
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-805351)
479 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour récupérer leurs organes, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une injection unique déclenche la modification génétique qui reproduit la maladie de Rendu-Osler, avant deux séances d’imagerie d’une heure sous anesthésie générale, produit de contraste injecté dans la veine de la queue. Le porteur attend une réduction de l’activité et une altération de l’état général, sans en dire plus sur les malformations des vaisseaux du cerveau que le modèle est censé produire. Il écrit qu’aucun traitement n’existe pour cette maladie génétique rare et que la mise au point d’un modèle animal est « essentielle » pour améliorer la prise en charge des patients.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous étudions une maladie génétique héréditaire qui fragilise les vaisseaux sanguins et qui se manifeste, entre- autre, par des hémorragies, par l’élargissement des vaisseaux sanguins et des déformations entre les artères et les veines. Cette maladie peut conduire à des complications graves sur différents organes : atteinte du foie pouvant nécessiter une greffe, des poumons mais aussi du cerveau. Il s’agit d’une maladie génétique dont la prise en charge et le contrôle des symptômes est difficile. Il est donc nécessaire de mieux comprendre le développement de la maladie pour proposer de nouvelles thérapies. Très peu d’études sont réalisées sur le cerveau et pourtant dans cet organe, les artères et les veines peuvent être déformées chez les patients. Les conséquences que cela peut avoir sur les cellules nerveuses ne sont pas bien décrites. Différents acteurs qui contrôlent l’organisation des vaisseaux sont impliqués dans le développement de cette maladie. Pour comprendre le rôle de chacun de ces acteurs vasculaires, on utilise des modèles de souris ne produisant pas l’un de ces acteurs et on étudie les conséquences de cette perte sur les vaisseaux sanguins. Nous allons dans ce projet étudier les effets de la perte d’un de ces acteurs sur les vaisseaux sanguins du cerveau avec des techniques d’analyse (IRM, cellulaires…). Cela nous permet de connaître les changements qui interviennent sur les vaisseaux et de voir leur mauvaise organisation dans les souris malades. Cette étude pourra apporter un bénéfice certain dans le diagnostic des problèmes cérébraux des patients atteints de cette maladie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Il n’y a actuellement aucune traitement pour la maladie génétique rare que nous étudions. Mieux comprendre comment se déforment les vaiseaux sanguins du cerveau et mettre au point un modèle animal pour tester de nouvreaux traittements sont essentiels pour améliorer la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une injection unique est prévue pour induire la modification génétique mimant celle des patients. Deux imageries médicales maximum sont ensuite réalisées sur chaque animal au premier jour après cette première injection et au dernier jour de l’expérience. Pour procéder à l’imagerie médicale, les animaux sont anesthésiés et un agent de contraste est injecté dans la veine de la queue. Chaque imagerie dure environ 1h. Des injections de produits permettant de visualiser les vaisseaux et leur état nécessiteront une injection supplémentaire unique (quelques secondes) et la diffusion du produit de 10 min à 2heures maximum. Les animaux reçoivent le produit soit par injection dans l’abdomen soit en intraveineux (ils sont alors anesthésiés).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections induisent une douleur de quelques secondes lors de la piqûre et un stress dû à la manipulation d’une durée inférieure à 30 secondes. Les imageries médicales nécessitent une anesthésie générale le temps de l’examen. Les nuisances attendues sur les animaux peuvent être une réduction de l’activité et une altération de l’état général de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les protocoles nécessitent qu’à la fin de chaque procédure, tous les animaux soient mis à mort, afin de récupérer les organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le développement de cette maladie impacte plusieurs organes et plusieurs cellules différentes interagissant entre elles. Il n’est actuellement pas possible de recréer un modèle aussi complexe in vitro car les interactions entre les cellules ne sont pas stables. Afin de comprendre les mécanismes précis qui conduisent aux déformations des vaisseaux du cerveau, nous devons avoir recours à l’expérimentation animale. Le modèle souris est adapté car son réseau sanguin est proche de celui de l’homme.
2. Réduction
Nous avons utilisé un logiciel statistique, ainsi que les données de la littérature pour déterminer le nombre d’animaux nécessaires permettant de faire les tests statistiques nécessaires à la validation des données par la communauté scientifique.
3. Raffinement
Chez les souris adultes, une mise en place de point limite permettra de s’assurer du bien-être des animaux. L’imagerie médicale est réalisée sous anesthésie générale, avec un enregistrement des paramètres vitaux des souris (respiration rythme cardiaque). Pendant toute l’expérience, une échelle de cotation de douleur basées sur des signes indicatifs de gêne sera utilisée afin d’évaluer l’état général de chaque animal et de définir des points limites, permettant ainsi de prendre le plus rapidement possible des mesures nécessaires pour préserver le bien-être de l’animal. En cas de signe de douleur, des analgésiques seront administrés. Pour chaque procédure, les analgésies nécessaires et adéquates sont définies, ainsi que des points limites stricts et spécifiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris utilisées dans ce projet portent des modifications génétiques semblables aux mutations portées par les patients atteints de cette maladie. Elles constituent donc le meilleur modèle de la pathologie pour mieux comprendre les mécanismes de développement de cette pathologie et mieux développer des traitements. Les symptômes de cette maladie apparaissent à l’adolescence, nous allons étudier les défauts vasculaires à l’âge jeune adulte uniquement.