Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les professionnels de santé utilisent aujourd’hui des dispositifs médicaux (prothèse, pansement, produit dentaire, crème…). Le but du projet est d’évaluer la biocompatibilité de ces dispositifs. Autrement dit nous devons déterminer si les dispositifs, qui vont avoir un contact direct et indirect avec les tissus et fluides interne, sont compatibles avec le corps humain. Parmi les paramètres à étudier pour évaluer la biocompatibilité d’un dispositif médical, il faut évaluer les risques de toxicité aiguë ainsi que le potentiel sensibilisant. Pour répondre aux obligations règlementaires avant mise sur le marché de produit, nous réaliserons des tests de toxicité systémique aigüe ainsi qu’un test de sensibilisation sur le modèle souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permet d’obtenir des données expérimentales utilisées pour conclure sur la sécurité biologique d’un dispositif médical, et par conséquent sa biocompatibilité. Le projet découle d’une évaluation du risque réalisée au préalable en tenant compte de l’utilisation des dispositifs médicaux et des données fournies par le client. Ce projet fait donc partie intégrante de l’évaluation biologique des dispositifs médicaux, une exigence essentielle en matière de sécurité requise par le Règlement Européen et exigée par les organismes notifiés afin d’accorder ou non la mise sur le marché. Ces tests pré-cliniques voués à évaluer la biocompatibilité des dispositifs médicaux ont donc pour but d’obtenir une autorisation de mise sur le marché sans risque pour la santé de l’Homme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Toxicité par voie orale : traitement unique par gavage (30seconde/animal). Pesée à J0, J2, J7 et J14. Observations cliniques quotidiennes. Injection intrapéritonéale ou dislocation cervicale pour l’analgésie et la mise à mort – Toxicité systémique par voie cutanée : traitement 24h unique local par patchage / dépatchage (mise d’un pansement puis retrait). Pesée à J0, J2, J7 et J14. Observations cliniques quotidiennes. Injection intrapéritonéale ou dislocation cervicale pour l’analgésie et la mise à mort. – Toxicité systémique aigüe par voie intraveineuse et/ou intrapéritonéale : traitement unique par injection intraveineuse ou intrapéritonéale (1minute/animal). Pesée de J0 à J3. Observations cliniques quotidiennes. Injection intrapéritonéale ou dislocation cervicale pour l’analgésie et la mise à mort. – Sensibilisation cutanée : 3 applications locales sur les oreilles (30secondes/animal) et 2 mesures de l’épaisseur de l’oreille (10secondes/animal) sur animaux vigiles. Pesée à J0 et J6. Une injection intrapéritonéale à J5 sur animaux vigiles (30secondes/animal). Injection intrapéritonéale pour l’analgésie et la mise à mort.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

 Concernant les études de toxicité systémique, les réactions attendues sont des signes cliniques généraux relevant d’une toxicité systémique : augmentation/diminution de l’activité spontanée des animaux ; diminution du réflexe de Preyer (mouvement involontaire des oreilles lors d’une stimulation auditive) ; augmentation/diminution de la respiration, de la température corporelle, et du tonus musclaire ; limitation du réflexe de retournement ; aspect anormale de la ptose palpébrale (abaissement de la paupière supérieure), de l’aspect de la pupille, de l’aspect du poil ; observation de convulsions, tremblements, salivation, et larmoiement. La toxicité systémique peut également aboutir à la mort de l’animal. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal peut être mise à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Pour le test de toxicité par voie dermique, en plus des effets systémiques, des réactions locales limitées à la zone de traitement peuvent être observées (sécheresse cutanée, perte de souplesse de la peau, érythème pouvant aller jusqu’à la formation d’escharre et/ou de croûte, desctruction de l’épidermes et du derme, œdème). Pour le test de sensibilisation, en plus des effets systémiques, des réactions locales limitées à la zone de traitement peuvent également être observées (sécheresse cutanée, érythème, œdème). De plus les animaux sont hébergés seuls. Il nous est impossible d’estimer ou de prédire la durée de ces nuisances car elles seront dépendantes du produit testé. En revanche, des grilles d’évaluation sont mises en place en parallèle pour suivre le bien-être de l’animal, s’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. De plus les animaux traités par voie orale seront avant le test mis à jeûn pendant plusieurs heures (max 4h), les animaux traités par voie dermique seront isolés pendant la durée de l’application (24 heures) et les animaux utilisés pour le test de sensibilisation seront hébergés en cage individuelle.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

