Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

L’application d’imiquimod sur la peau provoque rougeurs, desquamation, épaississement et parfois excoriations, avec des démangeaisons, pendant environ huit jours : c’est ainsi qu’un psoriasis est déclenché chez 2 350 souris, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Toutes seront tuées en fin de procédure pour prélever le sang total et des tissus. S’y ajoutent une application de microbiote cutané humain, des séances d’imagerie sous anesthésie gazeuse et une prise de sang, l’ensemble servant à tester des molécules candidates contre le psoriasis, y compris chez des souris porteuses d’une protéine humaine impliquée dans l’inflammation. Le porteur affirme conduire chaque geste de façon à « garantir à la fois le bien-être animal et la qualité des données produites », et vante un « excellent modèle de psoriasis » sans jamais nommer l’espèce dans le passage qui justifie ce choix, où il parle au pluriel de « ces espèces ».

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le psoriasis est une maladie auto-immune de la peau qui touche 1 à 3 % de la population mondiale. Chez l’homme, le psoriasis se caractérise par des lésions cutanée du cuir chevelu, des genoux et des coudes, associée à une atteinte des ongles. Dans les cas graves, l’atteinte cutanée peut être généralisée (érythrodermie) et il peut exister des atteintes des articulations. Cette dermatose évolue de façon chronique avec des poussées entrecoupées de périodes de rémissions de durée variable au cours desquelles les lésions sont minimes. Aucun traitement curatif n’est connu actuellement, mais des traitements symptomatiques existent. Il est donc important d’avoir un modèle préclinique prédictif du psoriasis et afin d’évaluer l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques, il est indispensable de tester ces molécules dans ce modèle. Le projet sera conduit chez des souris sauvages et chez des souris transgéniques exprimant une protéine humaine impliquée dans les processus inflammatoires et dont le rôle dans la physiopathologie du psoriasis suscite un intérêt croissant. L’utilisation conjointe de ces deux types d’animaux vise à mieux comprendre l’impact de l’expression de cette protéine sur l’intensité de la réponse inflammatoire cutanée et sur la réponse aux traitements testés.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet a pour objectif de faire progresser les connaissances scientifiques et appliquées dans le domaine du psoriasis en évaluant l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques dans un modèle préclinique pertinent. Il permettra d’identifier des composés innovants (ou repositionnés) présentant un potentiel anti-psoriasique, ainsi que d’évaluer différentes formulations et voies d’administration, en particulier topiques, adaptées à cette pathologie cutanée. De plus, il permettra de mieux comprendre l’impact de l’expression d’une protéine spécifique sur l’intensité de la réponse inflammatoire cutanée et sur la réponse aux traitements testés. Pendant la durée du projet, les études conduites permettront de sélectionner les molécules les plus prometteuses sur la base de critères objectifs d’efficacité et de tolérance. L’évaluation de différentes doses et schémas d’administration contribuera à l’optimisation des fenêtres thérapeutiques. Le projet permettra également d’explorer des effets de synergie entre plusieurs molécules ou entre une molécule et une formulation spécifique. Les données cliniques, biologiques, histologiques et d’imagerie générées amélioreront la compréhension des mécanismes inflammatoires impliqués dans le psoriasis et de leur modulation pharmacologique. À plus long terme, ce projet apportera des preuves d’efficacité précliniques indispensables au développement clinique de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le psoriasis. L’identification de molécules plus efficaces, de formulations optimisées et de doses mieux adaptées pourrait conduire à des traitements plus ciblés, mieux tolérés et plus efficaces pour les patients. Les connaissances acquises sur l’optimisation des associations thérapeutiques pourront également être transposées à d’autres maladies inflammatoires chroniques, avec un bénéfice potentiel élargi pour la santé humaine.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans le cadre de ce projet, les animaux seront soumis à un ensemble d’interventions techniques brèves, non chirurgicales , nécessaires à l’induction et au suivi de la pathologie. Les interventions réalisées lors de l’induction et du suivi du modèle sont les suivantes : manipulation quotidienne des animaux (1 à 2 minutes maximum), contention pour administrations de molécules à visée thérapeutique (durée d’intervention de 30 à 60 secondes en fonction de la voie d’administration), examens d’imagerie non invasive par Tomographie Optique de Cohérence ou OCT / par imagerie de fluorescence / par imagerie de bioluminescence sous anesthésie gazeuse (une à deux fois par animal ; durée de la session d’imagerie : 5 minutes maximum), un prélèvement sanguin sous anesthésie gazeuse (une fois au cours de la procédure d’induction, durée d’environ 3 minutes). Chaque intervention est conduite par un personnel qualifié, en conditions contrôlées, afin de garantir à la fois le bien-être animal et la qualité des données produites.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les procédures expérimentales prévues dans ce projet sont susceptibles d’entraîner des effets indésirables transitoires chez les animaux, principalement liés à l’induction du psoriasis, aux manipulations répétées et aux administrations de traitements. L’application topique de microbiote cutanée humain peut provoquer un stress ponctuel lié à la contention de l’animal ainsi qu’un inconfort, sans entraîner de lésions cutanées et/ ou d’infections chez les animaux. L’induction du psoriasis par application topique d’imiquimod entraîne l’apparition de lésions cutanées inflammatoires localisées (érythème, desquamation, un épaississement de la peau et parfois des excoriations). Ces lésions peuvent être associées à un inconfort local et à des démangeaisons. Leur intensité est variable et elles persistent pendant la phase d’induction, d’une durée d’environ 8 jours, puis régressent progressivement lors de la phase de traitement ou après l’arrêt de l’induction. Les manipulations répétées (applications topiques, évaluations cliniques, imagerie non invasive) ainsi que les anesthésies gazeuses répétées peuvent induire un stress modéré et transitoire, pouvant se traduire par une diminution temporaire de l’activité ou une modification passagère du comportement. Un retour à un comportement normal est attendu rapidement après chaque intervention. Les administrations de traitements par voie orale, parentérale ou topique, ainsi que les prélèvements sanguins de faible volume, peuvent provoquer un inconfort ponctuel et un stress léger, sans douleur prolongée attendue. Une perte de poids modérée et transitoire peut être observée chez ces animaux au cours de l’étude. L’ensemble de ces effets est réversible et fait l’objet d’un suivi quotidien (poids, hydratation et comportement), avec application de points limites prédéfinis afin de prévenir toute souffrance excessive.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure car des prélèvements de sang total seront réalisés. Des prélèvements tissulaires post-mortem pourront également être réalisés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Afin d’évaluer l’efficacité de nouvelles molécules thérapeutiques, il est indispensable de tester ces molécules dans ce modèle pour plusieurs raisons : – Il n’existe pas de modèle in vitro de psoriasis pouvant remplacer complètement le micro-environnement cutané en tant que tissu biologique vivant. Il existe cependant des modèles in vitro qui permettent d’effectuer un premier criblage d’efficacité de molécules, mais cette efficacité doit ensuite être confirmée chez l’animal. – Ces modèles in vitro ne permettent pas de tester des produits thérapeutiques ou des dispositifs médicaux appliqués directement sur la peau en application externe (topique) – L’efficacité ne pouvant être testée in vitro, des premières preuves d’efficacité in vivo doivent être apportées avant de passer au stade clinique de développement de ces molécules (tests cliniques chez l’homme).

