Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les souris sont plongées quinze secondes dans un bain à 52 °C pour tester leur sensibilité à la chaleur, rasées sous anesthésie, puis soumises chaque jour à une pression du doigt sur la peau destinée à voir si l’épiderme se décolle. 190 souris vont être utilisées, dont 120 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, pour reproduire une nécrolyse épidermique toxique, réaction médicamenteuse mortelle dans environ 30 % des cas humains. Le porteur écrit que le test à la chaleur est « perçu comme sensiblement douloureux » tout en affirmant qu’il n’induit aucune brûlure ni douleur persistante, et annonce œdème cutané, grattages, perte de poids puis détachement de l’épiderme. Toutes sont mises à mort dès ce détachement, pour analyser les cellules qui infiltrent la peau.

NTS-FR-802182v2
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
allergie médicamenteuse, toxidermie sévère
Souris : 190

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les réactions d’allergie médicamenteuse sont des effets secondaires fréquents chez les patients hospitalisés (1‐3%), dont la prise de médicament est l’élément déclencheur. Ces réactions allergiques peuvent être de sévérité très variée mais la plus sévère est la nécrolyse épidermique toxique. Il s’agit d’une réaction rare (2-4 patients/million d’habitants/an) mais extrêmement sévère, avec décollement et nécrose de la partie supérieure de la peau. Ces réactions sont potentiellement mortelles (~30%) ou entraînent fréquemment de graves séquelles (>50% des patients). L’un des premiers symptômes de la nécrolyse épidermique toxique est une douleur cutanée perçue par des neurones sensoriels spécialisés dans la peau. Des recherches récentes ont mis en évidence que les interactions entre les neurones sensoriels et le système immunitaire participent activement au développement des maladies de la peau. Pour mieux comprendre la sévérité de cette maladie, un modèle très récemment mis au point par l’équipe et mimant les symptômes chez la souris sera utilisé. L’objectif de ce projet sera dans un premier temps de mieux caractériser la réponse immunitaire dans la peau et dans un deuxième temps, d’évaluer le rôle potentiel des neurones sensoriels dans le développement de la nécrolyse épidermique toxique dans ce modèle de souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

