
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/05/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-724162)
276 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour prélèvement de tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Âgées de seize mois, elles subissent une chirurgie stéréotaxique pour l’injection d’un peptide amyloïde dans l’hippocampe, un gavage quotidien de composés et des tests de mémoire dont la piscine de Morris, pour évaluer des candidats médicaments contre la maladie d’Alzheimer. Le porteur indique que la chirurgie peut causer une souffrance postopératoire et que le gavage et la piscine de Morris induisent un stress. Il affirme que la complexité de la maladie ne peut être atteinte qu’avec un modèle animal et présente la souris comme le modèle « le plus proche de l’humain ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La maladie d’Alzheimer est la maladie neurodégénérative la plus fréquente. Elle est caractérisée par des troubles de la mémoire et du comportement, ainsi que par une désorientation dans le temps et dans l’espace et touche aujourd’hui 50 millions de personnes dans le monde, dont plus de 1 000 000 en France. Son incidence augmente très fortement avec l’âge : de 1,5 % de la population âgée de 65 ans, elle double tous les ans pour atteindre 30 % dans la tranche des 80 ans et plus. La maladie d’Alzheimer engendre rapidement une dépendance physique, intellectuelle et sociale majeure, qui retentit sur l’entourage. Elle représente la principale cause de dépendance et de placement en institut spécialisé (40 % des malades sont dans cette situation). Le manque de médicaments efficace contre la maladie représente un défi majeur de santé humaine. Ce projet sera divisé en 5 procédures indépendantes (une procédure par classe de composés). L’objectif de ce projet est d’évaluer le potentiel neuroprotecteur de candidats médicaments dans un modèle murin de la maladie de Alzheimer. Les effets des composés seront étudiés par l’analyse des capacités mnésiques des animaux et par analyse histologique. Un composé prometteur devra améliorer la mémoire à court et/ou à long terme des souris, diminuer la perte des neurones dans une région clé pour la formation de la mémoire. En cas de résultats positifs, le développement préclinique des composés pourra se poursuivre.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet s’intégre dans la phase préclinique du développement de médicament pour cette maladie incurable. En cas de résultats positifs, le ou les candidats médicaments pourront à terme entrer dans des études de phases cliniques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à de la chirurgie stéréotaxique, sous anesthésie générale (isoflurane, 4 % induction puis 2%). Les souris récupèrent bien de la chirurgie. Il n’y aura pas de prélèvement sanguin au courant de l’étude. Les procédures incluent des traitements chroniques (quotidiens) par gavage. La mémoire à court et long terme sera étudiée avec des tests comportementaux. Ces tests seront rapides (maximum 15 minutes par jour), sur une durée de 7 jours, non consécutifs. Les animaux subiront une perfusion intra-cardiaque sous anesthésie profonde.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront une chirurgie stéréotaxique pouvant causer de la souffrance post-opératoire. Le traitement quotidien des souris par gavage peut induire un stress, particulièrement lors des premières administrations. Les tests comportementaux peuvent également induire une nuisance chez les souris, notamment avec le test de la piscine de Morris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort afin de collecter des tissus pour des analyses complémentaires (ex. histologie).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre but est d’évaluer les effets neuroprotecteurs de candidats médicaments dans un modèle murin de la maladie d’Alzheimer. Les processus physiopathologiques de la maladie d’Alzheimer impliquent l’interaction de plusieurs types cellulaires (neurones et cellules gliales) dans différentes structures cérébrales. Ce degré de complexité ne peut être atteint qu’avec un modèle animal. La souris est le modèle intégré le plus proche de l’humain pour ce projet.
2. Réduction
Le nombre de souris (n par expérience) sera optimisé pour assurer l’obtention de résultats statistiquement significatifs. À cette fin, des études antérieures disponibles dans la littérature scientifique suggèrent un nombre minimal de 12 souris par groupe, afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs en termes de (i) détérioration des fonctions cognitives se traduisant par une perte de mémoire spatiale, et (ii) % de neurones morts (neurodégénérescence); deux caractéristiques essentielles et déterminantes dans la pathophysiologie de la maladie d’Alzheimer. Ainsi, pour ce projet, nous travaillerons avec n=12 souris par groupe pour détecter d’éventuel effets significatifs de candidats médicaments dans modèle animal de la maladie d’Alzheimer.
3. Raffinement
La stratégie de raffinement sera basée sur : (i) la présence d’objets d’enrichissement, (ii) des approches d’analgésies pré, pendant et après l’opération, (iii) et le contrôle strict des besoins physiologiques des animaux (température corporelle) pendant et après l’opération (pour assurer un rétablissement rapide). Les animaux seront hébergés par deux au minimum (5 au maximum), en cages ventilées, avec accès ad libidum à l’eau et à la nourriture. La souffrance des animaux sera limitée au maximum grâce à la recherche quotidienne de signes indicateurs de souffrances. Le projet a défini des points limites. Si un de ces points limites est atteint, le responsable de l’étude sera informé et l’animal sera mis à mort. Si des signes de souffrances sont détectés, le responsable de l’étude sera informé, et un analgésique sera administré. Dans le cas où le traitement analgésique se révèlerait être inefficace, l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris possède un système cérébral complexe, qui présente des similitudes avec le système nerveux humain. D’après la littérature et l’expérience du personnel du laboratoire, ce modèle d’étude est reproductible et pertinent pour l’étude de la maladie d’Alzheimer. La souris est donc un modèle approprié permettant la mise en place de protocoles expérimentaux courts, efficaces, simples et reproductibles. Nous avons le matériel chirurgical et les équipements dédiées aux études impliquant des souris. Comme dans la plupart des cas les symptômes de la maladie d’Alzheimer apparaissent à un âge avancé, nous utiliserons des souris âgées de 16 mois. Ainsi, nous pourrons reproduire plus fidèlement et plus précisément la physiopathologie humaine de la maladie d’Alzheimer dans notre modèle de souris.