– Toxicité par voie orale et toxicité systémique par voie cutanée : autopsie générale, suite à la mise à mort, avec observation particulière des sites de traitement (estomac et peau du dos, respectivement) – Toxicité systémique aigüe par voie intraveineuse et/ou intrapéritonéale : mise à mort. – Sensibilisation cutanée : nécessité de prélever les ganglions lymphatiques auriculaires pour la préparation de suspensions cellulaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’ensemble des procédures d’évaluation de la toxicité aiguë visent à assurer, pour l’utilisateur final, la sécurité biologique et la biocompatibilité d’un dispositif médical. Ces procédures ne sont réalisées que si les informations rassemblées lors d’une analyse de risques biologiques, réalisée en amont, ne sont pas suffisantes pour considérer le risque comme négligeable (identité et structure chimique des composants, propriétés physico-chimiques, résultats obtenus dans tous les autres essais de toxicité in vitro et in vivo sur le dispositif ou ses composants, données toxicologiques de substance structurellement apparentées et l’usage escompté). A ce jour aucun modèle in vitro permettant d’évaluer la toxicité systémique aiguë d’un dispositif médical n’est décrite dans les normes communément accepté par les autorités réglementaires pour autoriser la mise sur le marché. Concernant l’évaluation du potentiel sensibilant d’un dispositif, là encore, à l’heure actuelle aucun modèles in vitro n’est assez élaborés pour être représentatif d’un organisme vivant et donc accepté par les autorités réglementaires pour accorder une mise sur le marché.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ces tests ne sont réalisés que sur un seul sexe afin de limiter le nombre d’animaux. Des femelles sont préférentiellement utilisées car elles sont moins agressives. Nous n’utiliserons des mâles que si le dispositif médical à tester est exclusivement pour un usage masculin. Pour l’étude de toxicité aiguë TAIs, afin de limiter le nombre d’animaux encore davantage nous essayons au maximum de grouper plusieurs études afin de ne réaliser qu’un seul groupe témoin. Le nombre d’animaux utilisés dans chaque étape est fixé par les normes spécifiques aux procédures. Et ne peut donc pas être réduit. En effet pour établir ces normes des tests statistiques ont été réalisés pour établir le nombre d’animaux nécessaire pour statuer sur la toxicité d’un produit. Ces tests statistiques ne sont donc plus faits en routine. Le nombre de test annuel est basé sur une estimation au vu du nombre de tests effectués les années précédentes. Aucun test statistique ne sera effectué dans ces projets.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

A leur arrivée, les animaux sont mis en cage par groupe de 5 animaux, par l’animalier qui effectue un premier contrôle de leur état de santé. Seuls les animaux participant au test de sensibilisation sont hébergés individuellement. En vue de leur acclimatation aux conditions du laboratoire, les animaux sont gardés pendant au minimum 5 jours avant le début des procédures, pour garantir leur bien-être. La taille des cages est adaptée aux critères de bien être animal, elles sont transparentes avec une grille perforée sur le dessus et contiennent de la litière constituée de copeaux de bois résineux déshydratée puis tamisée, ainsi que des frisottis, une balençoire et un tunnel en carton comme enrichissement. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau et la litière souillée est remplacée par de la litière propre 2 fois par semaine. Les cages des souris hébergées en individuel sont placées les unes à côté des autres pour permettre un lien visuel (paroi transparente) et olfactif et auditif (grille pour fermer la cage au-dessus) entre les animaux. Pour le test de sensibilisation un essai préliminaire, sur un nombre le plus réduit possible d’animaux, est effectué afin de déterminer la dose non irritante qui sera testé lors de l’essai définitif sur un plus grand nombre d’animaux. S’il y a atteinte des points limites alors l’animal sera mis à mort pour raison éthique avant la fin de l’étude. Les points limites sont définis pour ces tests afin d’éviter toute souffrance inutile aux animaux. Enfin, une permanence est effectuée les week-ends et jour fériés par le personnel du laboratoire. Au vu du but de ces tests (évaluation des effets toxiques ou sensibilisant d’un dispositif) aucune médication ne pourra être mis en place durant la phase expérimentale car cela biaiserait les résultats des études. Les seules étapes de soins pouvant être mis en place sont l’isolement de l’animal afin de mieux l’observer (comportements, selles, alimentation), mise en place d’une lampe chauffante dans le cas d’une diminution de la température, nourriture mouillée et broyée pour faciliter la prise alimentaire, désinfecter une blessure, réhydratation par injection de sérum physiologique. L’ensemble de ces étapes sera mis en place sur conseil et avec l’accord du vétérinaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris, reste le modèle de choix utilisé pour ces essais, cela est décrit dans des normes réglementaires. Ce sont ces normes qui imposent l’espèce a utilisé en fonction du test. Des souris d’espèces différentes sont utilisé pour les tests de toxicité et pour le test de sensibilisation. Ces normes imposent également le stade de développement des animaux qui est de 7 à 12 semaines. Les femelles utilisées sont nullipares et non gravides.