
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-11-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-754785)
28 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On immobilise une patte avant de vingt d’entre eux dans un gilet pendant sept à quatorze jours, avec des tests de motricité et des échographies sous anesthésie, pour mesurer comment le muscle se raidit après une immobilisation de type post-AVC. Le porteur indique que le gilet entrave le toilettage et gêne l’accès à la nourriture, et qu’une perte de plus de 20 % du poids entraîne la mise à mort. Il affirme qu’aucun modèle in vitro ou in silico n’existe et conclut que les rats sont « essentiels ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’immobilisation du muscle squelettique en position courte à la suite d’un AVC est la facteur qui entraine le plus de dommages et provoque l’atrophie du tissu contractile, l’épaississement du tissu conjonctif et une altération du comportement mécanique passif avec une augmentation de la raideur du muscle squelettique. C’est dans ce contexte que ce projet vise à mesurer l’évolution des propriétés mécaniques et structurelles du muscle squelettique, au fil du temps, à la suite d’une immobilisation chez le rat.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
In fine, ce projet permettra d’apporter des informations sur l’évolution des propriétés du muscle squelettique après une immobilisation post-AVC aux personnels soignants et ainsi de donner une possibilité d’amélioration de la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
La première étape du protocole consiste à mesurer le niveau d’asymétrie des deux pattes avant à travers un test de motricité indolore. La seconde étape consiste à mesurer la rigidité du muscle squelettique à l’aide d’un échographe, sous anesthésie gazeuse, pendant 20 minutes. Toujours sous anesthésie, les pattes avant gauche des rats des groupes « immobilisation pendant 7 et 14 jours » (20 au total) sont ensuite immobilisées à l’aide d’un gilet confectionné à partir des bandes auto-adhésives et de bandes velcro. Les animaux seront sous surveillance lors de leur réveil et la tenue du gilet d’immobilisation ainsi que leur état de santé seront surveillés tous les jours (prise/perte de poids, état général). Les tests de motricité (d’une durée de 2 minutes) et les mesures par imagerie échographique seront effectuées à Jour 0, Jour 7 et Jour 14.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’immobilisation de la patte avant entrave le toilettage normal de l’animal. Ceux-ci seront brossés et nettoyés deux fois par jours avec une lingette humide. De plus, des difficultés à se déplacer et à se nourrir pourraient intervenir. Par conséquent, une gamelle de granulés humidifiés ou des gels nutritifs pourront être déposés quotidiennement au sol de sorte que les animaux puissent se nourrir plus facilement, si ils n’arrivent pas à atteindre les granulés des mangeoires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux du projet sont mis à mort afin de prélever les muscles des pattes avant. Ces muscles seront soumis à des tests mécaniques in vitro permettant de déterminer l’évolution de leurs propriétés mécaniques après 7 et 14 jours d’immobilisation. Des coupes histologiques seront par la suite réalisées pour évaluer la quantité de tissu conjonctif, la taille des fibres musculaires et, entre autres, le type de fibre.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement pas de modèle in vitro ou in silico permettant de déterminer l’évolution des propriétés mécaniques et structurelles du muscle squelettique immobilisé. Les modèles animaux sont donc essentiels et ne peuvent donc être remplacés.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé afin de garantir une quantité suffisante de matériel biologique pour les analyses post-mortem, tout en tenant compte de la variabilité individuelle observées dans d’autres études. De plus, le protocole d’immobilisation a été adapté pour assurer son efficacité sur le plus grand nombre d’animaux possible.
3. Raffinement
Il existe un moyen d’immobilisation plus rapide à mettre en place et moins encombrant pour l’animal. En effet, les bandes auto-cohésives couplées à des bandes de velcro permettront d’immobiliser la patte de l’animal tout en étant plus souple et plus léger que le plâtre. L’ajout de velcro permettra de protéger temporairement les bandes cohésives du grignotage par les congénères. Les bandes de velcro pourront être remplacées si besoin. Ce dispositif permettra aussi de maintenir les animaux par groupe et non plus individuellement comme c’est le cas pour le plâtre. Un surplus d’enrichissement à ronger sera ajouter dans chaque cage et la nourriture sera humidifiée et déposée dans une gamelle afin d’aider les animaux à se nourrir plus facilement. L’immobilisation et les échographies seront effectuées sous anesthésie gazeuse et les animaux seront positionnés sur un plateau chauffant à 37±0.5°C afin d’éviter une hypothermie. Si les animaux présentent des signes de douleurs, celles-ci seront prises en charge par des analgésiques. Si les animaux perdent moins de 20% de leur masse initiale, des aliments appétents seront distribués. En revanche, si la perte de masse est supérieure à 20%, les animaux seront mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de rat est approprié à notre étude pour plusieurs raisons: – Il partage de nombreuses similitudes anatomiques, physiologiques et génétiques avec les êtres humains, notamment sur l’aspect des propriétés biomécaniques du muscle squelettique. – Sa petite taille permet de mesurer facilement les paramètres physiologiques (notamment moteurs) et dans le cas de notre étude d’immobiliser facilement un membre. – Il y a une bonne homogénéité entre les différentes souches de rats et donc la possibilité de comparer les résultats collectés à ceux d’autres études – Les dimensions limites pour réaliser les tests de traction-relaxation font que le modèle de rat permet de tester mécaniquement plus de muscle que le modèle de souris. – Il est souvent utilisé dans des études sur les effets de l’immobilisation du muscle squelettique. Des jeune adultes de 10 semaines sont choisis pour ce projet. Leur prise massique est réduite de l’ordre de 15% de prise de masse en 14 jours, ce qui permet de réaliser le protocole d’immobilisation sans avoir à modifier les gilets d’immobilisation à plusieurs reprises.