
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-840031)
72 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Souris immunodéprimées, elles reçoivent une greffe de peau humaine ou bio-imprimée sous six à onze anesthésies, avec un suivi par pansements et imagerie, pour évaluer la cicatrisation. Le porteur liste parmi les effets attendus saignements, hématomes, infections et nécrose du greffon, et fixe la mise à mort à 15% de perte de poids. Il met en avant une innovation « made in France » et des publications à « haut facteur d’impact » autant que le bénéfice pour les grands brûlés.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif principal de cette étude vise à évaluer l’efficacité, chez un modèle murin immunodéprimé, d’une greffe de peau (dermo-epidermique) fabriquée à partir de cellules humaines par un procédé de culture cellulaire et d’impression 3D : apprécier la cicatrisation post greffe quantitativement (en surface et en épaisseur) et qualitativement (en terme d’intégrité cellulaire, d’inflammation et de vascularisation).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les résultats feront l’objet de communications scientifiques et de publications dans des revues scientifiques internationales à haut facteur d’impact. Ce projet étant proposé par des chercheurs, industriels et des cliniciens, il a été élaboré de manière à ce qu’il soit transposable à l’Homme. La peau bio-imprimée préparée à partir d’un prélèvement peu invasif de cellules du patient permettrait de simplifier la procédure chirurgicale et d’éviter les larges prélèvements de peau, leur rançon cicatricielle et les procédures chirurgicales sous anesthésie générale qu’ils engendrent. Cette innovation thérapeutique « made in France » pourra être une avancée technique significative en termes de diminution de la morbidité pour la prise en charge des patients nécessitant une greffe de peau, comme les grands brulés, les exérèses de cancers cutanés et les victimes de traumatisme avec délabrement cutané.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les interventions décrite ci-après sont faite sous anesthésie générale hallogéné : soit entre 6 et 11 anesthésie pour l’ensemble des animaux. (1) Procédure chirurgicale : Greffe de peau humaine ou de peau bio-imprimée 1 fois à J0 — Nombre de souris =72 — Durée= 20min/souris ; (2) Pansements et analyse photonumérique : 6 fois au total à J2, J5, J8, J12, J15, J21, pour tous les animaux vivants à date — Durée=5min ; (3) Analyse macroscopique : étude de l’épaisseur de la greffe par pinch test de chaque animal — maximum 3 fois, pour tous les animaux vivants à date — Durée=5min ; (4) Laser Doppler : maximum 3 fois J2, J5, J12 — Pour tous les animaux vivants à date — Durée :10 minutes ; (5) Imagerie nucléaire : maximum 4 fois J5-8, J15-16 — pour tous les animaux vivant à date — Durée : 30 minutes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables attendus sont ceux communs aux greffes de peau chez l’Homme : – Saignements per et post opératoires – Hématome post-opératoire – Infection post-opératoire – Nécrose du greffon cutanée
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une partie importante de notre projet se base sur l’étude microscopique des tissus à différents temps de la cicatrisation : J8, J15 et J21. Les prélèvements se feront en post-mortem, nous avons prévu d’effectuer ces prélèvements sur 4 souris pour chaque temps, soit un effectif de n=12 (4 souris x 3 temps) pour chaque lot.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour ce type de projet, il n’existe actuellement aucune méthode alternative à l’expérimentation animale. L’usage de biothérapie nécessite une évaluation de l’efficacité et des risques sur un modèle biologique vivant avant transposition à l’homme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif principal de cette étude vise à évaluer la greffe de peau fabriquée par impression 3D chez un modèle murin. Nous avons déterminé à partir d’études préalablement réalisées que 24 souris immunodéficientes par série – pour 3 séries étalées sur 3 ans – seront nécessaires et suffisantes pour mener à bien ce projet. L’utilisation de l’imagerie isotopique permettra de faire un suivi longitudinal, multiparamétrique et quantitatif non invasif du processus de cicatrisation et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire. Le nombre de souris prévues est minimum mais suffisant pour chaque étape pour obtenir des résultats significatifs. Nous avons retenu le nombre de 12 animaux maximum par groupe analysés et par temps ; ce nombre a été choisi à partir d’études précédentes s’approchant de notre protocole.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront hébergées par 5 en portoirs ventilés durant la période d’acclimatation pour diminuer leur stress et permettre les interactions sociales. Chaque cage sera agrémentée de tunnel rouge afin d’amener un enrichissement aux souris et de les stimuler. Elles auront à disposition de la nourriture et de l’eau à volonté, le cycle jour/nuit (12h/12h) sera respecté et la température et l’hygrométrie ambiante seront contrôlées. Toutes les manipulations seront réalisées par du personnel formé afin d’optimiser le bien-être des souris et l’obtention de résultats positifs. La chirurgie se fera sous anesthésie générale avec une analgésie pré et post-opératoire. Après la chirurgie, les souris seront hébergées dans des cages individuelles pour éviter que les pansements soient arrachés par les congénères. Pour limité aux maximum le stress de l’animal toutes les gestes de suivi post-opératoire (pansements, imageries, …) seront réalisés sous anesthésie. Et les différents gestes seront regroupés au maximum pour limiter le nombre d’anesthésie par animal. De plus, la douleur et le bien-être des souris seront évalués quotidiennement tout au long de l’expérimentation afin d’adapter leur prise en charge en fonction. Si l’atteinte du point limite défini par une souffrance sévère irréversible (En cas de perte de poids supérieure à 15 % ; troubles du comportement : arrêt du toilettage, faciès douloureux, signe d’apathie, difficulté à se déplacer et à se nourrir ; invalidité ou de signe d’infection cutanée) était objectivée, une mise à mort de l’animal sera réalisée sans délai.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris présente un modèle de cicatrisation cutanée proche de l’homme et le plus documenté actuellement. Ce modèle de plaie reproductible et comparable est validé pour l’étude objective des biothérapies dans la cicatrisation. Il s’agira de souris nude femelles compatibles avec l’utilisation d’un greffon de peau (bioimprimée ou non) humaine. Utilisation des souris à 8 semaines de vie, au moment où leur potentiel de cicatrisation est le plus important.