Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La résistance aux traitements contre le cancer est un des plus grands défis auxquels nous faisons face. Certaines études estiment qu’elle est responsable de près de 90% des décès liés au cancer. Cette résistance peut se développer de deux façons : soit à cause de mutations génétiques qui permettent aux cellules cancéreuses de survivre au traitement, soit à cause de changements dans le comportement des cellules (appelés mécanismes épigénétiques), qui ne modifient pas leur ADN, mais influencent la manière dont elles réagissent au traitement. Le projet cherche à mieux comprendre comment ces mécanismes épigénétiques peuvent influencer la progression du cancer, la réponse du système immunitaire et la résistance aux traitements. Pour cela, des échantillons de tumeurs de patients atteints de différents types de cancer (comme les cancers digestifs, du poumon, des ovaires ou les sarcomes) seront prélevés avant puis après que la résistance au traitement soit établie. Ces échantillons seront ensuite étudiés chez la souris pour mieux comprendre les mécanismes de résistance. Au cours du projet, des modèles en 3D de tumeurs (appelés organoïdes) seront également créés, afin de pouvoir, à terme, continuer d’étudier les tumeurs sans avoir à utiliser autant de souris. L’ensemble de ce travail est essentiel pour aider les chercheurs et les médecins à mieux comprendre pourquoi certains traitements ne fonctionnent pas et à trouver de nouvelles stratégies pour vaincre le cancer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet vise à mieux comprendre les mécanismes de résistance aux traitements contre le cancer, notamment à travers l’étude des modifications non génétiques qui influencent la progression tumorale et la réponse aux thérapies. En analysant des échantillons de tumeurs de patients avant et après la résistance au traitement, ce projet offre de nouvelles perspectives pour des traitements plus efficaces et personnalisés. Il permettra de comprendre comment agissent de nouveaux médicaments prometteurs, de mieux comprendre l’interaction entre cancer et système immunitaire, et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. Ces avancées pourraient améliorer la prise en charge des patients, prolonger l’efficacité des traitements et, à terme, offrir des solutions plus ciblées et moins agressives pour lutter contre le cancer.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des fragments tumoraux issus de patients seront greffés sur les animaux, après une anesthésie générale gazeuse ainsi que l’administration d’analgésiants sur les zones incisées. Chaque animal ne subira cette procédure qu’une seule fois, pour une durée comprise entre 3 minutes et 10 minutes, et les interventions seront faites en condition stériles et optimisées pour limiter la douleur animale, sous anesthésie générale et analgésie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances anticipées sur les animaux seront principalement liées à la greffe des biopsies de tumeurs de patients. Possibilité de gêne mécanique modérée selon la taille de la tumeur et selon la localisation. Conséquences systémiques attendues très limitées, perte de poids modérée possible pour certaines greffes.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les souris seront euthanasiées pour analyses sur les tissus et les organes afin d’étudier les tumeurs et d’évaluer la dissémination éventuelle de cellules tumorales au niveau des organes adjacents.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les modèles alternatifs, qui n’impliquent pas l’utilisation de modèles animaux, appelés in-vivo, ne permettent pas de représenter toute la complexité de l’environnement d’une tumeur. En effet, les tumeurs ne sont pas uniquement composées de cellules malignes présentant une prolifération aberrante, elles comprennent aussi un ensemble de cellules immunitaires qui régissent la biologie de la tumeur, et lui donnent des propriétés invasives ou métastatiques. Dans le cadre des cultures cellulaires dites classiques (c’est-à-dire en 2 dimensions), il n’est pas possible de mimer toutes ces diverses populations, et d’étudier les interactions entre les cellules du même système tumoral. Plus généralement, environ 95% des gènes codant pour les protéines sont identiques entre les souris et les humains, ce qui en fait un excellent modèle d’étude, plus fiable et robuste pour assurer un passage en clinique par la suite. En dépit des limites actuelles des modèles de tumeurs, nous nous efforcerons tout de même de développer des modèles de tumoroïdes, c’est-à-dire des modèles de tumeurs cultivés in-vitro mais qui sont assemblés sous forme d’une structure 3D. Bien qu’ils ne reflètent pas toute la complexité de l’environnement tumoral, ils sont aujourd’hui vastement utilisés pour des tests pharmacologiques précliniques, afin d’étudier la réponse des tumeurs à différents traitements. L’établissement de ces modèles nous permettra, à terme, de remplacer progressivement l’utilisation de modèles murins.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris anticipé sur la durée du projet a été déterminé en fonction de notre expérience concernant le taux de prise des modèles de tumeurs habituellement greffées. Les méthodes de greffes utilisées ont été pensées consciencieusement, de sorte à minimiser le nombre d’animaux utilisés tout en maximisant le taux de prise afin d’assurer le succès de l’établissement du modèle. Le nombre d’animaux a été pensée en fonction du taux de succès des greffes, et l’estimation du nombre total reste une estimation maximale. Le projet prévoit de stabiliser les modèles par passages et de vérifier leur robustesse et la possibilité de la conserver par congélation pour des recherches futures.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront suivis quotidiennement pour observer leur comportement, et, dès l’apparition d’un signe de douleur, les animaux recevront un traitement. Toutes les procédures seront réalisées sous anesthésie générale et locale, et en présence d’analgésie, afin de limiter la douleur et le stress des animaux. Les animaux seront attentivement surveillés après la chirurgie, afin de s’assurer du réveil correct de l’animal dans sa cage : il sera vérifié que la souris est vigile, réactive, mobile et se réalimente. Les animaux seront hébergés en groupe à tout moment, c’est-à-dire dès leur arrivée, après la chirurgie et sur toute la durée de leur vie. Les groupes recevront nourriture et boissons à volonté. Des points limites adaptés et des critères d’arrêt précoces de souffrance ont été définis, en vertu de la charte d’engagement en faveur du bien-être animal. Si les animaux sont amenés à présenter une faiblesse, des compléments alimentaires adaptés leurs seront proposés avec facilité d’accès.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’intérêt d’utiliser des espèces murines pour la greffe de tumeurs humaines est que les souris présentent une similarité génétique et biologique avec l’espèce humaine, ce qui permet d’évaluer, de manière plus représentative, les processus tumoraux. Environ 95% des gènes codant pour les protéines sont identiques entre les souris et les humains. Ainsi, une fois les tumeurs greffées dans la souris, elles conservent leurs propriétés de colonisation et d’interaction avec leur microenvironnement. De plus, il est plus simple de suivre l’évolution tumorale en évitant tout acte invasif sur ces modèles, c’est à dire qu’il est aisé de suivre l’évolution de la tumeur de manière visuelle ainsi que par palpation, sans avoir à passer par une procédure dérangeante pour l’animal. Ce sont donc des souris âgées de 6 à 9 semaines, qui seront utilisées pour ces procédures. Ce stade de développement est celui généralement utilisé dans le cadre de greffes tumorales, car le taux de prise y est meilleur. Finalement, le sexe des souris pour les greffes est déterminé comme suit : pour les tumeurs ovariennes, des souris femelles seront préférées. Pour les autres modèles tumoraux (sarcomes, cholangiocarcinomes, tumeurs du poumon), des souris femelles ou mâles pourront être greffés de la même manière.