
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-840031)
72 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Souris immunodéprimées, elles reçoivent une greffe de peau humaine ou bio-imprimée sous six à onze anesthésies, avec un suivi par pansements et imagerie, pour évaluer la cicatrisation. Le porteur liste parmi les effets attendus saignements, hématomes, infections et nécrose du greffon, et fixe la mise à mort à 15% de perte de poids. Il met en avant une innovation « made in France » et des publications à « haut facteur d’impact » autant que le bénéfice pour les grands brûlés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif principal de cette étude vise à évaluer l’efficacité, chez un modèle murin immunodéprimé, d’une greffe de peau (dermo-epidermique) fabriquée à partir de cellules humaines par un procédé de culture cellulaire et d’impression 3D : apprécier la cicatrisation post greffe quantitativement (en surface et en épaisseur) et qualitativement (en terme d’intégrité cellulaire, d’inflammation et de vascularisation).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les résultats feront l’objet de communications scientifiques et de publications dans des revues scientifiques internationales à haut facteur d’impact. Ce projet étant proposé par des chercheurs, industriels et des cliniciens, il a été élaboré de manière à ce qu’il soit transposable à l’Homme. La peau bio-imprimée préparée à partir d’un prélèvement peu invasif de cellules du patient permettrait de simplifier la procédure chirurgicale et d’éviter les larges prélèvements de peau, leur rançon cicatricielle et les procédures chirurgicales sous anesthésie générale qu’ils engendrent. Cette innovation thérapeutique « made in France » pourra être une avancée technique significative en termes de diminution de la morbidité pour la prise en charge des patients nécessitant une greffe de peau, comme les grands brulés, les exérèses de cancers cutanés et les victimes de traumatisme avec délabrement cutané.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Toutes les interventions décrite ci-après sont faite sous anesthésie générale hallogéné : soit entre 6 et 11 anesthésie pour l’ensemble des animaux. (1) Procédure chirurgicale : Greffe de peau humaine ou de peau bio-imprimée 1 fois à J0 — Nombre de souris =72 — Durée= 20min/souris ; (2) Pansements et analyse photonumérique : 6 fois au total à J2, J5, J8, J12, J15, J21, pour tous les animaux vivants à date — Durée=5min ; (3) Analyse macroscopique : étude de l’épaisseur de la greffe par pinch test de chaque animal — maximum 3 fois, pour tous les animaux vivants à date — Durée=5min ; (4) Laser Doppler : maximum 3 fois J2, J5, J12 — Pour tous les animaux vivants à date — Durée :10 minutes ; (5) Imagerie nucléaire : maximum 4 fois J5-8, J15-16 — pour tous les animaux vivant à date — Durée : 30 minutes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sont ceux communs aux greffes de peau chez l’Homme : – Saignements per et post opératoires – Hématome post-opératoire – Infection post-opératoire – Nécrose du greffon cutanée
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Une partie importante de notre projet se base sur l’étude microscopique des tissus à différents temps de la cicatrisation : J8, J15 et J21. Les prélèvements se feront en post-mortem, nous avons prévu d’effectuer ces prélèvements sur 4 souris pour chaque temps, soit un effectif de n=12 (4 souris x 3 temps) pour chaque lot.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour ce type de projet, il n’existe actuellement aucune méthode alternative à l’expérimentation animale. L’usage de biothérapie nécessite une évaluation de l’efficacité et des risques sur un modèle biologique vivant avant transposition à l’homme.
2. Réduction
L’objectif principal de cette étude vise à évaluer la greffe de peau fabriquée par impression 3D chez un modèle murin. Nous avons déterminé à partir d’études préalablement réalisées que 24 souris immunodéficientes par série – pour 3 séries étalées sur 3 ans – seront nécessaires et suffisantes pour mener à bien ce projet. L’utilisation de l’imagerie isotopique permettra de faire un suivi longitudinal, multiparamétrique et quantitatif non invasif du processus de cicatrisation et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire. Le nombre de souris prévues est minimum mais suffisant pour chaque étape pour obtenir des résultats significatifs. Nous avons retenu le nombre de 12 animaux maximum par groupe analysés et par temps ; ce nombre a été choisi à partir d’études précédentes s’approchant de notre protocole.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées par 5 en portoirs ventilés durant la période d’acclimatation pour diminuer leur stress et permettre les interactions sociales. Chaque cage sera agrémentée de tunnel rouge afin d’amener un enrichissement aux souris et de les stimuler. Elles auront à disposition de la nourriture et de l’eau à volonté, le cycle jour/nuit (12h/12h) sera respecté et la température et l’hygrométrie ambiante seront contrôlées. Toutes les manipulations seront réalisées par du personnel formé afin d’optimiser le bien-être des souris et l’obtention de résultats positifs. La chirurgie se fera sous anesthésie générale avec une analgésie pré et post-opératoire. Après la chirurgie, les souris seront hébergées dans des cages individuelles pour éviter que les pansements soient arrachés par les congénères. Pour limité aux maximum le stress de l’animal toutes les gestes de suivi post-opératoire (pansements, imageries, …) seront réalisés sous anesthésie. Et les différents gestes seront regroupés au maximum pour limiter le nombre d’anesthésie par animal. De plus, la douleur et le bien-être des souris seront évalués quotidiennement tout au long de l’expérimentation afin d’adapter leur prise en charge en fonction. Si l’atteinte du point limite défini par une souffrance sévère irréversible (En cas de perte de poids supérieure à 15 % ; troubles du comportement : arrêt du toilettage, faciès douloureux, signe d’apathie, difficulté à se déplacer et à se nourrir ; invalidité ou de signe d’infection cutanée) était objectivée, une mise à mort de l’animal sera réalisée sans délai.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris présente un modèle de cicatrisation cutanée proche de l’homme et le plus documenté actuellement. Ce modèle de plaie reproductible et comparable est validé pour l’étude objective des biothérapies dans la cicatrisation. Il s’agira de souris nude femelles compatibles avec l’utilisation d’un greffon de peau (bioimprimée ou non) humaine. Utilisation des souris à 8 semaines de vie, au moment où leur potentiel de cicatrisation est le plus important.