Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

3 433 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les souriceaux reçoivent pendant leurs cinq premiers jours de vie des injections d’une cytokine inflammatoire qui provoquent déshydratation, retard de croissance et, dans cinq à dix pour cent des cas, la mort, puis subissent une série de tests comportementaux dont le RNT ne précise pas la nature. Le projet étudie le rôle des microglies dans les troubles neurodéveloppementaux liés à l’inflammation périnatale, chez les mâles et les femelles. Le porteur affirme que ces mécanismes ne peuvent être étudiés que sur l’animal vivant et fixe pour objectif le transfert des résultats à l’humain.

NTS-FR-720766v1
Types de recherche
· Biologie du développement · Oncologie · Recherche fondamentale · Système immunitaire · Système nerveux ·
Mots-clés
inflammation périnatale, développement, vésicules extracellulaires, microglies
Souris : 3433

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les troubles neurodéveloppementaux ont des causes multiples y compris environnementales. Un lien entre des épisodes inflammatoires pendant la vie périnatale et une augmentation du risque de développer des troubles neurodéveloppementaux chez le descendant ont été démontrés. Récemment, le rôle des microglies (cellules immunitaires du cerveau) dans ces troubles a été mis en évidence chez la descendance mâle. Cependant, aucune donnée sur la descendance femelle, ni sur les troubles cognitifs de la descendance n’ont été générées. Ce projet se base sur un modèle d’inflammation périnatale. L’objectif est d’étudier le rôle des microglies dans les troubles cognitifs neurodéveloppementaux chez le mâle et la femelle sur modèle murin.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra d’établir le rôle des microglies dans la mise en place des troubles cognitifs à l’âge adulte des descendants mâles et femelles après inflammation gestationelle. Cette étude permettra d’obtenir des données concrètes sur les deux sexes, ce qui n’est actuellement pas disponible, mais également sur la sphère cognitive, très peu documentée à ce jour. L’approche par l’utilisation d’une drogue permettant la recolonisation microgliale permettra par ailleurs d’établir une nouvelle approche thérapeutique dans le traitement des troubles neurodéveloppementaux.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tests comportementaux à la période juvénile et à l’âge adulte (6 tests en juvénile et 5 à l’âge adulte) – quelques minutes par test. Injections intrapérionéales pendant les premiers jours de vie – quelques secondes

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections réalisées sur les souriceaux durant les 5 premiers jours de vie peuvent causer une douleur transitoire et locale. La séparation avec leur mère le temps des injections peut causer un stress transitoire. Les injections de cytokine inflammatoire induisent une inflammation, par conséquent les souriceaux peuvent montrer des signes de déshydratation, ont un retard de croissance, et un retard dans la pousse du pelage par rapport aux souris injectées avec une solution neutre. Ces effets perdurent environ jusqu’au quinzième jour de vie. Les injections en général peuvent également, mais rarement, entraîner une hémorragie abdominale interne chez les souriceaux, ou leur mort dans 5 à 10% des cas. Les tests comportementaux réalisés ne durent que quelques minutes, peuvent entraîner des nuisances modérées notamment durant les tests sur les réponses émotionnelles, mais n’induisent pas d’altération de l’état général des animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort pour récupérer les structures et/ou cellules nécessaires pour les études cellulaires et moléculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’étude des microglies (cellules immunitaires du cerveau) au cours du développement nécessite des modèles non humains. L’étude des effets de l’inflammation maternelle ne peut se faire de manière fine chez l’homme et nécessite de fait l’utilisation d’animaux vivants. Les modèles in vitro ne permettent pas de modéliser ces étapes du développement cérébral et la recherche bibliographique indique que la réponse inflammatoire correspondant à nos modèles n’est pas développée in vitro à ce jour. La proximité des microglies humaines et des souris permettra un transfert à l’homme à la suite de ce projet, ce qui reste notre priorité et notre objectif scientifique premier : comprendre chez l’homme le développement des microglies durant les phases développementales.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés pour ces expériences, nous avons choisi un nombre minimal permettant d’observer des différences menant à des conclusions statistiques. Réduire ce nombre serait prendre le risque de générer des données non concluantes, ce qui pousserait à reproduire ces expériences avec un nombre plus grand et donc à terme consommerait plus d’animaux. La pertinence du nombre de destinations expérimentales repose sur la limite de détection du matériel que nous cherchons à évaluer sur une population cellulaire triée à partir de structures cérébrales. Nous ne pouvons réduire ce nombre au risque de passer sous la limite de détection des appareils de mesure. Les femelles sont également étudiées, ce qui nous permet d’utiliser tous les animaux générés durant cette étude.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les expérimentateurs formés porteront une attention particulière au raffinement des procédures afin de limiter la douleur et la soulager si elle ne peut être évitée par l’utilisation d’antalgiques les plus adaptés à chaque procédure, optimiser les procédures, soulager le stress des animaux et leur fournir les meilleures conditions de vie tout au long du projet. Pour leur bien-être, les animaux vivent en groupes sociaux le plus longtemps possible. Ils auront à leur disposition des éléments d’enrichissement de leur milieu. L’ensemble des animaux est surveillé quotidiennement avec une surveillance renforcée après les différentes expérimentations. Des points limites suffisamment précoces seront définis pour éviter des souffrances aux animaux avec la mise en place de mesures pour les soulager comme une réhydratation, le réchauffement, des traitements vétérinaires si nécessaire. Enfin, nous avons déjà inscrit ce projet dans un consortium de travail international visant à partager les données afin de limiter les doublons expérimentaux et de conduire à un raffinement des approches de recherche dans la communauté scientifique.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Ce projet s’inscrit dans la continuité des recherches menées par les porteurs du projet. Leurs données préliminaires ont été générées chez la souris et l’accrétion de données nouvelles sur modèle murin permettra de raffiner les données existantes par leur analyse commune avec les nouvelles données générées. De plus, les microglies de la souris et de l’homme partagent de nombreux gènes en commun et permettent de conduire à une valorisation des données chez l’animal par transfert chez l’homme, rendant cette étude pertinente au vu du choix du modèle animal. Les analyses seront conduites au cours de la période post-natale pour le comportement juvénile (P3-P16) et à l’âge adulte (après P60) pour l’évaluation comportementale et les études biologiques subséquentes.