
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-810116)
192 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour le prélèvement de leurs muscles et de leurs organes. Chacune reçoit une injection intraveineuse sous anesthésie brève, puis des molécules par voie intra-péritonéale ou orale deux à cinq fois par semaine, avec jusqu’à deux prélèvements sanguins hebdomadaires sous anesthésie. Une première série porte sur des souris adultes non malades, chez lesquelles un gène rapporteur est délivré pour repérer les molécules qui augmentent son expression, la seconde sur des lignées dystrophiques. Le porteur limite le projet aux expériences qu’il juge « absolument indispensables », et affirme que les cultures cellulaires et les organoïdes ne permettent pas d’étudier l’effet de l’âge sur un transfert de gène à l’échelle d’un « organisme entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les myopathies des ceintures sont des maladies génétiques rares qui touchent principalement les muscles des épaules et des hanches. Elles entraînent une faiblesse musculaire progressive et une perte de mobilité. Certaines formes sont actuellement ciblées par des approches de thérapie génique, qui consistent à apporter une copie fonctionnelle d’un gène dans les cellules musculaires grâce à un vecteur viral rendu inoffensif. Notre laboratoire a observé que, chez la souris, cette approche est moins efficace à l’âge adulte qu’à un âge plus jeune. Le projet a donc pour objectif de déterminer si certains traitements pharmacologiques peuvent restaurer cette efficacité chez l’adulte, sans augmenter la dose de vecteur viral administrée. Le projet comporte deux étapes. La première vise à identifier, chez des souris adultes non malades, des molécules capables d’augmenter l’expression d’un gène rapporteur délivré par thérapie génique. La seconde étape vise à vérifier, dans des modèles murins de dystrophie musculaire, si les molécules améliorent également l’expression d’un gène thérapeutique ainsi que certains marqueurs biologiques de la maladie. L’objectif final est de mieux comprendre les limites de la thérapie génique chez l’adulte et d’identifier des pistes d’amélioration pour de futurs traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet nous permet d’approfondir nos connaissances sur la relation entre l’efficacité des thérapies géniques et l’âge. Les approches thérapeutiques destinées aux patients atteints de LGMD-R5 et LGMD-R9 pourraient directement bénéficier des résultats générés par cette étude. Ces résultats pourraient contribuer aux perspectives d’amélioration des traitements de thérapie génique dans le cadre de ces maladies. Les résultats obtenus de ce projet permettraient de développer des stratégies pour d’autres pathologies où nous observons un phénomène similaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des injections sont réalisées par voie intraveineuse une seule fois sur la durée de l’étude, sous anesthésie de courte durée, c’est-à-dire moins de 5 minutes. D’autres injections seront faites par voie intra-péritonéale (durée d’injection : moins de 1 minute) ou per os (durée d’administration : moins de 2 minutes), sur animaux vigiles. Dans ce cas les molécules seront injectées entre 2 et 5 fois par semaine en fonction de leur demi-vie. Des prélèvements de sang seront faits pour le suivi biologique au maximum deux fois par semaine sur animaux sous anesthésie de courte durée, c’est-à-dire moins de 5 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances (douleur ou stress) attendues sur les animaux sont classées légères à modérées. Certaines sont liées à la nature des différents actes réalisés : douleur de l’injection pour administration de vecteur de thérapie génique en intraveineux (classe légère) ou de molécules soit en intra-péritonéale soit par voie orale (classe modérée). Il y a une possibilité de sécheresse oculaire au cours des anesthésies.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures afin de réaliser le prélèvement des muscles et des organes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches in vitro, y compris des cultures cellulaires ou des organoïdes, peuvent être utilisées pour explorer certains mécanismes moléculaires. Toutefois, elles ne permettent pas d’étudier de façon satisfaisante l’effet de l’âge sur l’efficacité d’un transfert de gène à l’échelle d’un organisme entier, ni les interactions entre muscle, circulation sanguine et métabolisme. Le recours à l’animal reste donc nécessaire pour répondre à la question posée dans ce projet.
2. Réduction
Ce projet se limite aux expériences considérées comme absolument indispensables et prévoit l’exploitation maximale des données obtenues. Lorsque ce sera possible, nous utiliserons les mêmes souris contrôles pour des expériences différentes en tant que contrôles pour les différentes conditions évaluées. De plus, un maximum d’analyses sera réalisé sur organes prélevés après la mort des animaux pour éviter des doublons de procédures expérimentales. Un test statistique a été utilisé pour déterminer le nombre de souris par groupe afin de garantir des résultats fiables tout en évitant l’usage excessif d’animaux.
3. Raffinement
Les animaux sont acclimatés avant le début des procédures et surveillés régulièrement pendant toute l’étude. Les procédures susceptibles d’être douloureuses ou stressantes, notamment les injections intraveineuses, sont réalisées sous anesthésie. Un gel ophtalmique est appliqué pendant les anesthésies pour éviter le dessèchement oculaire. Les prélèvements sanguins sont réalisés avec des méthodes courtes et adaptées. Des points limites cliniques sont définis pour permettre une prise en charge rapide ou une euthanasie anticipée si nécessaire. Les tissus prélevés en fin d’étude sont exploités au maximum afin d’éviter des procédures supplémentaires.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Pour ce projet, nous utiliserons l’espèce souris car les modèles existants des pathologies étudiées sont sur cette espèce. Les animaux seront utilisés au stade jeune adulte (entre 1 et 2 mois) et adulte (entre 6 et 8 mois). A ces stades, nous avons observé des données robustes sur plusieurs expériences avec une bonne transduction au stade juvénile et une perte significative de l’efficacité dans les souris adultes. Sa petite taille permet de limiter les volumes biologiques requis tout en assurant une puissance statistique suffisante avec un nombre réduit d’animaux. L’utilisation de ce modèle s’inscrit pleinement dans le respect des principes des 3R, en particulier la réduction, grâce à l’optimisation des conditions expérimentales et à l’exploitation des résultats obtenu.