
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-05-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-748374)
72 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, la moitié dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, l’autre moitié tuée sous anesthésie avant tout réveil. Elles portent une mutation qui reproduit une laminopathie humaine et les fait décliner jusqu’à la mort par atteinte cardiaque vers huit mois. Trente-six subissent des électroneuromyographies avec aiguilles intramusculaires et des mesures de force, trente-six une perfusion intracardiaque, pour mieux comprendre la maladie. Le porteur affirme qu’aucune méthode in vitro, ex vivo ou in silico n’existe et décrit un modèle qui ne peut pas être remplacé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les laminopathies constituent un ensemble très hétérogène de maladies génétiques caractérisées par des mutations dans des gènes codant des protéines nucléaires appelées lamine A et C. Parmi elles, plusieurs sont des maladies à expression préférentiellement neuromusculaire dont l’une d’entre elle se caractérise par une apparition précoce des symptômes souvent associés à une atteinte cardiaque appelée cardiomyopathies. Ce projet a pour but l’exploration des modifications fonctionnelles et structurelles du muscle squelettique et cardiaque permettant une meilleure compréhension de ces maladies et une prise en charge adaptée des patients dans un modèle murin de la pathologie. Le modèle murin de référence utilisé dans ce projet est porteur d’une mutation décrite chez l’homme et récapitulant, à l’état homozygote les caractéristiques phénotypiques musculaire et cardiaques décrites chez l’homme et détectable dès 3 mois allant jusqu’au décès des animaux à 8 mois.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’ensemble des résultats obtenus permettront de progresser sur les connaissances physiopathologiques synaptiques et cardiaques dans le cadre de défauts de protéine de l’architecture nucléaire, permettant ainsi une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans les laminopathies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet, 36 animaux subiront une étude Electroneuromyographiques (ENMG) sur la patte gauche des souris (gastrocnemius) mutantes et contrôles (d’une durée de 8 minutes/animal) à 3 âges de la pathologie (3, 6 et 8 mois) et une semaine après des mesures de la force musculaire directe et indirecte (d’une durée de 20 à 30 minutes) sur la patte droite des souris mutantes et contrôles à 3 âges de la pathologie (3, 6 et 8 mois). Les 36 autres animaux subiront un acte de perfusion intracardiaque permettant une analyse macroscopique du cœur des souris mutantes et contrôles (d’une durée de 15 minutes) à 3 âges de la pathologie (3, 6 et 8 mois). Tous les actes du projet sont effectués sous anesthésie et analgésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans chaque acte du projet des risques anésthesiques incluant un possible réveil ainsi qu’une détresse respiratoire peuvent survenir. Pour l’acte d’électromyographie, des nuisances post opératoire dû aux aiguilles intra-musculaire peuvent apparaître tel que une infection, inflammation et une douleur ou incorfort. Le modèle utilisé dans ce projet présente des atteintes cardiaques qui pourraient accentuer le risque d’anesthésie lors de chaque acte.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le protocole compte un lot 72 animaux (souris). Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des 2 procédures du projet. Des prélèvements de nombreux tissus et organes seron prélevés par la suite pour procéder à des analyses biochimiques et histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans ce projet nous anticipons l’utilisation d’un nombre total de 72 animaux respectant ainsi les règles des trois R de remplacement, de réduction et de raffinement. La pathologie d’intérêt est modélisée uniquement dans l’espèce mus musculus. Les souris mutantes récapitulent à l’état homozygote les caractéristiques phénotypiques de la pathologie neuromusculaire et cardiaque. Selon les connaissances actuelles, il n’existe aucune alternative in vitro, ex vivo ou in silico pour répondre à la question scientifique à la fois pour l’analyse fonctionnelle et structurelle des jonctions neuromusculaires mais également l’étude macroscopique du coeur.
2. Réduction
Les souris modèles et contrôles seront étudiées à différents stades allant de 3 mois (stade précoce de la pathologie, 6 mois (forme installée de la maladie) et 8 mois (stade tardif de la pathologie avec mort des animaux causé par une atteinte cardiaque) permettant une analyse aux différents stades de la pathologie. Il y aura 3 groupes de 12 souris selon l’âge des animaux. Les évaluations réalisées dans le cadre de ce projet sont réalisées en routine depuis de nombreuses années dans l’établissement et le nombre d’animaux requis pour atteindre les objectifs scientifiques est par conséquent bien établis et déjà réduit au strict minimum (n=3 groupes de 12 souris suivant l’âge des souris, soit un nombre total de 72 animaux au maximum).
3. Raffinement
Les souris seront stabulées sur des portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et nourriture à volonté. Le cycle d’éclairage est de 12h par jour (les lumières s’allument automatiquement à 6h du matin et s’éteignent le soir à 18h). Le milieu est enrichi avec des igloos (maisonnettes) en polypropylène sont disposés dans les cages permettant les jeux et le repos des souris. Au cours des procédures, seuls les animaux sur lesquels il y a une intervention seront amenés dans la pièce d’expérimentation. Les animaux seront anesthésiés avec un mélange d’analgésique et d’anesthésique en intrapéritonéal ou bien par anesthésique gazeux. Pour les deux procédures, une injection d’analgésique sera administrée pour le bien-être de l’animal. Les animaux feront l’objet d’une surveillance quotidienne jusqu’à leur euthanasie (suivi de poids hebdomadaire, évaluation du bien-être général, vérification de l’absence de nécroses ou escarres) et des points limites ont été définis. Cependant, l’expérimentateur référent de l’électroneuromyographie assure une reprise totale de l’animal et n’a observé aucun état de mal-être à la suite de cette acte.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin utilisé dans ce projet de recherche récapitule à l’état homozygote les caractéristiques phénotypiques de la pathologie neuromusculaire et cardiaque étudiée. Les premiers symptômes sont détectés dès 3 mois chez les mâles homozygotes et évoluent rapidement jusqu’au décès des animaux vers 8 mois provoqué principalement par l’aggravation du phénotype cardiaque. Ce modèle permettra d’étudier les modifications fonctionnelles et structurelles des jonctions neuromusculaires et cardiaques, conséquences des défauts de l’enveloppe nucléaire dans ce modèle murin qui ne peut pas être remplacé.