
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/11/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-703642)
L’extrémité de la queue coupée et le saignement observé jusqu’à trente minutes, puis la carotide mise à nu et ponctionnée, le saignement observé vingt minutes encore : 32 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les mêmes animaux subissent les deux épreuves, ce que le porteur présente comme une mesure de réduction. Le projet cherche à mesurer le rôle d’une enzyme, la PKC theta, dans l’arrêt du saignement, avec l’espoir lointain de traitements antiplaquettaires plus sûrs pour les patients. Toutes les souris sont tuées, la ponction de la carotide et la perte de sang qu’elle entraîne étant, selon le porteur, incompatibles avec un réveil.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’hémostase est le processus biologique assurant l’arrêt des saignements. Elle implique notamment les plaquettes sanguines, qui, suite à une lésion vasculaire, adhèrent, s’activent et agrègent pour former un caillot qui bouche la lésion vasculaire. Ce processus implique différents récepteurs des plaquettes. Des études récentes suggèrent un rôle de la protéine kinase C (PKC) theta dans les voies de signalisation des certains de ces récepteurs. Le but de ce projet est d’évaluer le rôle de la PKC theta dans l’hémostase en évaluant l’impact de son absence ou de la présence d’une PKC theta humaine dans des modèles d’hémostase chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont de mieux comprendre le rôle de la PKC theta dans l’arrêt du saignement. Les récepteurs comprenant la PKC theta dans leur voie de signalisation sont impliqués dans l’arrêt du saignement mais également en thrombose artérielle. Un bénéfice à long terme de ce projet pourrait être le développement de nouveaux traitements antiplaquettaires impactant peu l’arrêt du saignement, et donc plus sûr pour le patient que les traitements actuellement disponibles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux anesthésiés sont soumis à un temps de saignement à la queue (coupure de l’extrémité de la queue et observation du saignement jusqu’à son arrêt, maximum 30 min) et à une exposition de la carotide avec un temps de saignement à la carotide (ponction de la carotide et observation du saignement pendant 20 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour toutes les procédures, une des nuisances attendues est un impact de l’anesthésie sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée) ainsi que le risque de saignement au site d’incision.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort à la fin de la procédure car une ponction de la carotide, et la perte de sang importante qui en découle, n’est pas compatible avec un réveil de l’animal.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’étudier le rôle de la PKC theta dans l’arrêt du saignement. Ce processus étant particulièrement complexe et faisant intervenir plusieurs types cellulaires (plaquettes, globules rouges, globules blancs) ainsi que les conditions d’écoulement du sang (vaisseau, pression artérielle, flux sanguin), les modèles in vitro ne sont pas assez sophistiqués pour en reproduire toute la complexité. De plus, il n’existe pas à l’heure actuelle de modèle d’arrêt du saignement in vitro.
2. Réduction
Le projet se fera par étapes. Les mêmes animaux seront utilisés pour les 2 modèles de temps de saignement afin de réduire le nombre d’animaux nécessaire. Ce nombre est fixé à 8 souris/groupe pour l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Les effectifs sont calculés selon notre expérience sur les modèles d’hémostase, le critère recherché étant la comparaison de moyennes (temps d’arrêt du saignement, volume de sang perdu).
3. Raffinement
Une période d’acclimatation de 2 semaines entre l’arrivée des souris à l’animalerie et leur utilisation sera respectée. Les animaux seront habitués à la contention pour faciliter l’injection IP d’anesthésiant. Le stress et la douleur de tous les animaux utilisés dans ce projet seront diminués au minimum: • Par l’hébergement dans des cages en fonction des groupes expérimentaux 3 jours avant l’expérimentation. Ces cages seront munies de particules de bois et enrichies avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet d’organiser leur environnement selon leurs besoins. Les animaux sont entre 2 et 5 par cage afin d’éviter le stress causé par l’isolement. • Par une anesthésie de l’animal avant et pendant la durée de l’expérimentation • Par l’installation de l’animal sur une plaque chauffée à 38°C afin lutter contre l’hypothermie pendant l’expérimentation ainsi que son réveil en boite à 37°C • Par l’injection d’analgésique avant chaque procédure. • Par application de gel sur les yeux lors de l’anesthésie afin de les protéger. Pendant toutes les expérimentations, les animaux sont surveillés par du personnel entrainé pour vérifier l’absence de signe de douleur grâce à des points limites spécifiques établis pour chaque procédure. Ces points limites permettront de soustraire l’animal aux procédures expérimentales et ainsi limiter sa souffrance et son inconfort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un animal pour lequel les modèles d’études in vivo sont largement maitrisés et caractérisés, notamment les modèles d’arrêt du saignement. De plus, les techniques de mutation génétique ont permis de générer des souris déficientes pour le la PKC theta ou exprimant la PKC theta humaine, nous permettant ainsi d’évaluer leur rôle respectif dans l’arrêt du saignement. Les souris seront utilisées au stade adule entre 2 et 6 mois. Cet âge correspond à la période utilisant des souris adultes et ne présentant pas encore de vieillissement.