de petits caillots dans les vaisseaux sanguins, ce qui peut bloquer la circulation et endommager des organes comme le cœur. Des recherches précédentes ont montré qu’un médicament qui bloque l’action à la fois de A et de B pouvait réduire les dommages au cœur et au cerveau dans un modèle de souris atteintes de cette maladie. Cela suggère que l’inflammation causée par A et B joue un rôle important dans les lésions observées. On sait aussi que A et B favorisent la libération de substances impliquées dans la formation des caillots et peuvent aggraver les baisses de cellules sanguines. Cependant, on ne sait pas encore précisément quel rôle joue chacune de ces deux molécules A et B. L’objectif du projet est donc de tester, chez la souris, l’efficacité de traitements qui ciblent spécifiquement A ou B ou une molécule liée l’apparition de A et B, pour prévenir les dommages dans le cœur au cours de cette maladie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

À ce jour, aucune étude n’a encore permis de déterminer clairement le rôle respectif de A et de B dans cette maladie. A court terme, les bénéfices de ce projet seront d’apporter des informations précises sur les éléments qui interviennent dans la maladie que nous étudions. A long terme, les données de ce projet pourront permettre de définir une thérapie plus précise pour les patients atteints de cette maladie qui souffrent souvent de complications cardio-vasculaires. En effet, si nous déterminons que A ou B est impliqué préférentiellement dans cette pathologie, nous pourrons envisager un traitement plus personnalisé aux patients lorsqu’ils développent des crises de cette pathologie, ce qui pourra éviter des complications cardio-vasculaires chez ces patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La procédure expérimentale dure en totalité 5 jours. Une fois par jour, les animaux sont mis en cage d’inhalation pour induire une anesthésie. Ils seront soumis à de la contention et à une injection intraveineuse le premier, second et troisième jour. Une injection intrapéritonéale est également réalisée une fois par jour ces trois premiers jours durant la même analgésie. Le temps de ces deux injections est de 5 min. Les jours 4 et 5, les animaux sont également soumis à une analgésie durant laquelle une seule injection intrapéritonéale est faite. Le temps de cette injection est de 3 min. Le premier et le troisième jour, durant l’analgésie, un prélèvement au niveau de la veine mandibulaire est réalisé. Cette intervention est comprise dans les temps indiqués. Le jour 5, les animaux sont à nouveau anesthésiés. L’anesthésie est vérifiée en pinçant la queue de l’animal. Une injection intrapéritonéale est faite. Un prélèvement intracardiaque est également réalisé afin de récupérer le sang des souris. Pour cela, une incision est réalisée au coin de la troisième côte et une seringue est enfoncée jusqu’à retour de sang. Après récupération du sang par ce prélèvement, l’animal toujours sous anesthésie est euthanasié. La durée de cette intervention sans réveil 15 minutes maximum.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les perturbations anticipées pour les animaux se résument à la possibilité de ressentir de la douleur, associée à une injection veineuse rétro-orbitaire et de la gêne par la contention. La douleur est contrôlée par l’utilisation de gouttes analgésiques et d’injection intrapéritonéale d’analgésique si besoin, en fonction d’une grille de douleur établie préalablement et sur laquelle nous nous appuyons. Cette douleur peut être ressentie par l’animal sur une durée d’environ 5 min. En revanche, le déclanchement de la maladie chez les animaux peut conduire à un état de fatigue ressentie durant les trois premiers jours.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure afin de récupérer les organes des animaux et réaliser de l’immuno-histochimie sur ces organes, c’est à dire une coupe des organes et des colorations de ces coupes d’organes.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les systèmes d’études in vitro de cette maladie ne permettent pas de prendre en compte l’ensemble des éléments qui interviennent dans le développement de cette maladie. En effet, à ce jour, il est impossible de reproduire in vitro un vaisseau avec ce qui recouvre les vaisseaux, la totalité des cellules qui circulent dans le sang et les molécules solubles du plasma participant à l’activation des vaisseaux. L’utilisation de l’animal a pour but de reproduire des conditions physiopathologiques intégratives impossible à reproduire in vitro

2. Réduction

3R / Réduction :

Le calcul d’effectif est déterminé avant l’étude afin d’être sûrs que nous n’utiliserons pas un trop grand nombre d’animaux mais seulement le nombre nécessaire à démontrer scientifiquement un intérêt à utiliser notre médicament dans notre modèle de maladie. Nous nous appuyons sur des logiciels spécifiques qui nous permettent de calculer ce nombre d’animaux et sur des critères de jugement qui sont bien mesurables et bien quantifiables chez la souris.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux ne subiront que très peu de contraintes et la douleur sera minimisée par l’utilisation d’analgésiques. Les cages seront enrichies avec du coton, un dôme et/ou un tunnel. De plus, la douleur et la souffrance seront évaluées lors des protocoles tous les jours et la souffrance évaluée par une grille permettant d’établir un score. Les animaux ne sont pas seuls dans les cages. Ils seront hébergés dans des cages comprenant au maximum 5 animaux du même sexe, afin d’éviter tout conflit entre eux. Ils sont hébergés avec de la nourriture et de l’eau à volonté. Les salles sont spécialement conçues dans une animalerie agréée avec une température vérifiée quotidiennement et stable, une ventilation continue, et une visite des animaux est organisée quotidiennement avant que l’expérience ne soit réalisée. Une personne est responsable du bien-être de ces animaux

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris constituent un modèle simple à étudier compte tenu de la taille et de sa disponibilité. Des études ont montré que ce modèle d’étude, la souris, est adapté pour étudier notre pathologie. En effet, la souris présente des similitudes génétiques avec l’homme puisque la souris partage une grande partie de ses gènes avec celui de l’homme. Cette similitude génétique permet d’étudier des processus biologiques fondamentaux et des maladies humaines chez la souris. En outre, les souris sont des animaux de laboratoire relativement petits, faciles à manipuler et à élever en grand nombre. Elle ont un cycle de vie court et l’âge de 12 semaines correspond à une souris jeune adulte. Nous choisissons cet âge étant donné que chez l’homme notre pathologie se développe plutôt chez les jeunes adultes. Nous devons donc choisir chez la souris un jeune âge également. Enfin, les précédentes études de la bibliographie justifient pleinement l’utilisation de souris pour notre pathologie, puisque c’est le modèle qui est le plus similaire à la pathologie développée chez l’homme.