
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-06-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-763523)
Une injection de cellules dans le foie, par une chirurgie de quinze minutes sous anesthésie, fait pousser des tumeurs chez 280 souris. Elles subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avec un stress lié à la contention et une gêne possible au niveau de la cicatrice. Le porteur affirme pourtant que les tumeurs se développent sans affecter l’animal de manière importante, au motif que le foie est peu innervé et que sa fonction reste intacte. Toutes sont tuées à la fin de chaque procédure pour collecter leur foie et l’analyser en immunohistochimie et en anatomopathologie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le virus de l’Hépatite B (VHB) infecte le foie humain, causant une hépatite virale sévère qui évolue souvent en cirrhose, puis en cancer du foie (carcinome hépatocellulaire, CHC). Le CHC constitue la troisième cause de mortalité due au cancer dans le monde, et il n’existe à ce jour pas de solution thérapeutique satisfaisante. Bien qu’il existe un vaccin qui protège contre l’infection par le VHB, plus de 300 millions de personnes sont déjà infectées, et l’on considère qu’environ 1 million de décès sont liés au virus chaque année. Le but de notre projet est de mieux comprendre comment l’insertion du virus dans l’ADN des patients infectés modifie l’organisation des chromosomes, afin d’éclairer les mécanismes par lesquels le VHB augmente fortement le risque de cancer du foie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre comment le virus de l’hépatite B perturbe le fonctionnement des cellules du foie et favorise l’apparition d’un cancer. En identifiant les mécanismes en jeu, notamment certains gènes qui jouent un rôle clé dans le développement de tumeurs, cette recherche pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements, plus ciblés et plus efficaces. À terme, ces avancées pourraient non seulement profiter aux personnes atteintes de cancer du foie, mais aussi contribuer à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour d’autres types de cancers, comme ceux du poumon ou du pancréas.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une injection des cellules dans le foie, nécessitant un acte chirurgical sous anesthésie (15 minutes par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets sont le développement de tumeurs du foie. Elles se développent sans affecter de manière importante l’animal car nous collectons les tumeurs lorsqu’elles sont encore de taille réduite. De plus, le foie est un tissu peu sensible (peu innervé), et le développement tumoral n’affecte pas le fonctionnement de l’organe. Il existe également un stress induit par la contention de l’animal,et une gêne possible liée à la cicatrice. Les animaux sont évalués quotidiennement pour, si besoin, arrêter l’expérience avant toute apparition de nuisance pour l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont euthanasiés à la fin de chaque procédure afin de collecter les foies pour analyses liées au projet (immunohistochimie, anatomopathologie, biochimie,…).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons réalisé le plus d’expériences possible en laboratoire sur des cellules en culture. Cela nous a permis d’obtenir des résultats importants tout en limitant l’usage d’animaux. Cependant, pour comprendre réellement comment le virus de l’hépatite B favorise le développement du cancer du foie, nous devons maintenant passer à des expériences chez la souris. En effet, la formation et la croissance des tumeurs dépendent de nombreux facteurs qu’on ne peut pas reproduire entièrement dans une boîte de culture : l’environnement du foie, les interactions avec d’autres organes, et la réponse globale de l’organisme. Dès que nous aurons obtenu les informations nécessaires dans ce modèle, nous reviendrons au modèle de lignées cellulaires.
2. Réduction
Nous avons tout mis en œuvre pour utiliser le moins d’animaux possible dans ce projet. En collaboration avec notre service de statistiques, nous avons soigneusement calculé le nombre minimal d’animaux nécessaire pour obtenir des résultats fiables. Il en ressort qu’il nous faut 10 animaux par groupe expérimental pour pouvoir répondre de manière rigoureuse à notre question scientifique. Par ailleurs, nous avons restreint nos expériences au strict nécessaire, en limitant à la fois le nombre de cellules testées et le nombre de moments d’analyse, afin de réduire au maximum l’impact sur les animaux tout en conservant la validité des résultats.
3. Raffinement
Nous avons soigneusement planifié et optimisé notre protocole expérimental, en suivant les recommandations européennes, afin de réduire au maximum les contraintes pour les animaux. Concrètement, nous avons choisi une anesthésie plus légère, réduit la durée de la chirurgie et utiliserons un tapis chauffant pour stabiliser la température corporelle, ainsi que l’application d’une crème réparatrice pour favoriser la cicatrisation. Ensuite, grâce à une grille de surveillance, nous suivrons les animaux quotidiennement pour intervenir si nécessaire et éviter qu’ils ne développent un inconfort lié à la tumeur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce animale de choix pour l’étude des cancers du foie et de la physiologie hépatique. Le modèle proposé est le plus proche de la maladie humaine, permettant d’analyser les premières étapes du développement de tumeurs. La souris est également un modèle d’étude classique pour tester de nouveaux médicaments dans les cancers. Ces approches sont soutenues par de nombreuses publications scientifiques dans des revues internationales, et ont conduit à de nombreux essais cliniques chez l’homme, et, au final, à l’approbation de nouveaux traitements. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (7-8 semaines). Nous voulons modéliser au mieux le fonctionnement de l’organe et la pathologie humaine (pathologie chez l’adulte).