Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) résulte d’une interruption du flux sanguin dans une zone du cerveau, provoquant la mort cellulaire ainsi qu’une réaction inflammatoire dans cette région cérébrale. Les dommages induits chez les cellules produisent des symptômes qui se manifestent à court terme, tels que des déficits moteurs ou des difficultés à parler. Cependant, les dommages initialement induits par l’AVC dans une zone spécifique pourraient se propager dans d’autres aires cérébrales induisant ainsi de nouveaux symptômes. En fait, 70 % des survivants d’un AVC développent des troubles cognitifs tels que des déficits de mémoire, des difficultés à intégrer de nouvelles informations ou à s’adapter à de nouvelles situations. Ces symptômes se manifestent tardivement, de quelques semaines à quelques mois après l’AVC, ce qui offre la possibilité d’intervenir avec un traitement. Une bonne compréhension des mécanismes qui sous-tendent les troubles cognitifs se manifestant après l’AVC est donc nécessaire pour le développement de stratégies permettant d’éviter leur survenue. Nous émettons donc l’hypothèse que la propagation de l’inflammation de la zone initialement affectée par l’AVC aux autres régions du cerveau pourrait être à l’origine de troubles cognitifs. Dans cette étude, nous testons cette hypothèse en induisant un AVC limité à une région anatomique précise du cerveau d’un modèle de souris afin d’étudier l’évolution des conséquences à plusieurs niveaux, allant de l’expression du gène au comportement. Cette approche favorise une compréhension intégrative de comment des altérations précoces causées par l’AVC peuvent progressivement mener à des troubles tardifs à plus grande échelle, tels que la mémoire. Nous pourrons ainsi établir des liens entre les modifications observées dans le cerveau, notamment dans des régions qui ne sont pas touchées directement par la lésion, et les déficits de mémoire, afin d’identifier les mécanismes qui pourraient sous-tendre leur apparition.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet vise à caractériser et comprendre les phénomènes après AVC au-delà de la zone initialement affectée. Cette compréhension est nécessaire afin d’établir de solides bases pour de futures recherches sur l’établissement de nouveaux traitements pour prévenir certains troubles cognitifs tardifs et pourrait avoir des répercussions positives et importantes pour la recherche préclinique. Les bénéfices attendus sont donc au profit de la santé humaine.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux seront soumis à une chirurgie peu invasive pour induire l’AVC sous anesthésie générale (environ 45 minutes), et des tests comportementaux seront réalisés. Les souris seront soumises pendant 3 jours à des tests pour évaluer leur fonction motrice (duré max 5 minute par essai) et leur anxiété (durée max 5 minutes). Ensuite des autres tests seront utilisés pour évaluer la mémoire ainsi que la capacité à intégrer de nouvelles informations. Chaque test de la durée d’une minute est répété maximum six fois par jour pendant 12-20 jours selon le degré d’apprentissage des animaux. Les capacités de mémoire des souris pourraient également être étudiées avec un test plus court de reconnaissance d’objet nouveau.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La chirurgie d’induction de l’AVC induit un dommage cérébrale limité et ne s’accompagne typiquement pas des symptômes majeurs, rendant le modèle facilement utilisable tout en limitant la souffrance animale. Pendant la chirurgie des risques d’hypothermie et de déshydratation à cause de l’anesthésie peuvent survenir (nuisance modérée). Le seul symptôme observé post-chirurgie dans notre modèle et une légère perte de poids (usuellement inférieur à 10%) dès le lendemain de la chirurgie, et résolue dans la semaine suivante (nuisance légère). Les tests comportementaux peuvent engendrer une fatigue physique passagère (nuisance légère), ainsi qu’une légère hypothermie (nuisance légère).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort après les expériences pour récupérer les cerveaux et faire une étude de l’inflammation.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas encore, à ce jour, de modèle alternatif (tel que les cultures cellulaires) à l’induction d’AVC chez la souris suffisant pour reproduire les mécanismes complexes présents dans la pathologie humaine, impliquant notamment des structures sophistiquées comme la vascularisation cérébrale. La méthode que nous utilisons est cependant la méthode actuelle connue la moins invasive, permettant l’induction contrôlée et reproductible d’un AVC limité à une zone d’intérêt. Il n’existe pas non plus actuellement de méthode alternative permettant de remplacer les animaux dans les expériences de comportement, impliquant l’interaction complexe de différentes structures et systèmes cérébraux

2. Réduction

3R / Réduction :

Le déroulement des expériences est organisé afin de limiter au maximum le nombre d’animaux : certains tests seront effectués sur la base de résultats des expériences précédentes. Les tests comportementaux choisis permettent d’étudier plusieurs aspects de la mémoire sur le même lot d’animal et sans altérer les résultats. En plus, sur les mêmes animaux nous testerons des signes d’une inflammation. Cela permet une étude longitudinale, et donc une réduction des animaux. Le nombre de souris a été déterminé à l’aide de tests statistiques.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des mesures de raffinement seront mises en place durant toute la durée du projet pour minimiser la douleur, le stress et l’inconfort des animaux. La douleur est prévenue grâce à des mesures anesthésiantes et analgésiantes. Les animaux sont toujours surveillés quotidiennement par le personnel animalier, et une surveillance accrue est réalisée par l’expérimentateur pendant au moins deux jours après la chirurgie, puis une fois par semaine. Si l’animal présente des signes de douleur au cours de l’expérimentation, il sera pris en charge par l’expérimentateur et le vétérinaire responsable qui appliquerons des soins conservatoires et une surveillance prolongée. Si les critères d’arrêt des souffrances sont atteints (points limites établis), l’expérience sera arrêtée. Nous vérifions que les animaux sont en bonne santé tout au long des tests et si des souffrances sont observées, des soins conservatoires seront également appliqués avec avis du vétérinaire, ou les expériences arrêtées en cas d’atteinte des points limites. Les animaux sont habitués à l’utilisateur et aux dispositifs utilisés pendant le test pour réduire le stress. Par expérience, il est coutumier de voir après quelques jours d’apprentissage que l’animal monte directement dans votre main lorsque vous ouvrez la cage et effectue la tâche sans appréhension, ni signe d’angoisse particulier.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle envisagé a déjà été développé chez la souris. L’étude sur la souris permet de faire des corrélations entre les phénomènes à niveaux cellulaire et le comportement et donc de répondre à notre question scientifique. Nous utiliserons des souris âgées de 16-28 semaines. Cette tranche d’âge permet d’étudier les conséquences d’un AVC sur une tache de mémoire chez un animal adulte. Nous utilisons des animaux adultes puisque, pour étudier les conséquences d’un AVC, les circuits neuronaux et vasculaires doivent être complètement développés.