
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-745203)
Une chirurgie cérébrale de quarante-cinq minutes à une heure, puis une injection dont le porteur attend une douleur, un gonflement, une proptose et un traumatisme oculaire : 54 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l’issue pour prélever leur cerveau. Certaines sont imagées éveillées, la tête maintenue immobile. L’objectif reste exploratoire, vérifier qu’une sonde fluorescente permet de suivre le réseau mitochondrial dans le cortex vivant, et le porteur indique qu’aucune approche statistique n’a été retenue puisque l’étude fonctionne en go/no-go. Il justifie le choix de la souris par la proximité de son système nerveux central avec celui de l’être humain et par la facilité à obtenir des animaux génétiquement modifiés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de tester si une technique d’imagerie (microscopie 2 photons) nous permettrait de visualiser et de quantifier la activité mitochrondrial in vivo
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra de mieux comprendre l’activité de l’ensemble du réseau mitochondrial dans le cortex cérébral in vivo. Elle fournira de nouvelles pistes d’exploration pour l’étude du métabolisme cellulaire in vivo. Les maladies mitochondriales constituent un ensemble de maladies génétiques, souvent héréditaires. Elles peuvent avoir un impact majeur sur le pronostic vital des patients, et il n’existe actuellement aucun traitement curatif. La mise au point d’une sonde fluorescente permettant d’étudier la dynamique du réseau mitochondrial contribuera, à long terme, à une meilleure compréhension de la physiopathologie des maladies mitochondriales et, par la suite, à l’élaboration de nouvelles pistes thérapeutiques pour leur traitement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Les souris recevront, une injection (3 minutes maximum). 1 heure, 24 heures ou 48 heures plus tard, les souris suivront une chirurgie terminale sans réveil (5 minutes). – Les souris suivront une chirurgie cérébrale (entre 45 minutes et 1 heure). Deux semaines plus tard, ils recevront une injection unique (3 minutes maximum). 1 heure, 24 heures ou 48 heures plus tard, les souris suivront une séance d’imagerie sous analgésie et anesthésie générale pour certains et pour d’autres à l’état vigile avec séances d’habitation aux séances d’imagerie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– Injection sous anesthésie gazeuse, qui entraînera un stress léger lié à l’anesthésie. Suite à l’injection, les effets indésirables attendus sont une douleur, un gonflement autour du site d’injection, une proptose et un traumatisme oculaire. – Injection sans anesthésie: Stress léger lié à la contention (moins d’une minute), douleur légère (moins d’une minute) due à l’injection, gonflement autour du site d’injection. – Chirurgie cérébrale : Stress léger lié à l’anesthésie, douleur, hypothermie, faible perte de poids, déshydratation, faible risque d’infection au site d’incision, immobilité, diminution de l’interaction avec les congénères. – Imagerie sous anesthésie : Stress léger lié à l’anesthésie, hypothermie. – Imagerie chez les animaux éveillés : stress léger lié à la contention de la tête.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de toutes les expériences, les animaux seront euthanasiés et leur cerveau sera prélevé.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Plusieurs phases de ce projet ont été effectuées in vitro sur différentes lignées cellulaires . Actuellement, nous souhaitons analyser si cette sonde fluorescente est également adaptée à l’étude de l’ensemble du réseau mitochondrial in vivo, en temps réel. Cela nous permettra de mieux comprendre la physiologie de ce réseau dans les circuits neuronaux du cortex cérébral. L’utilisation d’animaux est donc inévitable.
2. Réduction
Dans le cadre de cette étude pilote, plusieurs mesures sont mises en place afin de limiter le nombre d’animaux utilisés. L’absence d’approche statistique se justifie par la nature exploratoire de l’étude, évitant ainsi d’inclure un grand nombre d’animaux pour des analyses quantitatives prématurées. De plus, l’approche « go/no-go » permet d’arrêter les expérimentations dès l’obtention de résultats concluants, réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaires. Enfin, l’utilisation de la microscopie sur des animaux imagés à plusieurs reprises dans des études longitudinales optimise la collecte de données et diminue le besoin d’animaux supplémentaires.
3. Raffinement
Les mesures que nous avons mises en place pour réduire la douleur pendant les procédures expérimentales incluent l’utilisation d’anesthésie et d’analgésie, ainsi que des mesures de raffinement, notamment un contrôle continu de la température tout au long des procédures chirurgicales. Les animaux seront observés quotidiennement par l’expérimentateur, avec une surveillance renforcée pendant les phases expérimentales. L’évaluation des points limites, adaptés aux procédures, se fera selon une grille d’évaluation spécifique. En fonction des signes cliniques observés, des mesures conservatoires sont prévues, telles que des soins appropriés et l’administration de traitements antalgiques. Si la récupération ne s’effectue pas, l’animal sera euthanasié.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est une espèce de choix pour les études sur le système nerveux central des vertèbres. L’organisation du système nerveux central de cette espèce est assez proche de celle de l’homme, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus chez cette espèce à l’espèce humaine. Cela contribue à mieux comprendre les mécanismes à une échelle cellulaire ainsi qu’au niveau des circuits neuronaux. Nous utilisons le modèle souris qui est l’espèce de rongeur permettant d’obtenir aisément des animaux modifies génétiquement. Le projet sera réalisé sur des animaux agés de plus de 6 semaines, ce qui correspond à l’âge adulte pour ces espèces. Leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau homogène pour une bonne reproductibilité́ des procédures chirurgicales.