1/ Caractérisation de la dynamique de la réponse immunitaire d’un modèle de souris de nécrolyse épidermique au cours du temps 2/ Existence d’interactions entre les neurones sensoriels et les cellules immunitaires qui participent au développement de la nécrolyse épidermique toxique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les souris sont génotypés avec une biopsie de queue de 1mm entre 10 et 15 jours. Les souris seront rasées sur le dos et le ventre, cette procédure est réalisée sous anesthésie à l’isoflurane et dure 30s. Le test à la chaleur réalisé avec un bain marie chauffé à 52°C pendant 15s est perçu comme sensiblement douloureux par la souris mais n’induit aucune brûlure ou douleur persistante chez l’animal. 1ère partie des animaux : Les animaux seront injectés en vigiles par injections à plusieurs reprises (selon les animaux = entre 2 et 7 injections au total, durée 30sec). La déplétion chimique des neurones sensoriels sera faite par injection sous cutanée (3 injections, 30sec). La déplétion des CD4 sera faite par injection intra-péritonéale (1, 2 ou 3 injections, 30sec). Le transfert des cellules sera fait par injection sur des animaux anesthesiés (1 injection, 40sec). Des tests de Nikolsky (legère pression de la peau avec le doigt) seront réalisés sur les animaux quotidiennement sous anesthésie (30 sec). Les animaux seront pesés quotidiennement et la température rectale sera prise de manière bi-hebdomadaire (45sec). Les oreilles des animaux seront également mesurées quotidiennement 5jours/7 sous anesthésie (durant 21 jours maximum, durée 30 sec). 2ème partie des animaux : Les animaux recevront une application cutanée de produit allergisant et irritant sur leur ventre au début des procédures. 5 jours après, les animaux recevront une application du même produit sur leurs oreilles et le dos, afin d’induire une réaction allergique (inflammation). Cette intervention sera réalisée sous anesthésie générale afin d’éviter que les souris ne lèchent le produit avant qu’il n’ait pénétré dans la peau. L’anesthésie durera environ 1h.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La biopsie de queue réalisé pour le génotypage peut entrainer une douleur légère de courte durée. Les souris seront rasées sur le dos et le ventre pour observer les atteintes cutanées, ce qui n’entraine pas de douleur mais un léger inconfort durant la procédure. Les anesthésies peuvent entrainer du stress chez les animaux. Les injections génèrent un stress et une légère douleur. La déplétion des neurones sensoriels entraine une baisse de la température et de faibles démangeaisons lors de la première injection dans les 60min suivant l’injection. Sur le long terme, elle entraine une perte de sensibilité mais pas de changement de comportement des animaux, possible dépigementation du poil (taches blanches). Pour les animaux qui vont développer une réaction mimant les symptômes de la nécrose épidermique toxique avec des atteintes cutanées : on s’attend à ce que les premiers symptômes arrivent 9 jours après le début de la procédure, et a ce que les animaux développent dans un premier temps un léger œdème cutanée (qui sera suivi par l’augmentation de l’épaisseur de l’oreille) ce qui pourra engendrer de l’inconfort, peux être des grattages chez ces animaux. On pourra aussi observer une perte de poids. Puis dans un deuxième temps on devrait observer un détachement de l’épiderme par endroit. Celui-ci sera suivi quotidiennement par la réalisation d’un test de Nikolsky sur des animaux anesthesiés (en exerçant avec un doigt une très légère pression / frottement sur la peau afin de voir si l’épiderme se détache). A noter que des atteintes des muqueuses, et des conjonctivites sont possibles ainsi qu’une modification significative de l’activité. Le modèle d’eczéma induit chez la souris est parfaitemenent maitrisé dans l’équipe ; l’induction d’un eczéma chez la souris ne génère pas de signe de douleur apparente. L’eczéma peut conduire les souris à se gratter, mais dans notre expérience, nous n’avons jamais observé de signe excessif de grattage.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort en vue de réaliser des analyses sur la peau. Ces analyses permettront d’analyser les populations de cellules qui infiltrent le tissu au cours du temps afin de caractériser la réponse immunitaire de notre modèle et également d’évaluer l’implication des nocicepteurs dans le développement de la nécrolyse épidermique toxique.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La finalité du projet est de mieux comprendre la réponse immunitaire qui se met en place et qui aboutit au développement des symptômes cliniques de la nécrolyse épidermique toxique. Cette compréhension au niveau du modèle murin pourra permettre de mieux comprendre l’origine de cette sévérité et ouvrir la voie au développement de nouvelles thérapies. Le signe clinique clé de la pathologie est le détachement de la membrane basale suite à l’activité cytotoxique de cellules spécifiques qui vont infiltrer le tissu. Il n’est pas possible de mimer cette réponse physiopathologique dans un modèle in vitro et aucune autre alternative ne peux mimer ce qui se passe dans un organisme entier, de ce fait l’utilisation d’un model in vivo est obligatoire pour caractériser cette pathologie.

2. Réduction

3R / Réduction :

L’estimation du nombre d’animaux par groupe est réalisée sur la base de notre expérience. Il a été réduit au maximum sans mettre en péril une interprétation statistique de nos résultats. Aussi, un minimum de 10 animaux par groupe est nécessaire afin de réaliser des analyses statistiques pertinentes et robustes. Le contrôle d’une pathologie moins sévère où les acteurs cellulaires sont les mêmes (eczéma de contact), ne sera réalisé qu’une seule fois.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des mesures seront mises en œuvre afin d’optimiser le bien-être des animaux. A leur arrivée dans l’animalerie, une période d’acclimatation d’une semaine sera respectée avant le début des procédures expérimentales. Les animaux seront maintenus à 5 souris par cage, afin de les maintenir au maximum en groupe social. Des points limites bien définis, suffisamment précoces et prédictifs, pour prévenir tout stress et limiter la survenue de symptômes douloureux ont été mis en place. L’observation des animaux sera effectuée 7jours/7 et nous attacherons une grande importance à l’apparence physique externe et aux changements comportementaux de ceux-ci. Dès l’apparition des premiers symptômes cliniques de la nécrolyse épidermique toxique (décollement de l’épiderme), les animaux seront mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle très utilisé pour explorer les maladies immunologiques, telles que l’allergie ou l’inflammation cutanée, en raison des nombreux outils qui ont été développés pour caractériser les réponses immunitaires. Cette espèce est également proche de l’homme en ce qui concerne certains marqueurs de la réponse immunologique comme la production de cytokines inflammatoires. Les souris entrent dans les procédures à l’âge de 5-22 semaines, période correspondant à l’âge de maturité du système immunitaire.