
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-711581)
Pour tester si la perte d’action de l’insuline dans l’intestin fragilise la barrière intestinale, 816 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Selon les groupes, chaque souris subit un jeûne de quatorze heures, de deux à neuf contentions de trente secondes pour jusqu’à sept gavages, un prélèvement de sang et une ou deux injections, le prélèvement final se faisant sous anesthésie. Le porteur envisage, dans les modèles d’inflammation ou d’infection intestinale, des poils hérissés, une léthargie, une ataxie, des tremblements, des diarrhées et des saignements rectaux. Le bénéfice annoncé, concevoir des stratégies préventives et thérapeutiques, reste une hypothèse, là où les jeûnes et les gavages sont déjà planifiés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’intestin exerce trois fonctions principales, qui sont cruciales pour le maintien de l’homéostasie : i) la digestion et l’absorption des nutriments ii) la production de messages circulants et iii) un rôle de barrière contre l’entrée de substances toxiques ou de micro-organismes dans le corps. Bien que la perte d’étanchéité intestinale et le passage consécutif de produits bactériens dans le sang aient été proposées comme un des facteurs participant à l’inflammation chronique qui accompagne l’obésité et le diabète, les mécanismes à l’origine des défauts d’intégrité intestinale lors de ces pathologies demeurent mal compris. Dans ce contexte, l’objectif de ce projet est d’évaluer si la perte d’action de l’insuline, une caractéristique du diabète, conduit à une altération de la fonction barrière de l’intestin et une susceptibilité accrue à l’inflammation intestinale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu de ce projet est la mise en évidence que la perte d’action intestinale de l’insuline contribue à l’hyperperméabilité et au risque accru d’inflammation ou d’infection intestinales au cours du diabète. Ce projet identifiera à la fois les cellules cibles impliquées et les mécanismes intracellulaires permettant l’action de l’insuline dans l’épithélium intestinal, ce qui est essentiel pour la conception de stratégies préventives et thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Sur animaux vigiles : 240 animaux (1 mise a jeun de 14h, 2 à 7 contentions de 30 secondes pour 0 à 5 gavages de produit, 1 prélèvement de sang et 1 injection de produit), 216 animaux (1 mise a jeun de 14h, 3 à 8 contentions de 30 secondes pour 0 à 5 gavages de produit, 1 prélèvement de sang et 2 injections de produit), 144 animaux (2 mises à jeun de 4h, 1 mise a jeun de 14h, 4 à 9 contentions de 30 secondes pour 2 à 7 gavages de produit, 1 prélèvement de sang et 1 injection de produit), 216 animaux (1 mise à jeun de 4h, 1 mise a jeun de 14h, 3 à 8 contentions de 30 secondes pour 1 à 6 gavages de produit, 1 prélèvement de sang et 1 injection de produit). Sur animaux anesthésiés : 816 animaux (un prélèvement sanguin, 30 secondes par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Aucune des lignées d’animaux génétiquement modifiés ne présente de caractère dommageable. Il y a un stress lors de l’anesthésie, de la contention et des injections. Concernant les modèles d’inflammation intestinale ou d’infection par un pathogène intestinal, l’apparition de signes généraux de souffrances (tels que poils ébouriffés ou hérissés, perte de poids, écoulement des yeux, léthargie, dos courbé, ataxie, tremblement, diarrhées et saignements rectaux) est envisageable.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort en vu de prélevements de sang et d’organes pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modèles animaux seront développés dans le but d’obtenir des modèles de pathologies métaboliques (diabète) et inflammatoires (inflammation intestinale, infections entériques), qui reposent sur des phénomènes complexes et faisant intervenir de nombreux dialogues inter-organes. Ces modèles seront utilisés quand les questions soulevées par le projet ne pourront pas être résolues par des systèmes de culture in vitro car ils permettent d’obtenir une représentation de systèmes biologiques impossibles à étudier directement chez l’Homme. Cependant, dans des études préliminaires, nous avons utilisé des systèmes de culture à partir de fragments intestinaux pour démontrer que la perte d’action de l’insuline altère certaines fonctions propres à l’épithélium intestinal.
2. Réduction
L’étude statistique permettant de calculer au plus juste le nombre d’animaux sera réalisée avec un logiciel approprié. La « significativité » des résultats sera évaluée par des tests adaptés à la comparaison de deux groupes ou plus. De plus, pour caractériser la réponse de l’intestin à l’insuline, nous avons utilisé une technique qui nécessitant pas de traitement sur animaux vigiles et permettant d’étudier plusieurs parties de l’intestin et l’effet de plusieurs traitements à partir d’une seule souris, réduisant ainsi considérablement le nombre de souris.
3. Raffinement
La durée et dose des traitements seront réalisées selon les protocoles préétablis. Les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification et de petite maison. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures (analgésiques, anesthésiques) afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive et des soins adaptés. L’application des points limites établis (apparence, mobilité, comportement, changement de poids, suivi post- opératoire) pour chaque procédure de ce projet sera effectué.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle de choix pour les études ayant attrait à la caractérisation de pathologies métaboliques et inflammatoires. Seule cette espèce possède des modèles présentant une délétion spécifique du récepteur de l’insuline dans des tissus d’intérêt, permettant ainsi la caractérisation de l’action de l’insuline au cours de ces pathologies. Les souris utilisées seront âgées de 8 semaines. Nous avons choisi de travailler sur des souris adultes afin qu’elles aient un tractus intestinal totalement mature.