Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La société impliquée est spécialisée dans les traitements contre des pathogènes (dont les maladies infectieuses émergentes et sévères) et les intoxications. Elle a déposé récemment une demande d’autorisation de mise sur le marché pour un produit dans le domaine de la bio-défense/menaces NRBC (Nucléaire Radiologique Biologique et Chimique). La société capitalise sur une plateforme technologique de développement et de production à base d’anticorps polyclonaux. Cette plateforme est issue de procédés développés à l’origine par une autre entreprise et licenciés à la société actuellement dépositaire du brevet. Elle s’appuie sur une technologie éprouvée, avec des produits enregistrés et administrés dans le monde entier depuis des décennies. Elle permet à partir d’un antigène d’immuniser des chevaux et de produire du plasma. Ce plasma est ensuite hautement purifié en anticorps. Le protocole d’immunisation comprend une série d’injections selon un calendrier qui optimise la production d’anticorps spécifiques de l’antigène, avec des titres les plus élevés possibles. Lorsque les titres maximaux sont obtenus (phase dite de « plateau »), le sang est prélevé dans des poches de grand volume contenant un anticoagulant, et il est ensuite traité pour obtenir du plasma. Les plasmas individuels sont poolés et utilisés pour purifier les immunoglobulines équines et obtenir les fragments qui constituent le produit thérapeutique final. Le projet vise à optimiser le protocole d’immunisation en identifiant un adjuvant et un schéma d’immunisation permettant d’améliorer l’innocuité tout en maintenant l’efficacité (fort taux d’anticorps). Cette optimisation du protocole s’accompagne de la recherche de marqueurs biologiques pertinents permettant de quantifier voire prédire la réaction inflammatoire potentiellement induite par le protocole d’immunisation.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les fragments d’anticorps hautement purifiés apportent une solution thérapeutique sûre à des problématiques majeures de santé publique pour lesquelles il n’existe pas d’autre solution. Il est crucial d’assurer la pérennité de la production et le raffinement des procédures permettant de les produire. Les antigènes correspondant aux cibles thérapeutiques doivent être administrés avec un adjuvant afin de stimuler la production d’anticorps spécifiques. L’adjuvant utilisé dans la technologie d’origine peut provoquer des réactions inflammatoires parfois douloureuses au site d’injection. Le projet vise à identifier un adjuvant et un schéma d’immunisation permettant de réduire ces réactions et d’améliorer le bien-être des animaux intervenant dans la production des traitements actuels et futurs. Le projet vise en parallèle à identifier un marqueur biologique prédicitf de la réaction inflammatoire induite par le protocole d’immunisation et utilisable en tant que point limite quantitatif dans toutes les procédures d’hyperimmunisation en cours et à venir.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans le cadre de ce projet, les animaux recevront des injections selon plusieurs modalités (sous-cutanée ou intra-musculaire). Les injections ne nécessiteront pas d’anesthésie générale ou locale. Les injections seront réalisées maximum 23 fois par animal. Chaque injection durera environ 30 secondes. Au cours du suivi 10 prises de sang maximum par individus seront réalisées sans nécessité d’anesthésie. Les volumes prélevés allant de 10 à 80 mL (2 prélèvements de 10 mL et 8 prélèvements de 80mL) la durée de l’intervention pourra donc varier d’une minute 30 à 3 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’adjuvant utilisé dans la technologie d’origine peut provoquer des réactions inflammatoires parfois douloureuses au site d’injection (nodules, abcès, granulomes) pouvant altérer l’état général. Tous les adjuvants et protocoles d’immunisation qui seront testés sont définis afin de réduire significativement ces effets. Les adjuvants à tester ont été choisis sur base de leur innocuité démontrée. Tout adjuvant ou protocole ne permettant pas d’améliorer significativement l’innocuité seront arrêtés.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Le projet comporte une seule procédure de classe modérée. Les animaux maintenus en vie pourront être réutilisés dans le cadre de procédures légères ou replacés. La réutilisation ou l’adoption seront décidées en fonction des besoins en animaux de la structure en accord avec la SBEA (Structure chargée du Bien-Être Animal) dont le vétérinaire référent de la structure d’accueil des chevaux fait partie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’immunothérapie passive utilisant des immunoglobulines polyclonales spécifiques et purifiées a largement démontré son efficacité dans le domaine des maladies infectieuses, intoxications et envenimations. Le cheval est l’animal producteur de référence dans le cadre de ces produits. La production en grand volume d’anticorps polyclonaux n’est possible que par des moyens in vivo (et plus particulièrement avec des animaux de grande taille : bovins ou chevaux). Aucune méthode alternative n’est aujourd’hui connue.

2. Réduction

3R / Réduction :

Un maximum de 6 animaux sera utilisé pour chaque protocole d’immunisation à tester. Cet effectif est jugé suffisant pour établir une comparaison entre les réactions locales et générales induites par chaque adjuvant, l’évolution des paramètres biologiques ainsi que la quantité d’anticorps produits. Seule la première année exposera des animaux à l’adjuvant actuel connu pour créer des effets indésirables. Cette étape permettra d’avoir une référence et sa répétition non-nécessaire. Cet effectif permet également de limiter le volume de plasma à prélever sur chaque animal afin d’atteindre le volume minimal utilisable dans le procédé de purification Fab’entech.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés en groupe et observés bi-quotidiennement. Les animaux seront habitués dès le plus jeune âge au couloir de contention. Un enrichissement adapté est mis en place (hébergement en groupe, au pré dès que les conditions le permettent ou avec accès à une aire d’exercice). En cas de problème de santé, un vétérinaire diagnostique la maladie et prescrit un traitement. Le suivi santé des animaux se fait via des pesées régulières (a minima 1 fois toutes les deux semaines) et une grille d’observation et de suivi du bien-être animal est à disposition des équipes. Cette dernière leur permet d’identifier des signes d’inconfort, même en dehors des moments dédiés aux expérimentations (distribution d’alimentation par exemple). Les suivis et prélèvements sont réalisés par du personnel formé (habilitation à l’expérimentation animale de niveau 2) et connu des animaux. Ce projet met en œuvre des procédures maîtrisées qui ont déjà fait la preuve de leur efficacité pour la production d’immunoglobulines polyclonales équines.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le cheval est un animal de grande taille permettant de récolter une importante quantité importante de plasma (en respectant un maximum de 1% du poids vif). Les pathologies équines présentent très peu de risques zoonotiques, ce qui limite fortement les problématiques de biosécurité virale dans les plasmas. Le cheval est l’espèce décrite dans la technologie d’origine. La production d’anticorps polyclonaux tels que nécessaires dans la thérapeutiques humaines finales ne peuvent pas être produits in vitro. Seuls des animaux de plus de 2 ans seront inclus dans l’étude afin de travailler sur des individus dont l’immunité est pleinement acquise.