
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-729243)
Exposées avant leur naissance puis par le lait à trois fongicides de vignoble, le cyprodinil, le mépanipyrim et le pyriméthanil, 240 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, toutes tuées pour prélever leurs tissus. Les petits sont suivis à l’ouverture des yeux, sur le réflexe de sursaut, l’acquisition de la marche et l’orientation olfactive, puis évalués à l’âge adulte sur la sociabilité, les stéréotypies et l’anxiété, avec des frottis vaginaux quotidiens et des prises de sang. Le projet cherche à établir que ces substances, aux doses autorisées dans l’eau potable, provoquent des comportements comparables à ceux observés chez les personnes autistes, ce que le porteur dit avoir déjà découvert, tout en écrivant que ces mêmes doses ne présentent pas d’effets indésirables notables. Sur la réduction, il se borne à mentionner des outils statistiques appropriés, sans rien dire de ce qui fixe l’effectif à 240 souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les objectifs de cette recherche sont d’examiner comment certains polluants que l’on trouve couramment dans notre environnement affectent le développement du cerveau et le vieillissement. Nous étudions principalement trois fongicides, qui sont des produits chimiques utilisés pour protéger les cultures de la moisissure : le cyprodinil, le mépanipyrim et le pyrimethanil. Ces substances sont largement employées dans les vignobles et sur d’autres fruits après la récolte. Nous avons découvert que l’exposition à ces fongicides, même à des niveaux considérés comme sûrs dans l’eau potable, peut perturber le développement du cerveau des animaux et mener à des comportements similaires à ceux observés chez les personnes autistes. Nous nous interesserons également a la fonction de reproduction de nos animaux. Notre but est maintenant d’identifier les moments critiques pendant le développement où ces fongicides peuvent avoir le plus grand impact, afin de mieux comprendre comment ils provoquent ces effets néfastes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à mieux comprendre comment l’exposition à des produits chimiques présents dans l’environnement peut affecter le développement des troubles neurologiques et contribuer à l’apparition de l’autisme. Les produits que nous étudions sont des fongicides, qui sont des substances utilisées pour lutter contre les moisissures sur les cultures. Les niveaux d’exposition que nous utilisons correspondent à ceux autorisés dans l’eau potable, ce qui est important pour la santé publique. À long terme, les résultats de notre recherche pourraient aider à modifier les règles sur l’utilisation de ces produits afin de mieux protéger la santé humaine.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les mères seront exposées à des fongicides à des doses réglementaires autorisées dans l’eau potable. La trajectoire de développement des souriceaux comprendra l’ouverture des yeux (durée du test : 1 minute), l’examen du conduit auditif (durée du test : 1 minute), le réflexe de sursaut (durée du test : 1 minute), l’acquisition de la marche (durée du test : 1 minute), l’orientation olfactive (durée du test : 5 minutes) et l’activité motrice (durée du test : 10 minutes). À l’âge adulte, les animaux seront évalués pour leur habileté sociale, leur capacité à générer des stéréotypies motrices et cognitives, ainsi que leur niveau d’anxiété. Chacun de ces tests durera entre 7 et 15 minutes et ne sera réalisé qu’une seule fois par animal. Les frottis vaginaux quotidiens (moins d’une minute) peuvent être inconfortables. De même, la prise de sang (environ 5 minutes) peut entraîner un stress temporaire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’exposition aux fongicides à des doses réglementaires autorisées ne présente pas d’effets indésirables notables. Dans les expériences précédentes, nous n’avons observé ni douleur, ni souffrance, ni perte de poids, ni stress liés au traitement. De plus, les animaux seront soumis à des tests comportementaux éthologiques non invasifs, ne générant pas de stress particulier, à l’exception du stress causé par la contention, la manipulation et la séparation des congénères pendant la durée des tests. La prise de sang, tout comme les frottis vaginaux, peut entraîner un certain inconfort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour le prélèvement de tissus à des fins d’analyses ex-vivo.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour mieux comprendre les causes de l’autisme et développer de nouveaux traitements, il est essentiel de disposer de modèles animaux que les scientifiques peuvent étudier. En examinant de près le comportement de ces animaux, nous pouvons vérifier s’ils représentent bien les caractéristiques de l’autisme. Cela nous aide également à tester l’efficacité de nouveaux traitements. L’évaluation des effets d’un traitement doit se faire principalement à travers le comportement des animaux, car il n’existe pas de test biologique permettant de diagnostiquer l’autisme. En effet, le diagnostic repose uniquement sur l’observation des comportements. C’est pourquoi nous devons étudier les animaux dans leur ensemble pour capturer toute la variété de leurs comportements.
2. Réduction
Nous utilisons des outils statistiques appropriés pour déterminer précisément le nombre d’animaux nécessaires à la réalisation des expériences.
3. Raffinement
Nous améliorerons nos expériences pour réduire au maximum l’inconfort ou le stress que les animaux pourraient ressentir pendant les tests. Les souris seront placées en petits groupes de 2 à 4, avec tout le nécessaire pour construire un nid (comme de la ouate et des cabanes en carton). Un même expérimentateur s’occupera d’elles tous les jours, afin qu’elles s’habituent à la manipulation. L’autisme touche aussi bien les hommes que les femmes, c’est pourquoi nous étudierons des animaux des deux sexes. Chaque souris sera testée à différents moments de sa vie, depuis sa période de développement jusqu’à l’âge adulte. Cela nous permettra de suivre leur évolution et de mieux comprendre les étapes clés du développement de la pathologie. Pendant les expériences, nous mettrons en place des points limites stricte (suivi de l’expression faciale et de la posture, poils hérissés, dos voûté, absence de toilettage, ptose palpébrale, perte de poids ou prise de poids de plus de 10 %) afin d’éviter de faire souffrir inutilement les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont des animaux sociaux qui nous permettent d’étudier facilement les problèmes de compétences sociales, un symptôme clé de l’autisme. De plus, leur comportement est très riche, ce qui nous aide à évaluer d’autres réponses qui peuvent également être touchées par l’autisme. Les problèmes de comportement observés chez les souris qui modélisent l’autisme sont suffisamment clairs et fiables pour tester si notre modèle est correct et, si c’est le cas, pour voir si certains traitements peuvent avoir des effets bénéfiques. Nous utiliserons des souris adultes (âgées de 8 à 12 semaines), moment où leur comportement est bien développé et où les problèmes de comportement se sont stabilisés.