Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

210 souris vont être utilisées, 180 tuées à l’issue et 60 réutilisées comme souris visiteuses, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Des femelles gestantes sont exposées à une atmosphère reconstituant la pollution de Pékin, leurs descendants reçoivent une puce RFID, subissent trois contentions de 45 minutes puis des tests d’interactions sociales, de mémoire et d’anhédonie, cinq par groupe passant une imagerie cérébrale sous anesthésie. Le porteur indique viser des biomarqueurs et des conseils de prévention aux familles et aux décideurs, retombées renvoyées au conditionnel. Sur le remplacement, il affirme que le niveau d’intégration cognitif requis interdit les modélisations informatiques et les espèces autres que les mammifères.

NTS-FR-794514v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Pollution atmosphérique, Stress, Troubles psychiatriques, Comportement, Imagerie cérébrale
Souris : 210

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La pollution atmosphérique est un problème majeur de santé publique dans les zones urbaines. Outre les conséquences directes de l’inhalation de polluants sur le système cardiorespiratoire et les décès prématurés, l’exposition prénatale à la pollution urbaine serait associée à une augmentation du risque de développer des troubles psychiatriques, comme l’autisme ou la schizophrénie. Les dommages cérébraux liés à la pollution ont principalement été étudiés chez l’homme au travers d’études épidémiologiques. Ces dernières sont souvent limitées par des facteurs de confusion, qui résultent de l’histoire personnelle de l’individu et de l’évaluation rétrospective de l’exposition aux polluants. En outre, elles ne permettent généralement pas d’évaluer comment ces polluants affectent le système nerveux central. Les modèles animaux apportent des solutions à ces limites. Ils permettent une maîtrise des conditions d’exposition et la reproductibilité des expériences. Notre projet propose ainsi d’évaluer l’impact de l’exposition prénatale à des polluants atmosphérique sur le développement cérébral et le comportement. Par ailleurs, la vulnérabilité aux troubles psychiatriques correspond à une sensibilité qui varie d’un individu à l’autre. Celle-ci est conférée par des facteurs génétiques ou environnementaux, rendant les individus plus sensibles à des facteurs externes comme le stress. Afin de tester si la vulnérabilité induite par une exposition prénatale à des polluants atmosphériques augmente la sensibilité au stress, des souris gestantes seront exposées au cours de leur dernière semaine de gestation à une atmosphère type de la ville de Pékin, dans laquelle les taux de polluants moyens enregistrés dépassent les seuils limites recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé. Chez la descendance des souris exposées, nous évaluerons l’impact d’une telle exposition sur le comportement des animaux et en particulier sur leurs interactions sociales, connues pour être altérées dans l’autisme et la schizophrénie. Afin de tester la sensibilité au stress, la moitié des animaux sera exposée avant les tests à un stress aigu et l’autre non. Sur ces deux groupes d’animaux, nous testerons les capacités cognitives et sociales. Nous étudierons également la structure et le fonctionnement cérébral. Notre projet se déroulera sur deux établissements utilisateurs. Les souris seront exposées à la pollution dans le premier et le comportement des descendants sera étudié dans le second.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Des résultats préliminaires obtenus dans le cadre d’un précédent projet ont montré une diminution des interactions sociales chez des femelles adolescentes dont les mères avaient été exposées à la pollution atmosphérique de la ville de Pékin, mais aucune différence n’avait été observée pour les mâles. Des différences d’expression de plusieurs gènes chez ces mêmes souris femelles ont également été montrées alors qu’aucune différence significative n’a été observée chez les mâles. Cette étude nous permettra de voir si les différences d’interactions sociales observées chez les femelles exposées in utéro à la pollution atmosphérique sont associées à des modifications cérébrales qui pourraient servir de biomarqueurs d’une telle exposition chez l’homme. Elle nous permettra également d’évaluer les conséquences de la combinaison de deux facteurs d’exposition environnementaux sur les comportements cognitifs sociaux et non sociaux non seulement chez les femelles, mais également chez les mâles chez qui aucune différence n’a pu être observée jusqu’alors. Cette double exposition, proche des conditions écologiques rencontrées par l’homme au cours de sa vie, nous permettra d’établir des stratégies de communication auprès des décideurs publiques ou de prévention dans les familles de personnes avec des troubles psychiatriques en leur conseillant d’éviter de vivre dans des zones fortement exposées à la pollution.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La moitié des femelles gestantes sera exposée à une pollution atmosphérique type, équivalente à celle rencontrée dans la ville de Pékin dans le premier établissement utilisateur. Dans le second établissement, la moitié des animaux étudiés sera soumis à trois stress de contention d’une durée de 45 minutes qui précédent les tests d’interactions sociales et le premier test de mémoire. Tous les animaux étudiés seront soumis à des tests de comportement mesurant les interaction sociales (1 fois 10 min), la cognition (test de mémoire, 1 fois 10min puis le lendemain 2 fois 10 min) et l’anhédonie (3 jours consécutifs). Cinq animaux par groupe seront anesthésiés pour être étudiés par imagerie cérébrale. A 12 mois, les animaux qui n’auront pas été étudiés par imagerie cérébrale seront soumis à un test de reconnaissance sociale (3 fois 10 min) et un test de locomotion et d’anxiété (1 fois 10min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Une puce RFID sera injectée à tous les descendants des souris gestantes. La moitié de ces descendants sera exposée trois fois à un stress de contention pendant 45 minutes avant l’évaluation de leurs interactions sociales et de leur cognition. Avant les tests d’interactions sociales, les animaux seront isolés pendant 30 min. Les animaux seront isolés pendant les tests de cognition pour des sessions inférieures à 10 min. Les animaux étudiés pour l’imagerie cérébrale seront anesthésiés. Les animaux soumis à des stress de contention sont considérés impliqués dans une procédure de sévérité modérée. Les autres animaux subissent une procéure de sévérité légère.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux d’étude, c’est-à-dire les descendants des mères exposées (N=120), seront mis à mort à la fin de la procédure pour étudier leur cerveau. Les mères (N=30) seront mises à mort après le sevrage pour étudier l’impact de l’exposition directe à la pollution sur leur cerveau. Les souris visiteuses pour les tests des interactions sociales (N=60) seront réutilisées dans d’autres projets.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les objectifs de ce projet étant de déterminer l’impact de l’exposition prénatale à une atmosphère polluée sur le développement cérébral et le comportement, incluant des profils cognitifs individuels et des comportements intégratifs, le niveau d’analyse requis n’est envisageable que chez des animaux possédant un niveau d’intégration cognitif suffisant et ne peuvent donc être remplacés par des modélisations informatiques. Pour les mêmes raisons, ces expériences ne peuvent pas être conduites chez des espèces autres que les mammifères.

