
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-728514)
Sept cents souriceaux seront tués pour étudier leur squelette et leur éruption dentaire, les cent mères étant gardées en vie pour être réutilisées. 800 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les souriceaux reçoivent quatre injections d’agents pharmacologiques ou chimiques sous anesthésie gazeuse pendant leur première semaine de vie, leurs mères étant anesthésiées à chaque séance et hébergées seules pendant les cinq jours précédant la mise bas, et le porteur signale que la manipulation des nouveau-nés peut conduire la mère à rejeter sa portée. Les agents testés sont choisis à partir d’un questionnaire d’exposition rempli par des patients, et le porteur écrit qu’aucun dispositif in vitro ne peut recréer « la complexité d’un organisme entier en croissance ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif d’évaluer les impacts sur la croissance squelettique, en particulier l’éruption dentaire, de certains agents pharmacologiques utilisés en pédiatrie et/ou d’agents chimiques auxquels peuvent être exposés les jeunes enfants. Ces dernières années une augmentation des défauts d’éruption dentaire nommés rétentions primaires a été observée en clinique et la question de l’origine de ces défauts s’est posée. A côté de l’origine génétique observée pour certains patients avec présence de mutations génétiques, une origine environnementale est suspectée correspondant à une exposition à des agents pharmacologiques ou chimiques pendant l’enfance, plus spécifiquement entre 3 et 12 ans. Les agents à évaluer seront donc déterminer à partir d’un questionnaire d’exposition remplit par chaque patient listant les traitements pharmacologiques reçus ainsi que les expositions possibles à des agents chimiques selon le(s) lieu(x) de résidence pendant cette période. La finalité est d’identifier les agents induisant des défauts primaires d’éruption afin d’anticiper leur survenu et de les prendre en charge cliniquement avant qu’ils s’installent irréversiblement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’établir les agents pharmacologiques et les autres agents chimiques ayant un impact sur la croissance squelettique et plus spécifiquement l’éruption dentaire lorsque des enfants y sont exposés entre 3 et 12 ans. La prévalence de l’ensemble des rétentions dentaires primaires est estimé à 1/500 et le coût sociétal est difficilement quantifiable mais sans aucun doute important. Le but de ce projet n’est pas de remettre en cause l’utilisation de certains agents pharmacologiques dont l’intérêt pour les jeunes patients n’est plus à démontrer (antibiotiques, agents de chimiothérapie…) mais d’identifier leur possibles effets « secondaires » sur le squelette en croissance afin de pouvoir les prendre en charge le plus tôt possible avant que ces effets deviennent irréversibles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les femelles gestantes seront en hébergement individuel pendant 5 jours (5 jours d’acclimatation correspondant à la fin de gestation ). Les souriceaux recevront une injection sous anesthésie (4 fois, durée de l’acte moins d’une minutes) sur tapis chauffant. Les mères ne recevront aucune injection. Les mères seront anesthésiées 4 fois correspondant aux séances d’injection (anesthésie gazeuse légère inférieure 10 minutes) sur tapis chauffant.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances ou effets indésirables possibles sont : (i) les manipulations des souriceaux, surtout dans les premiers jours de vie, qui peuvent induire un stress chez la mère pouvant aboutir au rejet des petits, (ii) les injections qui pourront induire une douleur de courte durée aux animaux, (iii) les nuisances liées à l’anesthésie telles que la baisse de la thermo-régulation et la détresse cardio-respiratoire dans de rares cas, et (iiii) l’hébergement individuel des femelles gestantes (en fin de gestation durant la période d’acclimatation qui correspond à la période de nidification).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin d’analyser les conséquences sur le squelette en croissance et en particulier l’éruption dentaire des différents agents testés, les animaux (700) seront euthanasiés et leur squelette étudié. Les mères (100) seront gardées en vie pour être réutilisées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Un organisme vivant est nécessaire pour étudier l’impact d’agents pharmacologiques/chimiques sur la croissance squelettique (incluant l’éruption dentaire) qui est un processus complexe impliquant de nombreux types cellulaires et de nombreuses régulations hormonales. Il n’est pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier en croissance avec tous les acteurs cellulaires rentrant en jeu ainsi que toutes les signalisations hormonales et autres impliquées.
2. Réduction
800 animaux seront utilisés dans ce projet, la taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance et des tests statistiques seront utilisés pour une interprétation fiable des résultats. S’agissant d’évaluer l’impact sur la croissance et l’éruption dentaire chez le nouveau-né d’injections d’agents pharmacologiques ou chimiques, l’unité de base est la portée. Deux portées par agent à évaluer a été retenu sachant que l’impact de chaque agent sera initialement évalué sur une portée euthanasiée au jour 14 et que si et uniquement si un effet est observé alors la deuxième portée sera engagée pour évaluer l’irréversibilité de l’effet observé avec une euthanasie de la portée au jour 28. Dans cette démarche de réduction du nombre d’animaux impliqués, des contrôles internes seront utilisés au sein de chaque portée correspondant à un ou deux petits, selon le nombre de petits dans la portée, injecté(s) uniquement avec la solution saline servant de solvant de l’agent testé.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement sont standards. Les femelles en fin de gestation sont hébergés 5 jours en cage individuelle auprès de leurs congénères (contacts visuels) en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Cette période de 5 jours en cage individuelle correspond à la période d’acclimatation des femelles gestantes ainsi qu’à leur période de nidification. Le milieu est enrichi avec deux enrichissements minimum dont des frisotis et/ou du coton compressé permettant la réalisation du nid et les animaux sont vérifiés quotidiennement. Le projet a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal. Une anesthésie gazeuse légère de la mère et des petits est mise en place pour les injections aux petits afin de limiter le stress chez la mère et de réduire la douleur des injections chez les petits. Ainsi, la douleur et le stress sont limitées en apportant des soins adaptés ainsi qu’une surveillance attentive accompagnée de points limites suffisamment prédictifs et précoces. Lors des anesthésies un tapis chauffant est systématiquement utilisé pour éviter les baisses éventuelles de la thermorégulation chez les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle de choix concernant les études de la croissance des mammifères. Les étapes et la physiologie de la croissance sont bien connues et très homogènes dans les lignées consanguines. Le nombre de petit par portée permet d’avoir des contrôles internes à la portée important pour l’analyse d’effet d’injections de substances en limitant les biais que pourrait induire le travail avec des animaux non-sevrés issues de mères différentes. Afin d’analyser l’impact d’agents pharmacologiques et chimiques sur la croissance squelettique les souris seront traitées par 4 injections au cours de la première semaine de vie et euthanasiées aux jours 14 ou 28 de vie. Cette cinétique est la plus adaptée pour l’analyse de la croissance du squelette en particulier au niveau crâniofacial.