
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-771995)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour but d’évaluer le potentiel thérapeutique d’une nouvelle stratégie ciblant une protéine impliquée dans le développement du mélanome et du cancer du rein à cellules claires. Actuellement, les modulateurs du système immunitaire constituent le traitement de référence pour le mélanome et le carcinome à cellules rénales. Toutefois, leur efficacité reste limitée du fait d’une faible proportion de réponses complètes. L’ère actuelle repose donc sur des combinaisons thérapeutiques, pour améliorer les réponses tumorales et la survie. Notre projet s’inscrit clairement dans cette démarche, en explorant de nouvelles combinaisons permettant de renforcer l’efficacité tout en maîtrisant la tolérance. Nous avons développé un anticorps reconnaissant spécifiquement une protéine fortement surexprimée dans les mélanomes et les carcinomes à cellules rénales par rapport au tissu normal, et qui pourrait être une cible thérapeutique intéressante dans la prise en charge de ces cancers. Nous avons montré que notre anticorps conduisait à une inhibition partielle de la croissance du cancer du foie dans un modèle de souris ne présentant pas de système immunitaire. Nous avons également montré que le traitement de cellules immunitaires par notre anticorps permet de moduler leur activité. Ceci suggère que notre anticorps pourrait améliorer l’efficacité des thérapies existantes en ciblant le système immunitaire. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la progression du des cancers exprimant fortement cette protéine et d’ouvrir de nouvelles pistes de traitement en combinant notre anticorps et des traitements ciblant le système immunitaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Actuellement, les traitements ciblant le système immunitaire sont recommandés dans la prise en charge du mélanome et du cancer du rein, mais leur efficacité reste limitée. Cette étude permettrait le développement clinique de nouvelles thérapies et ainsi contribuer à améliorer la prise en charge des patients à l’avenir pour le traitement des cancers où la protéine que nous avons identifiée est surexprimée et associée à un mauvais pronostic vital. Notre projet est une étape vers la mise en place de nouveaux traitements des cancers. Nous pensons que notre anticorps peut améliorer l’efficacité des thérapies actuelles qui ciblent le système immunitaire et ainsi la prise en charge des malades dans le futur.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour l’étude de pharmacocinétique, les animaux recevront une injection unique d’anticorps sur animaux vigiles. Cette injection est réalisée en moins d’une minute. Les animaux subiront 5 prélèvements de sang en une semaine. Chaque prélèvement est réalisé sur animaux vigiles et prend environ une minute à être réalisé. Tous les animaux du projet recevant la greffe de cellules cancéreuses les animaux seront soumis à une injection unique sous la peau de ces dernières. Cette injection prend environ une minute à être réalisée sur animaux anesthésiés. Certains animaux recevront un traitement par anticorps 2 fois par semaine pendant 4 semaines par injection réalisée sur animal vigile. Tous les animaux subiront un prélèvement de sang terminal sur animal anesthésié . Cette procédure est réalisée sur animaux anesthésiés et est réalisée en environ 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections répétées peuvent parfois engendrer une induration ou très rarement une ulcération au niveau des sites d’injection. Dans certains cas la croissance de la tumeur sous cutanée peut entrainer l’apparition d’une ulcération cutanée au niveau du site d’implantation des cellules. Un stress physique lors de la manipulation et de la contention nécessaires à l’injection des traitements sont attendus, mais de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de ce projet seront mis à mort afin de collecter les tissus qui seront utilisés pour des analyses ultérieures.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de remplacer les études in vivo, nous avons procédé à des études in vitro sur lignées cellulaires et ex vivo sur des tissus de patients afin de démontrer la validité de l’approche. Celle-ci nécessite maintenant une validation dans un modèle physiologique complet sur animal entier avant transposition clinique chez l’humain.
2. Réduction
Afin de réduire la quantité de groupes d’étude, nous prévoyons d’adopter une démarche pas-à-pas, en améliorant au fur et à mesure les conditions d’étude de notre anticorps. Les tailles d’effectifs ont été déterminées à priori grâce à un logiciel dédié afin d’obtenir des résultats statistiquement fiables et robustes. Les données obtenues grâce aux animaux de ce projet seront analysées avec des tests statistiques classiques.
3. Raffinement
Afin de raffiner au mieux notre méthodologie, le protocole expérimental est planifié en amont. L’environnement des animaux est enrichi avec des tubes de coton pour la nidification et des briques de tremble à ronger. Les animaux seront maintenus en groupe. Des points limites précoces ont été établis afin d’interrompre si nécessaire les procédures permettant de soustraire les animaux à toute douleur ou souffrance. Les procédures pouvant entrainer du stress ou de la douleur sont réalisées sous anesthésie générale et analgésie. Les animaux seront soumis à une période d’acclimatation de 7 jours à réception ainsi qu’une semaine d’habituation à la contention afin de diminuer le stress lié à cette procédure.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont de petits mammifères très proches de l’homme notamment du point de vue immunologique. Le modèle proposé dans cette étude a contribué dans le passé à établir le potentiel curatif des approches thérapeutiques ciblant le système immunitaire actuellement prescrites chez l’homme. Les animaux seront utilisés à un âge adulte minimum de 8 semaines afin qu’ils présentent un système immunitaire mature.