Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’obésité dans le monde a presque triplé depuis 1975, pour atteindre plus de 650 millions de personnes obèses en 2016, selon l’OMS. L’obésité est alors considérée comme un fardeau de santé publique, pour lequel une variété de thérapeutiques, de procédures chirurgicales et de dispositifs médicaux sont actuellement à l’étude. Parmi ceux-ci, le Tirzépatide a obtenu récemment une autorisation de mise sur le marché. Le tirzépatide présente une efficacité impressionante, du niveau de celle de la chirurgie bariatrique, mais certaines inquiétudes émergent car la perte de poids résultatnte de son utilisation provient à la fois d’une perte de masse grasse mais également d’une perte de masse musculaire. Cette dernière s’avère problématique chez l’obèse qui est déjà un sujet à risque de de faiblesse musculaire. Le présent projet est relatif à une étude menée à un stade précoce du développement d’un candidat médicament et vise à tester son efficacité anti-obésité chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisses. Le composé testé a pour intérêt majeur de cibler des voies de signalisation impliquées à la fois dans la régulation du poids corporel et dans la fonction musculaire. Des données préliminaires ont en effet permis de montrer que le composé testé était capable d’améliorer la fonction et la masse musculaire dans plusieurs pathologies musculaires et qu’il induisait une perte de poids chez des modèles obèses. Le composé testé sera ainsi testé en administration seule ou combinée avec le tirzépatide. Le projet devra permettre de montrer l’impact d’un traitement chronique du candidat médicament seul sur le poids corporel du modèle d’obésité. Dans le cadre des administrations combinées avec le tirzépatide, l’objectif est d’observer un additivité des effets et, ainsi, une amélioration des effets de la combinaison comparativement au tirzépatide seul, mais également d’étudier la capacité du composé testé à contrer les effets délétères du tirzépatide sur la fonction musculaire.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet s’inscrit dans le cadre du développement d’un composé anti-obésité visant l’humain. Alors que plusieurs molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d’entre elles se sont vues retirées du marché en raison d’effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l’obésité, dont le tirzépatide qui est le plus efficace et le plus prescrit. Néanmoins, le tirzépatide présente un effet délétère sur la masse et la fonction musculaire lors d’administration chroniques. Le bénéfice attendu du présent projet est double car si les résultats sont concluants, le composé testé pourra venir compléter l’arsenal thérapeutique anti-obésité, en administration seule ou combinée avec le tirzépatide, et dans ce dernier cas, il pourrait en améliorer l’efficacité tout en contrant ses effets secondaires au niveau musculaire.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (60 mesures au cours de l’étude; durée de la mesure : 1 minute); 2) Administration des traitements (60 administrations pour 36 animaux et 112 administrations pour 106 animaux ; durée de l’administration : 1 minute); 3) Analyse non invasive de composition corporelle (4 mesures; durée de la mesure: 2 minutes); 4) Prélèvements sanguins (12 prélèvements; durée du prélèvement : 5 minutes); 5) Mesures de force d’agrippement (3 sessions de mesures de 5 minutes); 6) Anesthésie générale avant euthanasie et prélèvement d’organes (durée: 10 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les mesures de poids corporel, les mesures de composition corporelle ainsi que les tests d’agrippement pourront être source de stress du fait d’une entrave aux mouvements de courte durée. Les administrations des traitements occasionneront également une douleur de faible intensité et de faible durée aux animaux. La mise à jeun de 4h ou 6h préalable aux prélèvements sanguins, bien que réalisée en phase diurne, pourra induire une sensation de faim. Les prélèvements sanguins seront source de douleurs légères. De par leur caractère social, l’hébergement en cage individuelle constituera une nuisance d’isolement sur les animaux. Les animaux garderont toutefois un contact visuel et olfactif avec leurs congénères. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d’inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera euthanasié à l’issus de l’étude.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la composition corporelle, la prise alimentaire et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, bien que le composé testé ait fait l’objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de son développement, l’étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d’un dossier de demande de premières études sur l’homme (passage aux études cliniques).

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Par ailleurs, compte tenu du fait que l’étude se positionne à un stade précoce du développement du candidat médicament, cette dernière sera limitée au genre mâle. La grande hétérogénéité du paramètre étudiés (notamment le poids corporel, la prise alimentaire et les dépenses énergétiques) entre mâle et femelle imposerait en effet de doubler les effectifs de chaque groupe pour étudier l’impact du composé sur les deux genres. Dans la suite du développement du candidat médicament, et uniquement dans le cas où une efficacité aura été observée chez le mâle, une seconde étude sera menée chez la souris femelle afin de s’assurer de son efficacité sur les deux genres.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les animaux seront hébergés en cages individuelles pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels. Un enrichissement des cages sera assuré par l’ajout d’igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les traitements seront administrés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Par ailleurs, une phase d’habituation sera prévue afin de réduire le stress pouvant être généré par la procédure. Avant la mesure de la composition corporelle, les animaux seront habitués à être installés dans le tube de couleur rouge permettant de réduire le stress des animaux au cours de la mesure. Les animaux seront habitués par deux fois aux systèmes de contention pour les prélèvements sanguins avant de pratiquer ces procédures. Les prélèvements sanguins via la veine de la queue seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages pharmacocinétiques ultérieurs et une crème à base de lidocaïne sera appliquée sur la queue 30 minutes avant les prélèvements sanguins. Avant la mesure des dépenses énergétiques, les animaux seront également habitués à leur nouvel environnement durant 20h. Les animaux seront sous contrôle direct et permanent des expérimentateurs pendant les tests d’agrippement. Enfin, un suivi journalier des animaux à l’aide d’une grille de score permettra une action rapide en cas d’atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l’emploi d’analgésiques en cas de douleur avérée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle de souris nourris avec une alimentation enrichie en graisses (60% de l’apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d’études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux seront utilisés au stade adulte de 21 semaines. Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte et tient compte d’une période de 12 semaines de régime enrichi en graisses chez le fournisseur.