2. Réduction

3R / Réduction :

La stratégie d’expérimentation consiste à suivre les mêmes animaux dans le temps (étude longitudinale) par observation répétée avec ou sans procédure d’imagerie. Chaque animal devient son propre contrôle car il est observé une première fois avant de commencer les traitements (observation à T=0) puis à différents temps. Cette approche expérimentale permet d’obtenir des résultats plus fiables avec moins d’animaux. Le nombre d’animaux sera de 10 animaux maximums par groupe de traitement (groupe d’animaux devant recevoir la molécule à tester ou le traitement thérapeutique). Ce nombre est le minimum statistiquement nécessaire pour avoir des résultats robustes. Des analyses seront réalisées à la fin de(s) la procédure(s) sur les tissus provenant des animaux afin d’obtenir le plus d’informations possibles relatives à l’efficacité des molécules administrées ou des traitements thérapeutiques effectués sur les animaux et d’éviter l’utilisation d’animaux supplémentaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Conformément à la réglementation en vigueur, ce projet est conçu afin de réduire au minimum la douleur, la souffrance, l’angoisse et toute nuisance durable infligées aux animaux, tout en garantissant la validité scientifique des résultats. Le recours à l’imagerie non invasive (par exemple l’imagerie par bioluminescence ou fluorescence) permet un suivi longitudinal des lésions chez les mêmes animaux, limitant ainsi le nombre de manipulations terminales et la répétition de procédures invasives. Une surveillance clinique quotidienne est mise en place pendant toute la durée des procédures, incluant l’évaluation du poids, de l’état d’hydratation, du comportement, de l’activité et de l’état des lésions cutanées. Des points limites précoces et prédictifs ont été définis afin de permettre une interruption rapide de la procédure ou une mise à mort anticipée en cas de dégradation de l’état général de l’animal. En cas de signes de déshydratation ou de perte de poids, des mesures correctrices immédiates seront mises en œuvre (apport alimentaire humidifié, gels nutritionnels, réhydratation par sérum physiologique). Les conditions d’hébergement sont enrichies (igloos, tunnels, matériaux de nidification) afin de réduire le stress. Les manipulations potentiellement stressantes (imagerie, prélèvements, administrations) seront réalisées sous anesthésie gazeuse, permettant une induction et un réveil rapides, avec un inconfort limité. Les volumes et fréquences de prélèvements sanguins sont strictement limités. Tout au long de la durée de vie du projet, une veille scientifique et réglementaire sera assurée. Les animaux seront manipulés par du personnel formé et expérimenté, afin de limiter la durée et l’impact des interventions.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce animale utilisée dans ce projet représente un excellent modèle de psoriasis. Il existe de nombreuses références bibliographiques scientifiques relatives à l’évaluation du psoriasis induit dans ces espèces. Ces animaux développent des symptômes de psoriasis très semblables à ceux observés chez l’humain. De plus, ces modèles présentent certains intérêts pratiques indéniables : faibles coûts, cycles de reproduction courts, croissance rapide, facilité de transport, facilité de manipulation et une très bonne adaptation aux conditions expérimentales. Les animaux seront utilisés au stade de jeunes adultes (8-12 semaines) car il s’agit du stade auquel ils sont les plus susceptibles de fournir des résultats satisfaisants. Ce stade de développement correspond à l’âge de maturité sexuelle, hormonale et immunitaire. Tous les animaux auront le même âge. Les résultats publiés avec ce modèle utilisent des animaux de cet âge.