
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-849361)
Le suivi d’une population d’anguilles répond à un contrat passé avec un maître d’ouvrage national et à un financement de collectivités territoriales et du gestionnaire du cours d’eau. 1 250 anguilles européennes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, puis relâchées dans la rivière. Chacune est anesthésiée, puis marquée par incision au trocart et pose d’un transpondeur dans la cavité abdominale, en une à deux minutes, ce qui provoque selon le porteur un saignement léger et une douleur modérée de courte durée. Le plafond de 200 anguilles marquées par an est qualifié d' »adapté et raisonnable » parce qu’il reconduit le taux de marquage en vigueur depuis 1995.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Afin d’étudier la dynamique de la population d’anguilles sur un bassin versant de référence un protocole de Capture/Marquage/Recapture à grande êchelle est mené sur l’ensemble du bassin depuis 1995. Aussi, afin que les données accumulées conservent une certaine robustesse et qu’elles puissent être utilisées dans le cadre du Plan de Gestion Français de l’anguille, l’efficacité des dispositifs de suivis est évalué. Les techniques télémétriques passives par marquage sont les plus appropriées. Des anguilles marquées depuis plus de 15 ans ont ainsi été recapturées ces dernières années, apportant des informations primordiales. Le projet est validé par contrat avec le Maître d’Ouvrage commanditaire de ce suivi (Structure scientifique nationale) et validé par le financement du projet par plusieurs collectivités territoriales publiques et la participation financière complémentaire du gestionnaire du cours d’eau.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet doit permettre de mieux connaitre la dynamique de population des anguilles afin d’améliorer la gestion de l’espèce. Le marquage permet d’étudier la croissance sans mise à mort des individus comparativement à l’otolithométrie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Anesthesie. Marquage intra-peritonéale par inscicion au trocart. Une seule fois par poisson. La durée de la chirurgie est estimée entre 1 et 2 min maximum.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nuisances induites par la biométrie : stress ,perte de mucus, dessication, éblouissement. Nuisances induites par le marquage : saignement léger lors de l’incision, stress, douleur modérée de courte durée, gêne légère par la présence de la marque
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Poissons remis en liberté dans la rivière pour pouvoir réaliser le projet
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le but de l’étude est d’étudier l’espèce dans son environnement, il n’est pas possible de remplacer l’espèce.
2. Réduction
Les taux de recaptures obtenus les années précédentes permet d’obtenir des résultats robustes afin d’analyser la dynamique de la population sur le bassin. Nous préconisons donc de conserver un taux de marquage stable avec celui des années précédentes (depuis 1995). En effet, entre 150 et 200 anguilles sont échantillonnées chaque année. Les années suivantes, entre 30 et 50 anguilles sont recapturées issues de cet échantillonnage annuel. Ce ratio de 30 à 50 anguilles est idéal afin d’effectuer des analyses statistiques annuelles robustes sur la dynamique de la population (assez d’animaux pour rendre les résultats exploitables et pas d’excès pour analyser inutilement une proportion trop importante de la population). Un maximum d’animaux annuel marqué fixé à 200 anguilles semble donc adapté et raisonnable.
3. Raffinement
Des mesures de Raffinement sont prises pour réduire la douleur, la souffrance et l’angoisse infligées aux anguilles : – Dès la capture de l’anguille, celle-ci est placée dans un bain anesthésiant couvert et entiérement noir afin de maintenir l’anguille dans l’obscurité la plus complète. Lors de la biométrie et du marquage de l’anguille, celle-ci est maintenue au maximum en eau, la tête couverte afin de maintenir cet état d’obscurité ambiante. – Les anguilles de moins de 200 mm ne sont pas marquées, les anguilles de taille comprises entre 200 et 250 mm sont marquées avec un une marque de 8mm, les anguilles de plus de 250 mm sont marquées avec une marque de 12 mm. – Les anguilles présentant un état sanitaire externe anormale (maigreur, blessure notable, …) ne sont pas marqués. – Pour le marquage, les pit-tag sont préchargés dans un trocart stérile. – La zone de marquage est nettoyée à la bétadine pour prévenir les infections. L’anguille est ensuite plaçée dans un bac de réveil également en mileu totalement obscure et avec une eau oxygénée à 100% de saturation, afin de garantir un excellent réveil et rapide du poisson. – Lors de la remise à l’eau de l’anguille, un contrôle stricte des températures d’eau bac de réveil/milieu récepteur est effectuée afin de garantir l’abscence de choc thermique. – La remise à l’eau s’effectue lorsque l’anguille est totalement réveillée et a proximité d’un habitat constituant une cache préférentielle pour l’anguille, afin qu’elle puisse s’y réfugier et récupérer tranquillement sans autre pression potentielle. Une mise à mort par surdosage progressif d’anesthésiant pourrait être justifié par atteinte des points limites suivants : – Présence d’un saignement abondant au niveau de la zone de marquage, – Difficulté de reprise d’activité comportementale normale d’un poisson dans le vivier après marquage au-delà de 30 minutes (pas de reprise régulière d’activité operculaire, incapacité du poisson à retrouver un comportement de nage régulier, à se tenir droit sans basculement sur le flanc).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il s’agit des espèces piscicoles naturellement présentes dans la rivière, il n’est donc pas pertinent d’utiliser un autre modêle biologique. Il s’agit d’anguille dîtes « jaunes », appartenant à la cohorte sédentaire sur le bassin versant. Ces individus sont agés de 3 ans à plus de 10 ans et présentes des tailles approximativement comprise entre 200 mm et 900 mm.