2. Réduction

3R / Réduction :

Toutes les méthodes possibles sont utilisées pour limiter le nombre d’animaux et prendre en compte leur bien-être et leur potentielle souffrance. La réduction du nombre d’animaux sera liée au fait que les mêmes animaux seront étudiés par plusieurs tests de comportement (interactions sociales, cognition sociale et non sociale, anhédonie). Ces mêmes animaux seront également utilisés pour des analyses neuroanatomiques. Les tests statistiques nous permettent d’estimer que nous devons utiliser 15 animaux par groupe pour chaque condition expérimentale pour que le nombre d’animaux utilisés corresponde au minimum requis pour que les données soient scientifiquement interprétables.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont exposés in utéro à des atmosphères polluées (exposés) et non polluées (contrôles) en isolateurs dans des cages enrichies. Après leur exposition, les animaux seront transportés en groupes par un transporteur agréé en cages de transport. Lors du transport, les cages seront munies d’un enrichissement (papier permettant de réaliser des nids), de nourriture sous forme de pellet et d’eau sous forme de gelée. Tout au long des expériences les animaux seront maintenus en conditions standard comportant un enrichissement (cotons permettant de réaliser des nids, éléments de jeux tels que tunnels, bâton de bois, igloos). Afin de suivre leur évolution individuelle, ils seront identifiés à l’aide de puces RFID injectées en sous cutanés à la base du cou au moment de leur sevrage (P21) grâce à une procédure non invasive sans anesthésie ni chirurgie. Nous étudierons l’effet sur les deux sexes pour vérifier l’absence de différence entre les sexes. Les animaux seront observés tous les jours pour détecter toute manifestation de souffrance. Nous surveillerons particulièrement les changements de poids, l’apparence physique (poils très ébouriffés, posture anormale, yeux fermés) et le changement de comportement (vocalisations non-sollicitées, automutilation, animal très agité ou immobile, yeux fermés). En cas de signes de mal-être, la fréquence d’observation passera à 2 fois par jour. En cas de persistance au-delà de 48h, les animaux seront euthanasiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les objectifs de ce projet étant de déterminer l’impact de l’exposition prénatale à une atmosphère polluée sur le développement cérébral et le comportement, incluant des profils cognitifs individuels et des comportements intégratifs, le niveau d’analyse requis n’est envisageable que chez des animaux possédant un niveau d’intégration cognitif suffisant qui ne peuvent être remplacés par des modélisations informatiques ou des espèces autres que les mammifères. Nous étudierons le comportement des animaux à partir de l’adolescence (à partir de 30 jours post-natal) et jusqu’à l’âge adulte (>P90), car c’est une période clé du développement cérébral pour des manifestations phénotypique caractéristiques des troubles du spectre autistique ou de la schizophrénie (troubles cognitifs, de la communication et des interactions sociales). Nous étudierons également les animaux au cours du vieillissement, car l’exposition précoce à la pollution atmosphériqu a été associée chez l’homme à l’apparition anticipée de marqueurs de vieillissement.